Carla Scalisi, de Marianne aux Dialogues franco-italiens juniors

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 20/09/2022 à 21:01 | Mis à jour le 21/09/2022 à 13:43
Photo : Carla Scalisi
carla scalisi

Véritable passionnée de la France, la jeune diplômée en droit international à la Luiss, Carla Scalisi, 23 ans, fondatrice de l’association Marianne et organisatrice des dialogues franco-italiens juniors, présente ses ambitions pour les relations bilatérales franco-italiennes sous le prisme de la jeunesse.

 

Comment votre passion pour la France vous a-t-elle amené à créer votre association « Marianne » ?

L’histoire de Marianne est indissociable de mon parcours. Cette idée est née d’une forme de frustration de ne pas pouvoir exprimer mon amour pour la France. Pourtant je n’avais jamais pris l’étude du français au sérieux à l’école, jusqu’à ce que ma professeure de français estime que j’avais une facilité à l’apprentissage de cette langue. A la fin de l’année elle me faisait même corriger les copies de mes camarades.
D’origine sicilienne, je n’avais pas la chance d’interagir avec des Français dans mon enfance, Et personne de ma famille ou de mes amis n’avait cette connexion avec la France, ils ont d’ailleurs tous eu du mal à comprendre mon attrait pour ce pays.
C’est alors que j’ai décidé de créer Marianne entre octobre et novembre 2020, une sorte de « think tank » visant à rapprocher culturellement et diplomatiquement la France et l’Italie. L’objectif principal était d’aider tous ceux qui comme moi avaient ces intérêts et ne pouvaient pas les partager.
Les rencontres que j’ai faites ont été déterminantes dans la construction de Marianne également. J’ai rencontré Alberto Castelvecchi, professeur de Communication et Public Speaking à la Luiss de Rome, un véritable Pygmalion. Il m’a aidé à forger mon personnage public mais aussi incité à choisir la forme associative pour développer Marianne. Le professeur Alberto Casterlvecchi m’a alors mise en contact avec Paola Severino, vice-présidente de l’université Luiss Guido Carli qui est à l’origine avec Sciences Po des Dialogues franco-italiens pour l’Europe. A l’époque, malgré le contexte de la pandémie, j’avais autour de moi un groupe qui se réunissait tous les samedis sur zoom pour discuter de leadership bilatéral franco-italien.
Et c’est à partir de là que j’ai souhaité créer une version junior des dialogues franco-italiens.


L’idée des dialogues franco-italiens juniors c’est de donner une sorte de fraîcheur aux relations bilatérales franco-italiennes.

 

En quoi consistent ces dialogues juniors et que sont-ils susceptibles d’apporter aux relations bilatérales entre la France et l’Italie ?

Ce projet des dialogues juniors franco-italiens a vu le jour en partie grâce à Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po où il dirige également le Centre d’Histoire. Il nous suit depuis nos débuts en octobre 2021, et il a également été l’un des architectes de ce mariage d’idées venant à la fois de Marianne pour l’université Luiss Guido Carli et La Strada pour Sciences Po Paris.
L’idée des dialogues franco-italiens juniors est de donner une sorte de fraîcheur et de créativité aux relations bilatérales franco-italiennes, à travers la voix des jeunes et leurs attentes. On entend montrer que les jeunes aussi s’impliquent dans le rapprochement de nos deux pays, ce qui reprend en outre l’idée de l’article 9 du Traité du Quirinal où est évoquée l’idée d’un comité franco-italien de la jeunesse.
Les Dialogues franco-italiens pour l’Europe se développent depuis cinq ans autour de consultations de haut-niveau. Le but : apporter du matériel extrêmement important pour l’analyse des relations bilatérales franco-italiennes, dans l’objectif de favoriser les échanges entre les institutions publiques et les entreprises et ainsi renforcer les relations économiques, académiques et culturelles entre les deux pays, dans une perspective européenne.

 

Ce que l’on veut au travers des dialogues franco-italiens juniors, c’est prendre les aspects positifs des deux côtés afin qu’une nation puisse apprendre de l’autre.

 

Les sujets abordés sont-ils différents de ceux des Dialogues franco-italiens pour l’Europe ?

Bien qu’ils s’en inspirent, nos sujets sont indépendants. Au cours des cinq éditions précédentes, les Dialogues franco-italiens pour l’Europe ont parlé de défense, d’éducation et de recherche, de développement durable… Dans le cadre de nos Dialogues juniors, nous nous focalisons sur un thème par an. Cette année, il s’agissait de la culture car d’après nous, elle se situe à la base du dialogue bilatéral entre les générations.

Dans ce cadre, nous avons développé trois projets principaux. Le premier vise à offrir l’accès gratuits aux musées italiens pour tous les européens de moins de 26 ans, comme cela existe en France dans de nombreux lieux culturels. On cherche en effet à extraire les aspects positifs des deux côtés afin qu’une nation puisse apprendre de l’autre. A l’occasion du renouvellement historique du jumelage exclusif entre Paris et Rome cette année nous avons en outre écrit une lettre ouverte aux maires des deux villes, leur demandant d’inclure les jeunes dans leurs discussions.

Le second projet vise le renforcement du jumelage Paris/Rome. Il existe quelque 900 villes jumelées entre le France et l’Italie, c’est une grande opportunité pour la création d’un réseau de villes jumelées pouvant mettre en valeur les réalités entrepreneuriales et territoriales franco-italiennes. De notre côté, nous souhaitons renforcer les initiatives étudiantes entre les universités des villes jumelées et démontrer que la France et l’Italie sont des territoires liés, au-delà de leurs capitales. 

Le troisième projet est consacré à la mise en place d’un mécanisme de soutien pour les intermittents du spectacle. Nous souhaiterions montrer à l’Italie le système d’aide mis en place après la pandémie de Covid-19 en France. La création d’un tel réseau pourrait aider les jeunes artistes italiens qui construisent encore leurs carrières. De même, nous souhaitons aider les jeunes artistes français en Italie.

 

La culture devrait être rendue gratuite pour tous les jeunes européens.

 

Pouvez-vous présenter plus en détail votre plan culture 2022/2025 ?

Le plan culture est une idée née de cette nécessité d’aider les intermittents et les artistes qui ont soufferts de la pandémie. Il consiste à mettre en relation des artistes qui aiment la France et l’Italie, un concept qui va au-delà de la nationalité, afin de créer un réseau et de leur offrir les opportunités pour s’épanouir. Par exemple, je travaille en ce moment avec deux amies chanteuses, dont l’une a repris la célèbre chanson française « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? ». Par l’entremise de Marianne je pourrais lui donner la possibilité d’enregistrer le générique des podcasts du Panthéon de la chanson, un projet qui sera bientôt réalisé et dont le but principal est d’élever la chanson française au rang de patrimoine immatériel de l’Unesco.
Marianne est une sorte de pont pour permettre aux artistes de s’épanouir, ils seront les premiers bénéficiaires de toutes les initiatives et on espère que cela rentrera dans le cadre de la valorisation du travail des intermittents.

 

Propos recueillis par Zora Decoust

 

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Marie Astrid Roy

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