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Entretien avec Benoît Bonnet, directeur à l'Institut Saint-Dominique

Par Virginie Maniglier | Publié le 06/01/2020 à 10:39 | Mis à jour le 06/01/2020 à 10:45
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« Établissement phare » de la Zone Europe du Sud-Est pour la Semaine des Lycées Français  du Monde de l’AEFE, hôte du Forum des Associations d’Italie du Sud (300 personnes) et co-organisateur avec l’Union des Français de Rome et du Latium d’un grand concours de pétanque ayant rassemblé plus de 100 personnes, l’année  2019 a été riche  pour l’Institut Saint Dominique.

Lepetitjournal.com de Rome est allé à la rencontre de son directeur, Monsieur Benoît Bonnet.

Lepetitjournal.com/Rome: Bonjour Monsieur Bonnet, l’Institut Saint- Dominique est une école qui enseigne le français à Rome, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots l’histoire de cette école?

Benoît Bonnet : Saint-Dominique fêtera ses 60 ans en 2021, la première  rentrée  scolaire ayant eu lieu en 1961. C’était au départ un pensionnat pour jeunes filles, né de la réunion de quatre congrégations dominicaines (rassemblées en Congrégation Romaine de Saint Dominique) afin de répondre à la demande de familles du monde entier qui souhaitaient des études françaises et une éducation chrétienne rigoureuse pour leurs filles à Rome. Depuis les années 90 l’Institut s’est ouvert à la mixité.

En 2008, la direction a été confiée à un laïc, et je suis quant moi le quatrième directeur depuis cette date.

En 2010, L’ensemble des niveaux (de la Toute Petite Section à la Terminale) sont homologués par l’AEFE.

Quel a été votre parcours? Qu’est ce qui vous a amené à Rome et donc à Saint-Dominique? 

J’ai suivi des études de Lettres classiques et modernes à La Sorbonne-Paris IV et ai obtenu le CAPES privé externe en 2010. J’ai ensuite enseigné pendant 3 années à Saint- Laurent La  Paix Notre-Dame, chez Les Maristes, à Lagny-sur-Marne, où j’ai d’ailleurs été très bien formé grâce à une directrice profondément passionnée et éducatrice (Mme Jeandelle que je salue).

En 2013, je suis revenu sur Paris pour enseigner au lycée Saint-Louis-de-Gonzague (Paris 16), chez les Jésuites.

J’ai ensuite eu l'envie de me diriger vers des postes à responsabilité et ainsi en 2016, j’ai fait ma rentrée toujours en tant que professeur de lettres mais aussi comme préfet (responsable de cycle) au lycée Saint-Jean de Passy (Paris 16).

À la suite de ma rencontre avec deux religieuses dominicaines de passage à Saint-Jean de Passy et étant un ancien élève de l’AEFE, j’ai décidé d’emmener ma femme et mes deux enfants tenter l’aventure à l’étranger et j’ai donc postulé pour le poste de  directeur à l’Institut Saint Dominique de Rome pour la rentrée 2018-2019.

Si une famille est à la recherche d’un enseignement en langue française, qu’est ce qui pourrait la faire choisir votre établissement?

L’institut Saint Dominique garde ses racines dominicaines par les fondations  tant matérielles qu’éducatives, et si par ailleurs nous évoluons depuis plusieurs années vers l’international, notre Institut est d’abord lieu où la Francophonie se vit au quotidien. Nos classes sont à effectifs réduits (en moyenne une quinzaine d’élèves par classe), ce qui facilite l’apprentissage par une plus grande disponibilité des enseignants.

L’élève est entouré et suivi par ses professeurs principaux, ses responsables de cycles, ses directrices pédagogiques, et toute l’équipe de Vie scolaire. En tant que partenaire de l’AEFE tous nos enseignements sont reconnus par le ministère de l’Éducation Nationale. Tous nos enseignants sont éligibles au droit local, ce qui implique un recrutement ciblé, avec des procédures de formation continue dans l’ensemble des disciplines. Nous sommes membres du même réseau que le Lycée Chateaubriand, la Zone l’Europe du Sud-Est de l’AEFE, ce qui nous conduit à participer à des activités communes comme des tournois de sport, les forums d’orientation, ou les semaines de l’enseignement français.

Enfin, notre identité catholique se manifeste en premier lieu par notre effort à incarner les valeurs évangéliques (comme la charité, la bonté, l’accueil de l’autre). Nous souhaitons donner aux jeunes les moyens d’acquérir un esprit libre. Nous les formons au respect du prochain, de l’adulte, et de soi-même, ce qui explique (en partie) le choix de leur faire porter une tenue scolaire, de se lever quand un adulte entre dans une classe, à se réaliser dans des actions de bienfaisance.

A la demande des familles et de l’élève, nous préparons aux sacrements catholiques. Une aumônerie assurée par le Séminaire Français de Rome chaque vendredi.

