Mercredi 22 septembre 2021
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Élections consulaires : Engagés et solidaires

Par Fiona Lebert | Publié le 17/05/2021 à 12:19 | Mis à jour le 17/05/2021 à 12:27
Présentation de la liste Engagés solidaires

Le dimanche 30 mai prochain auront lieu les élections des conseillers des Français de l’étranger. Un précédent entretien a permis de présenter Gaëlle Barré et Olivier Spiesser, tous les deux actuellement en mandat pour la circonscription d’Italie du Sud, de Malte, de Saint-Marin et de l’État de la Cité du Vatican, et de faire le bilan de ces sept dernières années. Ils se présentent ensemble pour les prochaines élections, avec une liste et un programme renouvelés. Nous avons échangé avec différents membres de la liste, une occasion de les rencontrer et de découvrir leur programme.

 

Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous faire part vos motivations à intégrer une liste pour ces élections ?

Gaëlle Barré : Tous deux nous souhaitons poursuivre nos actions pour les Français de la circonscription, continuer de les représenter et les défendre. Nous avons, au cours de ces sept années de mandat, rencontré des personnes engagées sur le terrain, dans des associations et dans des syndicats par exemple, et leur avons demandé de nous rejoindre. Cette liste s’est constituée collectivement, avec un souci d’équilibre géographique pour une bonne représentation territoriale sur toute la circonscription (Florence, Rome et Naples). Nous avons tous et toutes ensemble construit un programme basé sur les exigences et besoins des Français de la circonscription, observés lors du mandat. C’est une richesse que d’y avoir contribué collectivement, et d’être tous et toutes expérimentés concernant les particularités de cette communauté française. Afin de vous l’illustrer, nous vous donnons rendez-vous le 19 mai prochain à 18h30 via Zoom afin de vous rencontrer et d'échanger avec les Français et Françaises vivant en Italie et à Malte. Hélène Conway Mouret, Sénatrice des Français vivant hors de France et ancienne ministre des Français de l'étranger, sera parmi nous et nous fera l'honneur de répondre aux questions sur les sujets qui nous touchent tous, de l'éducation aux problèmes d'emploi, de retraite, de santé ou encore de sécurité.

Valérie Paillard : Je vis à Naples et je suis présidente de l’Afnis depuis bientôt cinq ans. L’Afnis est une amicale de bienfaisance qui existe depuis 1990. Tout d’abord, nous portons un soutien aux familles françaises de Naples et de l’Italie du Sud qui se trouvent en difficulté. Malheureusement avec la crise que nous traversons, depuis mars 2020 le nombre de ces familles a augmenté. Donner de mon temps pour les autres  fait partie de mon quotidien désormais et je dois dire m’offre de grandes satisfactions personnelles. Nous espérons vivement pouvoir reprendre nos activités culturelles qui nous permettaient de créer des moments de convivialité entre français et napolitains . Nous avons de nombreux projets prêts à être lancés ! Nous, les Français de l’étranger, avons besoin de nous retrouver pour partager nos inquiétudes, trouver des réponses à nos questions, se confronter, mais surtout pour s’entraider.

Mélissa Nachtigal : Après avoir quitté Paris et m’être installée à Rome avec mon mari et mes deux filles, je me suis rapidement investie dans l’association des parents d’élèves du lycée français Chateaubriand, dont j’ai été par la suite la présidente. J’ai découvert le monde des écoles françaises de l’étranger et leurs problématiques spécifiques, notamment les bourses scolaires, les questions essentielles d’intégration, de francophonie et de vivre-ensemble. J’ai également été frappée par l’absence de solutions pour les familles qui travaillent durant les petites vacances. C’est ainsi qu’avec une autre maman nous avons œuvré à la création d’une association périscolaire dans l’école qui propose une étude surveillée et un centre de loisirs. Je m’intéresse également beaucoup à la question des bourses  scolaires dont de moins en moins d’élèves bénéficient. C’est un combat qui doit continuer à être mené, notamment par les conseillers des Français de l’étranger. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Gaëlle et Olivier, avec lesquels je partage de nombreuses valeurs, que j’ai pu observer leur investissement et le travail incroyable qu’ils ont mené ces dernières années et c’est donc naturellement que j’ai souhaité participer à cette liste. .

