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Sanctuaires et tranquillité pour les chats romains

Par Karine Gauthey | Publié le 12/06/2019 à 08:32 | Mis à jour le 12/06/2019 à 09:52
chats Rome

Les Égyptiens vouaient un véritable culte au chat sous les traits de la déesse Bastet, symbole de fécondité et d’amour maternel ; ainsi les Phéniciens volent quelques félins aux Égyptiens pour les revendre aux Grecs et l’on assiste à une prolifération de marchés aux chats à Athènes.

Les Romains quant à eux ne s’y intéressent guère dans un premier temps, préférant les gros animaux agressifs (à l’origine, surtout des chiens, n’oublions pas qu’ils étaient bergers, ils les utilisaient d’ailleurs à la guerre en combinaison avec l’infanterie lourde). Heureusement de nos jours, les chats ne sont plus malheureux à Rome, si l’on en juge le nombre de « sanctuaires » qui leurs sont réservés.

Ils finissent donc par porter une attention toute particulière à ce quadrupède, y voyant un moyen de défense des récoltes et des greniers efficace contre les rongeurs. Mais le peuple de Romulus associe ce félin à la luxure, comme on peut le constater sur les graffiti du lupanar de Pompéi. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, l’on peut être surpris de voir l’émergence de lieux d’accueil pour chats dans le centre historique de la cité éternelle.

 

Piazza Argentina

« Tu quoque mi fili » (Toi aussi, mon fils) : telles furent les dernières paroles de César, s’écroulant dans les bras de Brutus, après avoir reçu 23 coups de poignards le 15 mars 44 av. J-C. La scène s’est déroulée dans la Curie de Pompée, aujourd’hui le Largo di Torre Argentina. Pour honorer la mémoire de son père adoptif et condamner le lieu de sa mort, Auguste fit ériger une structure en ciment romain de 3 mètres de large sur 2 mètres de haut.

La grande place était en friche jusqu’en 1909, date à laquelle on entreprit des fouilles archéologiques interrompues à cause des deux Guerres Mondiales, qui reprirent à partir de 1960. Cependant, les chats errants prirent rapidement possession des lieux, et c’est en 1994 que deux femmes décidèrent d'organiser la défense des félins. Des bénévoles prennent soin d’eux, les nourrissent, les soignent, permettent leur stérilisation, organisent des collectes, des parrainages, des adoptions, etc.

Pyramide de Caius Cestius

À proximité du cimetière non catholique, dans le quartier de Testacio, les chats peuvent déambuler dans l’enceinte de la pyramide. 

 

Un bistrot à chats, le Romeow Bistrot

Cet atypique café accueille les chats autant que les habitués et les touristes et offre un menu des plus alléchant. 

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h00 à 23h30 (-10% si vous arrivez en vélo)

Via Francesco Negri, 15

 

La chatte du Palazzo Grazioli

La famille Grazioli prit possession du palais Grazioli au 19e siècle et en agrandit l’arrière donnant sur la piazza Grazioli. À cette occasion, ils placèrent sur la corniche qui sépare le rez-de-chaussée du premier étage une petite chatte de pierre provenant du temple d’Isis sur le Champ-de-mars. Le félin donne depuis son nom à la ruelle qui longe le palais sur la droite.

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Karine Gauthey est professeure de lettres et historienne. Passionnée par l'histoire de l'art, les mythes et l'antiquité, elle a décidé de poser ses valises à Rome après être tombée amoureuse de la ville durant son échange Erasmus il y a quelques années.
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