La touche de Michelangelo à Rome

Par Anne Trépanier | Publié le 01/04/2019 à 06:35 | Mis à jour le 01/04/2019 à 07:05
Photo : La statue de Moïse, exécutée vers 1513–1515, intégrée dans le Tombeau de Jules II dans la basilique San Pietro in Vincoli.
La statue de Moïse (au centre), exécutée vers 1513–1515, intégrée dans le Tombeau de Jules II dans la basilique San Pietro in Vincoli.

Michelangelo, c’est un nom qui fait rêver et donne à imaginer les oxymores : la légèreté du marbre, la spatialité du nombre d’or, la foi tirée d’un bloc de pierre.

Plusieurs romans contemporains mettent d’ailleurs en scène le Michelangelo jeune ou vieux, protégé par Laurent le Magnifique, désiré par Jules II et jalousé par Raphaël et Bramante. Mais puisque les séances de lecture s’achèvent avec le beau temps qui revient, pourquoi ne pas marcher à sa rencontre dans la ville éternelle?

Si les oeuvres de Michelangelo, protégé de Laurent le Magnifique, sont justement célébrées à Florence – dont son fameux David gardé au musée de l’Académie -  il a aussi laissé une empreinte immortelle à Rome. 

Que ce soit sa Pieta, oeuvre de jeunesse et de génie ou la coupole qui la protège, entre la sculpture, sa passion, l’architecture, son don et la peinture, sa géniale obligation, il laisse à Rome des monuments émouvants. Il a bien sûr réalisé la conception coupole de la basilique Saint-Pierre et dessiné la façade du palais Farnese.Vous n’aurez peut-être pas la chance de voir la Chapelle Paolina, où sont les deux pièces maîtresses que le Caravage aura réinterprété dans l’Église Santa Maria del Popolo. En effet, le Saint Pierre crucifié et son Saint Paul tombant du cheval sont réservés à la vue des invités du Vatican.

En revanche, on trouve à voir gratuitement et  facilement la Pieta (Basilique Saint-Pierre), le Moïse de même que Rachel et Léa, de la statuaire du tombeau de Jules II (Basilique Saint-Pierre aux liens) et le Christ ressuscité (Santa Maria Sopra Minerva). Aux immenses termes de Dioclétien, il fait émerger une cathédrale dédiée à Sainte Marie des Anges et des Martyrs d’une hauteur vertigineuse. Dans les murs d’Aurélien, il perce la théâtrale Porte Pia, pour remplacer la porte Nomentana.  

La Renaissance

Michelangelo inspire la Renaissance au sens premier. Au capitole, premier lieu sacré de la ville de Rome, il redonne sa majesté en redessinant la place du capitole et sa montée et le palais des conservateurs qui abrite maintenant les musées capitolins. 

Envolez-vous de Rome à Constantinople avec Michelangelo avec les mots de Mathias Enard  Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants.

Le ciel de la chapelle sistine de Leon Morell présente un Michelange fatigué, envié et envoûté par un jeune apprenti, alors qu’il peint sans relâche le plafond de la chapelle Sistine, un des plus grands chef-d’oeuvre de la Renaissance italienne.  

Si vous ne l’avez pas encore vue, n’hésitez pas à l’étudier avant d’entrer dans ce lieu splendide mais bondé, au bout de l’enfilade des 17 musées du Vatican. 

Si vous aimez les images plus que les mots, les effets spéciaux davantage que la trame narrative et le récit historien, alors pourquoi ne pas vous offrir une séance à l’amphithéâtre de la conciliation pour une représentation du Jugement dernier.

Anne Trépanier

Anne Trépanier

Anne Trépanier est professeur et historienne. Son amour des mythes et de la littérature l’emmène toujours en voyage, dans le passé ou le présent. Elle vit à Rome.
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Marie Astrid Roy

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