François Giraud : Je me suis d’abord impliqué au sein de l’association des parents d’élèves du lycée français de Rome où j’ai rencontré Olivier, qui y est professeur. Dans le cadre de mon travail dans une agence européenne, j’ai découvert les difficultés propres aux expatriés français et leur famille dans un pays d’accueil. Elu délégué du personnel, j’ai travaillé avec le service du personnel sur les questions du harcèlement au travail et sur les évolutions de l’environnement de travail, des éléments d’autant importants du fait des différences culturelles importantes dans les équipes. En dehors de la sphère professionnelle, je me suis engagé dans l’association Français du monde à Rome et dans le Latium, dont je suis devenu le président. Cela a pour moi été un moyen de rencontrer des gens motivés et volontaires et de contribuer à promouvoir les valeurs de cette association : démocratie, solidarité, droits humains, lutte contre les discriminations, etc. et la volonté de participer à la vie citoyenne de la France et de nos pays d’accueil. J’ai souhaité être candidat sur cette liste Engagés et Solidaires, car je salue la motivation de Gaëlle, d’Olivier et de mes amis colistiers ces dernières années, des années particulièrement compliquées à gérer et je souhaite donc m’impliquer plus encore à leurs côtés. Je partage totalement l’état d’esprit, la solidarité et l’engagement de tous les membres de cette liste.

Olivier Butzbach : Je suis un universitaire et vis à Naples et me suis plutôt longuement engagé pour cette ville italienne plus que pour la communauté française particulièrement. Je me suis notamment impliqué dans la mairie de Naples pour des projets de coopération internationale. Mais j’ai ressenti un besoin ces dernières années de me rapprocher de la communauté française. Celle de Naples est différente de celle de Rome, en tant qu’elle est plus petite et plus fragmentée. Il est essentiel pour moi de soutenir ces Français plus éloignés et aux difficultés toutes aussi présentes, en matière d’économie, de santé, juridique… J’ai donc souhaité intégrer cette liste, étant en phase avec les valeurs partagées par tous ses membres.

 

Comment fonctionne l’élection des conseillers des Français de l’étranger ?

Il s’agit d’un scrutin de liste classique. Selon les pourcentages de votes obtenus, un certain nombre de candidats de la liste est élu. Nous avons donc déterminé tous et toutes ensemble un ordre de liste, alternant femmes et hommes pour respecter la parité – c’est de toutes façons une obligation. Nous avons également réfléchi pour cet ordre dans le but d’une représentation géographique complète de la circonscription. Gaëlle Barré a été désignée unanimement pour être la tête de liste puisqu’elle est à la fois élue de terrain à Rome et à Florence et conseillère à l’assemblée des Français de l’étranger, ce qui représente un réel atout pour les Français de la circonscription.

 

Quelles sont les principales lignes de votre programme ?

Les sept principaux points de notre programme, détaillés sur notre site internet, sont les suivants :

  • Action et protection sociale
  • Enseignement
  • Services publics
  • Santé et sécurité
  • Culture
  • Emploi, formation et fiscalité
  • Développement durable, économie sociale et solidaire

Il s’agit d’un programme de terrain et de proximité. Il a été rédigé avec tous les candidats, chacun apportant ses connaissances spécifiques dans des domaines précis. Il reflète des engagements locaux et nos valeurs de progrès, du service public ou de l’école républicaine. Nous l’avons établi selon les sept thèmes énoncés précédemment, sans ordre de priorité.

