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Un chef-d’œuvre oublié du maître de Vinci refait surface

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 18/12/2020 à 10:00 | Mis à jour le 18/12/2020 à 10:00
Léonard de Vinci portrait

Dernièrement, un croquis datant du XVIe siècle a créé l’émoi après avoir été attribué à Léonard de Vinci par des experts. Représentant le visage du Christ, ce dessin à la craie rouge est la source de nombreux débats discutant l’authenticité de son origine, et ce malgré sa troublante ressemblance avec le « Salvator Mundi » du célèbre génie de la Renaissance Italienne.

 

Plus de cinq cents ans après sa disparition, il semble que Léonard de Vinci (1452-1519) n’ait pas fini de nous surprendre, puisque dernièrement, une sanguine représentant le Christ a été redécouverte, peu après sa vente à deux collectionneurs originaires de Lecco, en Lombardie. Conservé pendant des années au sein de la collection privée d’un particulier anonyme, cette œuvre a longtemps échappé aux radars des experts du milieu de l’art. Convaincu de la filiation entre ce dessin et de Vinci, l’historienne de l’art Annalisa Di Maria, a exprimé sa vive émotion auprès du journal britannique The Telegraph : « C’est une œuvre remarquablement belle et raffinée. Je suis absolument convaincue que c’est une esquisse de Léonard de Vinci. »

Aux yeux de la chercheuse également membre du Comité d’experts en art et littérature du Centre Unesco de Florence, ce dessin dont le style évoque l’Autoportrait du peintre et inventeur italien, porte indubitablement sa signature. Di Maria va jusqu’à affirmer que selon elle, la découverte de ce croquis invaliderait une fois pour toute l’attribution du « Salvator Mundi » à de Vinci. « Il y a beaucoup d’éléments. La posture du Christ est typique de Léonard de Vinci. Il dessinait rarement des personnages de face mais sous un angle. Il y a dans ce dessin le dynamisme et le sens du mouvement qui sont typiques de Léonard de Vinci. » 

Cependant les experts sont loin d’être unanimes sur la question, et certains n’hésitent pas à faire part de leur scepticisme, parmi eux Martin Kemp, professeur émérite d’histoire de l’art à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. D’après lui, il est nécessaire de vérifier si l’esquisse a été dessiné à la main gauche, dans la mesure où de Vinci était un ambidextre né gaucher, et peignant de la main gauche. Pietro Marani, quant à lui émet lui aussi quelques réserves quant à l’attribution de l’œuvre au maître italien. Le professeur d’histoire de l’art à l’École polytechnique de Milan et grand spécialiste de Léonard de Vinci considère en effet que « le dessin est faible » et qu’« il ne semble pas posséder les caractéristiques typiques du trait de Léonard. » Pour lui, « il suffit de regarder les pupilles, de même que les cheveux, cela ressemble davantage à une perruque. » Préférant juger de l’authenticité du dessin en personne, Marani ajoute par ailleurs qu’une étude scientifique seule permettrait de confirmer, ou d’infirmer de manière certaine la paternité de l’œuvre, supposément attribuée à Léonard de Vinci.

Pour l’heure, le Comité International Léonard de Vinci a annoncé dans un communiqué qu’une conférence aurait lieu une fois que l’urgence sanitaire serait bel et bien derrière nous. 

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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

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