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Mecz Gwiazd - Christian Karembeu : « c’est à notre tour de redonner à la jeunesse »

Champion du monde hier, figure de transmission aujourd’hui, Christian Karembeu a porté pour la deuxième fois le maillot du Match des Légendes et le brassard de capitaine de l’équipe française à Łódź. Fédérateur, attentionné, avec comme bagage ce recul que donnent les années et une carrière passée au plus haut niveau, l’ancien international français a fait du partage son nouveau goal. Une parole posée sur le football, ses valeurs et ce que les légendes de 1998 peuvent encore apprendre à ceux qui rêvent de leur succéder… Un homme de cœur qui n’a pas encore raccroché les crampons !

© meczgwiazd - Christian Karembeu et Robert Pirès © meczgwiazd - Christian Karembeu et Robert Pirès
© meczgwiazd - Christian Karembeu et Robert Pirès

 

 

Bénédicte Mezeix-Rytwinski pour Lepetitjournal.com Varsovie : Christian Karembeu, c’est votre deuxième participation à l’événement caritatif, le Match des Légendes, en Pologne, qu’est-ce qui vous a motivé à revenir à Łódź ?  

Christian Karembeu : Je reparticipe cette année au Match des Légendes parce que c’était vraiment une réussite la première fois et, aussi parce qu’on avait rencontré les enfants, avec l’Alliance française de Łódź. Donc, la seconde édition était une évidence et c’est pourquoi je suis là. C’est aussi important de fidéliser cet événement, de l’installer dans le rapport franco-polonais. 

À chaque fois, on essaie de faire venir de nouveaux joueurs ou des célébrités pour qu’ils puissent s’investir et partager cet événement, parce que justement, l'Europe a besoin de ça aussi. Il n’y a pas seulement France-Pologne : ça, c’est déjà très bien, mais en Europe aussi, on a besoin de cette convivialité et je crois que le sport - et en fait le foot - peuvent faire ce lien. 
 

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La transmission, c’est un aspect qui vous tient particulièrement à cœur ?

Quand on parle de foot ou d’éducation, c’est toujours dans la transmission. On nous a inculqué des valeurs, c’est à notre tour de redonner à la jeunesse. Et c’est pourquoi, c’est important pour moi de revenir à Łódź en Pologne cette année, c’est pour inspirer les jeunes d’une autre manière, grâce au sport, grâce au football en particulier. 

 

« C’est aussi un outil d’éducation et surtout d’unité, mais c’est également un outil social qui permet de tisser les liens entre les individus. » Christian Karembeu

 

© Mecz Gwiazd
© Mecz Gwiazd 

 

 

Est-ce que les valeurs véhiculées dans le monde du foot aujourd’hui sont les mêmes que celles que vous avez connues ? 

C’est vrai que les changements qui se passent actuellement, ce sont des changements, je dirais, révolutionnaires. Chaque génération doit faire face à un nouveau défi, maintenant on est dans cette innovation digitale - et tant d’autres - comme les nouveaux médias.... Donc, évidemment, cette génération est marquée par ça. 

Quant à ma génération, je dirais qu’elle est plus profonde, dans la mesure où on sait d'où on vient et on est capable de reconnaître ce qui est authentique, vrai de ce qui est faux. Parce qu’aujourd'hui, malheureusement, il y a trop de fausses informations qui peuvent induire en erreur la jeunesse. À cela s'ajoutent ces jeux en « fausse » réalité qui font que ces gamins sont entraînés dans des mondes virtuels… En les rencontrant, en discutant de nos expériences, on va pouvoir justement leur donner d’autres options, mais dans la vraie vie. 

 

« Pour moi, avec ces mondes éphémères, on perd la valeur du temps et de la vérité. » Christian Karembeu 

 

Certains parents investissent très tôt beaucoup d’espoir dans la réussite footballistique de leur enfant. Quand vous aviez 14 ans, est-ce que le football était déjà un business ? 

Non, en fait, il faut vraiment dissocier le monde professionnel du monde amateur. Quand on parle de jeunes jusqu’à 14 ans, on est dans la catégorie « amateur », même, on peut aller  jusqu’à 16 ans... « Amateurisme », cela veut dire qu’on est encore dans un système où on s’amuse, où on rigole avec les copains. Il y a un lien qui se tisse.