François Giraud : Sur le thème de la santé et de la sécurité par exemple, les conseillers Français de l’étranger et les associations représentatives (dont Français du monde) sont membres de la Commission de Sécurité à l’ambassade qui se réunit plusieurs fois par an pour évaluer les risques menaçant les Français de la circonscription, et leurs problèmes spécifiques. Actuellement, la question du vaccin est très présente par exemple. Si des Français à Rome ne sont pas inscrits au système de santé italien, alors ils courent le risque de ne pas se faire vacciner, ni en France, ni en Italie. Identifier ce problème et communiquer fréquemment avec l’ambassade permet donc de réfléchir ensemble à des solutions et accompagner nos compatriotes de la circonscription.

Mélissa Nachtigal : Pour ce qui est de l’action sociale, je peux parler des bourses scolaires, mais la véritable spécialiste action sociale de la liste est Valérie Paillard, présidente de l’Afnis, association de bienfaisance à Naples. Les bourses permettent de contribuer directement à la scolarité d’enfants dont les familles ont de faibles revenus. Pour les familles aux revenus moyens, l’accès à l’école française est difficile, c’est pour ces familles notamment qu’il existe le programme FLAM. Il permet  aux enfants francophones d’accéder à des cours de langue et à des ateliers culturels à un tarif très accessible, et de conserver ainsi un lien fort avec la langue et la culture françaises. C’est un projet apprécié mais qui manque de moyens et de bénévoles, et qui est donc une priorités. Le FLAM n’est présent dans la circonscription qu’à Rome, Pérouse et Palerme, il faut appuyer son développement dans d’autres villes.

Olivier Butzbach : En ce qui concerne la culture aussi, le rôle des conseillers des Français de l’étranger est de soutenir les organismes culturels de la circonscription. Les librairies françaises par exemple ont besoin d’une aide importante aujourd’hui, et si le budget des conseillers est limité, leur rôle est de les aider. Nous souhaitons donc tenir des engagements dans cette voie, de soutien aux associations et instituts culturels français de la circonscription.

François Giraud : Nous souhaitons placer l’écologie dans chacune de nos actions, comme nous le faisons dans les associations dont nous sommes membres actifs. Les Conseillers des Français de l’étranger n’ont qu’un pouvoir d’influence, mais nous entendons continuer à l’utiliser au maximum, par exemple en faisant découvrir les groupes d’actions , en incitant les Français en Italie, Vatican, Malte et Saint Marin à s’engager avec leurs familles dans des associations locales de protection de la planète, de respect de la nature, d’achats responsables et à soutenir les établissements scolaires et les groupes FLAMs dans leurs action pédagogiques. Nous soutenons déjà les initiatives locales citoyennes telles que les Groupements d’Achats Solidaires, Retake à Rome/Palerme, Fridays for Future et nous aiderons nos compatriotes à manifester leurs opinions et se faire entendre des décideurs.

 

Comment appréhendez-vous les élections du 30 mai prochain ?

Notre premier objectif concernant les élections du dimanche 30 mai prochain est de faire en sorte que les Français aillent voter, car c’est finalement une élection peu connue. Il y a peu de bureaux de vote (Rome, Naples et La Valette), mais le vote électronique du 21 au 26 mai est possible pour tous les électeurs et encouragé étant donnée la situation sanitaire. Il est essentiel pour nos concitoyens de voter pour des élus de terrain de proximité qui les aident dans leurs démarches et animent cette communauté et qui constituent un relai important pour eux qui sont à l’étranger.

 

Voici le lien du site internet de la liste « Engagés et solidaires », sur lequel vous pouvez trouver, entre autres, le programme détaillé : https://www.engages-solidaires-2021.fr.

 

Nous organisons, comme dit précédemment, un débat le mercredi 19 mai 2021 à 18h30 auquel vous pouvez tous et toutes participer. Notre liste Engagés et Solidaires sera présente, ainsi que Hélène Conway, Sénatrice des Français vivant hors de France et ancienne ministre des Français de l’étranger.

Voici le lien Zoom : us02web.zoom.us et l’événement Facebook.

 

Débat engagés solidaires

 

Fiona

Fiona Lebert

Fiona est en troisième année à Sciences Po Paris, elle effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
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