Saint-Dominique est une école catholique, faut-il être croyant, voir pratiquant pour intégrer l’école ? Les messes font-elles parties du programme?

Il n’est pas du tout nécessaire d’être croyant pour intégrer l’école mais il faut être conscient du projet éducatif qui intègre la dimension spirituelle. Une famille doit choisir un établissement d’abord pour son projet, c’est- à-dire un établissement en adéquation avec le projet familial. Tous nos élèves ne sont pas chrétiens ou croyants, il y a seulement deux obligations : l’assistance à deux messes, celle de la rentrée et celle de fin d’année.  Après il y a un l’enseignement du cours d’ « éveil humain et spirituel » au secondaire, qui oscille entre la philosophie et la culture religieuse. Nous aidons les enfants à grandir, à nourrir leur intelligence mais toujours en respectant les choix familiaux car les parents doivent rester les premiers éducateurs de leurs enfants.

Vous parlez de Saint Dominique comme d’une école internationale, vous avez beaucoup d’enfants de nationalités différentes ?

Ce qui caractérise Saint-Dominique c’est une réelle incarnation de la francophonie, nous avons cette année 27 nationalités différentes (issues des cinq continents) dont deux tiers de francophones de naissance. En quelques chiffres : 127 Italiens, 58 Français…et le reste du monde francophone (Afrique, Canada, Liban)

J’ai vu que vous acceptiez les enfants dès 16 mois.  Pourquoi si tôt ? Était-ce pour répondre à un besoin?

Ce qui est spécifique dans l’enseignement français, c’est qu’il y a  un programme d’enseignement dès la maternelle. Une vraie rampe de lancement vers les hautes études du Cours Préparatoire ! Les parents viennent vers nous pour permettre à leurs enfants de recevoir cet enseignement au plus tôt, l’apprentissage des savoirs est préparé tranquillement avec un rythme adapté, ainsi que l’apprentissage de la vie en communauté. En les acceptant dès 16 mois, nous leurs apportons un « éveil » progressif et une soif de connaître. C’est également un service supplémentaire pour les parents qui travaillent.

Des nouveautés sont prévues pour la rentrée 2020? Des travaux d’amélioration?

La grande nouveauté c’est l’ouverture de l’internat pour la rentrée prochaine. Les inscriptions seront ouvertes courant décembre. Nous préparons à accueillir des étudiants du monde entier et serons le premier campus international de l’AEFE.

L’idée principale réside dans une interaction vive et constructive entre l’élève et son environnement direct : sens des responsabilités, acquisition de compétences complémentaires dans le domaine manuel, artistique, etc. La formation dispensée sera complète et toujours guidée par le souci d’excellence.

Au mois de mars ouvrira notre laboratoire de langues (en partie subventionné grâce à une bourse consulaire obtenue par notre Association de parents d’élèves) pour permettre aux personnes intéressées de suivre des cours en vue des certifications européennes (ainsi qu’en informatique).

Nous avons également notre programme radiophonique (« Radio St-Do », créations de podcasts) grâce à un partenariat avec la radio francophone In Situ basée à Rome, ce qui va permettre aux élèves de se conforter à l’oral dans l’apprentissage du français.

Le concours de pétanque en juin dernier avec l’Union des Français  de Rome et le Forum des Associations en octobre, vous avez d’autres évènements à venir du même acabit?

La pétanque continuera grâce à notre partenariat avec la FIB (Federazione Italiana di Bocce) et du fait qu’elle va rentrer dans le cursus sportif de nos élèves. Il devrait y avoir un évènement organisé, dès le retour des beaux jours, pour l’inauguration de nos terrains avec, je l’espère, du beau monde lié à ce sport qui connaît un vrai renouveau.

Pouvez vous nous parler un peu de votre vie à Rome?  Qu’est ce qui vous plait le plus ici ?

Ce qui me plaît à Rome, c’est que cette ville me fait beaucoup penser au Paris d’il y a quelques années. En effet, je trouve que Paris évolue trop vers l’individualisme, la violence, l’insécurité matérielle et Rome me rappelle  le Paris de mes études. Il y a une ressemblance géographique, des parallélismes : le Tibre et les quais de Seine et les quartiers identifiés par type de population, de mode de vie, de traditions, etc.

Je vis encore à  Saint-Dominique par commodité et je n’ai pas encore pris le temps de profiter pleinement de Rome et de son aspect culturel, mais je compte remédier à cela très rapidement en me rapprochant du centre.

J’aime beaucoup aussi le fait que les enfants sont très aimés et accueillis avec joie (notamment dans les restaurants) sans être réprimandés. Je me plais beaucoup à Rome et j’espère rester encore plusieurs années afin de continuer à participer au développement de la présence culturelle française et de la francophonie.  

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Virginie Maniglier

Originaire de Haute-Savoie, Virginie a travaillé 15 ans pour Air France et Air France Cargo à Paris. C’est en 2012 qu’elle vient s’installer dans les Castelli Romani, puis Rome. Elle est passionnée de nature et d’écologie.
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