Lors de l'intervention du député Frédéric Petit à l'Université de Gdańsk, nous avons rencontré la vice directrice de la chaire des études de lettres romanes à l'université de Gdańsk, Dr Katarzyna Kotowska, également coordinatrice des projets Atelier littéraire. Gdańsk et FLEvolution , ainsi que des étudiants. Regards croisés sur un cursus où le français se conjugue au futur.


Philologie et insertion : une passerelle entre lettre et engagement
Le 20 avril 2026, première année de célébration de la Journée d'amitié franco-polonaise, le député de la 7e circonscription des Français de l'étranger, Frédéric Petit, est intervenu au département de philologie romane à l'Université de Gdańsk. Cette rencontre avec les étudiants n'était pas un événement isolé, mais le reflet d'une pédagogie ancrée dans le réel.
Au-delà des cours théoriques, le département multiplie les passerelles avec des acteurs de la vie publique et politique.
Ce lien permanent entre lettres et engagement est le socle de la formation : « On peut dire que le discours politique, tantôt à travers la langue, tantôt à travers la culture, est bien présent dans le cursus de philologie romane, puisque nous avons une spécialité fixée sur les affaires et sur la politique. »
Ces contacts directs permettent aux étudiants de ne plus seulement apprendre la langue, mais d'en saisir les leviers de pouvoir.
L'introduction dans le programme de la littérature des années 1980-1990
Pour Katarzyna Kotowska, l'enseignement doit coller au présent. Cette priorité à l'actualité a fait du département un pionnier :
« On a été les premiers, je pense, en Pologne, à introduire la littérature de l'extrême contemporain, c'est-à-dire celle des vingt-cinq dernières années, alors que, normalement, les programmes s'arrêtent plutôt autour des années 1980-1990. », Katarzyna Kotowska
“25 ans du Choix Goncourt de la Pologne” par l’autrice Katarzyna Kotowska
Cette réactivité face à l'actualité permet d'affronter un défi de taille : celui de l'intelligence artificielle.
Pour Katarzyna Kotowska, l'évolution du cursus est la clé pour garantir la solidité de la discipline. Le département mise sur une modernité pragmatique où la formation s'adapte aux nouveaux intérêts et ambitions des étudiants. Ainsi, la tradition littéraire s'enrichit de spécialisations hybrides, « C'est à ce moment-là que nous est venue à l'esprit une nouvelle spécialisation : les affaires, les médias et, dans une certaine mesure, la politique. [...] Depuis quelques années, cette option est davantage choisie que celle de la traduction. », en référence au cursus „Biznes, Kultura, Media" au choix avec celui de Traductologie.
Cette adaptation aux réalités du marché ouvre la voie à une insertion professionnelle plus large. Le département porte son regard bien au-delà de l'Hexagone, car, comme le souligne Katarzyna Kotowska, il faut :
« [...] montrer que la langue française ne se limite pas à la France, mais qu'elle concerne une grande partie du monde, unie par cette langue ».
C'est pourquoi le programme intègre désormais des cours sur la « francophonie » ainsi qu'« une spécialisation liée au vocabulaire, notamment celui utilisé dans le cadre du parcours professionnel », à travers le « français du tourisme » et le « français juridique ».
Un environnement de proximité au service de la réussite
Si la directrice du département mise sur la modernité, les étudiants, eux, soulignent d'abord la qualité de l'encadrement.
Julia, actuellement en deuxième année de Master, témoigne ainsi de l'environnement pédagogique : « Honnêtement, je ne m'attendais pas à avoir une équipe et un entourage aussi formidable cette année. (...) » soulignant avec enthousiasme que l'environnement est particulièrement bienveillant et agréable, de même pour les professeurs.
« Je pensais que l'approche serait plus stricte, mais les professeurs sont souvent comme des amis. Ils sont très impliqués, aussi bien en cours qu'en dehors. »
Cette approche humaine est confirmée par une autre étudiante, Monika, qui voit dans la cohésion du département un levier majeur pour l'apprentissage. Pour elle, l'avantage de cette filière réside dans « les gens, tout simplement ».
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Sortir du cadre : l'événementiel comme moteur d'apprentissage
Lorsqu'on interroge Monika sur ses espérances avant d'intégrer le cursus, elle décrit une envie de pouvoir enfin « [...] être capable de communiquer en français, lire des textes plus difficiles ou encore regarder des films. ». Aujourd'hui, elle estime être satisfaite de son niveau, estimant « pouvoir utiliser cette langue plutôt correctement » en ne ressentant « pas de grand écart » lorsqu'elle discute avec des personnes francophones.
Elle explique cette aisance, non seulement, grâce à l'enseignement théorique, mais également, par l'immersion rendue possible à travers la richesse des événements organisés au sein du département. Monika cite notamment le projet FLEvolution, dont Lepetitjournal.com Varsovie est partenaire :
« Il y a aussi beaucoup d'événements organisés en dehors des cours, comme le projet FLEvolution, auquel nous participons activement chaque année. Un écrivain vient de France et différents événements sont organisés autour de sa venue. »
Les événements sont de natures et de thématiques variées, « À l'université, il y a aussi des rencontres comme aujourd'hui ou encore des expositions. » L'étudiant pratique alors le français sur tous les fronts : « Il se passe vraiment beaucoup de choses au-delà de l'apprentissage strict du français. ».
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Étudier à la philologie romane : un vrai bagage pour l'avenir
Les ambitions qui découlent de ce cursus sont variées. En effet, Julia se projette déjà dans un « poste diplomatique », tandis que Monika envisage son futur dans le monde de l'art. Cette dernière confie d'ailleurs que la richesse de son parcours ne se résume pas à un futur métier : « Quel que soit mon choix, ce que j'ai appris ici restera avec moi, tout simplement. » Au-delà de la maîtrise linguistique, c'est bien « une forme d'ouverture d'esprit et un élargissement des horizons. » que les étudiantes emporteront avec elles.
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