C’est l'âge où on se rencontre et on se rend compte également qu’on est différents les uns des autres, mais, malgré tout, on peut vivre ensemble, grâce à ce petit bout de ballon, on peut s’entendre, on peut rêver ensemble ! 

Et, ma foi, quand on passe du monde amateur au monde professionnel, là, on voit apparaître d’autres « vocabulaires » et d’autres définitions de la vie; à savoir que c’est de la compétition, de la haute performance. Ça va parfois jusqu’au chacun pour soi… Il faut dire adieu à l’univers où on était bien ensemble, où on rigolait. 

On passe un cap, c’est du sérieux !  Le professionnalisme conduit à gérer une carrière et où sont intégrés les nouveaux outils d’aujourd’hui. 

 

Est-ce que cette pression familiale peut devenir un frein dans la construction d’un jeune joueur ? Est-ce que l’entourage a un rôle clé ?

L’entourage, oui, est crucial. Après, l’écosystème grandit, change et c’est surtout spécifique à chacun, spécifique à notre environnement : d'où on vient, notre parcours, sur quel continent on a grandi, de quelle culture on s’est nourri…

 

« Celui qui réussit, c’est celui qui combine tout cela et qui essaie de rester toujours terre à terre… Sinon, pour moi, c’est impossible. » Christian Karembeu


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Votre parcours vous a fait grandir entre plusieurs cultures et plusieurs univers. Qu’est-ce que cette pluralité culturelle vous a apporté, est-elle un socle ? 

Moi, je suis parti avec un bagage exceptionnel. J’ai vécu jusqu'à 17 ans en Nouvelle-Calédonie, donc ça veut dire que j’étais déjà mature, je connaissais mes racines. 

 

« Après, j’ai découvert l'Europe avec toutes ses cultures, qui m'ont aussi enrichi, et, grâce à cela, j'ai une vie que je qualifierais de, plutôt mondiale ou mondialisée. » Christian Karembeu

 

 

Vous êtes ici aujourd’hui en Pologne pour représenter la France. Comment ça se passe quand on représente un pays dans lequel, parfois, on peut avoir du mal à se retrouver ? 

Poser cette question à une personne qui a 40-50 ans, induit qu’elle va sûrement se référer à la France de 1998 [NDLR La victoire des Bleus avec dans l’équipe, Christian Karembeu au Mondial 1998, avait suscité un immense élan collectif autour de l’équipe « black-blanc-beur », avant que ce symbole d’une France unie et diverse ne soit rapidement investi par le discours politique]. Pourquoi se référer spécialement à cette France de 1998 ? C’est une France qui a réussi, qui représente justement, cet enrichissement culturel, ethnique, et donc, pour moi, elle est belle, cette France-là !

 

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Je crois qu’aujourd’hui, l'authenticité et la vérité vont reprendre leur place parce qu’on a trop utilisé les réseaux sociaux - tous ces nouveaux médias - pour manipuler des sujets sociaux, comme l’immigration.

Au départ, toutes ces cultures qui vivent ensemble, pour moi, c’est vraiment un enrichissement. Comment un enrichissement peut-il devenir une chose néfaste ? Prenons l’exemple de la langue française, avec tout ce vocabulaire venu d’ailleurs…  L’histoire est ainsi faite et on doit la suivre. 

 

💡 Christian Karembeu, le collectif comme héritage 

Enfant de la Nouvelle-Calédonie, Christian Karembeu est un ancien footballeur international français des années 1990 - 2000, célèbre milieu de terrain défensif.

Depuis ses débuts avec le FC Nantes en 1988, jusqu’à sa « retraite » en 2005, ce joueur talentueux est mondialement reconnu et titré : il est notamment chevalier de la Légion d’Honneur, Meilleur Joueur Océanien (en 1995 et 1998) et a reçu en 2025 The Legend Football Award.   

ll a entre autres brillé lors de la Coupe du Monde de 1998, du Championnat d’Europe en 2000 et de la Ligue des Champions au côté du Real Madrid CF en 1998 et 2000.

Aujourd’hui, il participe régulièrement à des matchs caritatifs internationaux, soutenant des clubs plus modestes, mais non dénués d’intérêt, comme le Sanremese en Italie dont il est le président et il promeut le football aux quatre coins du globe notamment, en Océanie. 

 

 

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