Édition internationale

ELECTIONS 2013 – Résultats : Italie, où vas-tu ?

Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 mars 2013

Soirée électorale tendue hier soir en Italie, qui s'est terminée par un constat désolant : le pays est difficilement gouvernable. Mais revenons à chaud sur des résultats à la Chambre et au Sénat marqués par la victoire du populisme, la fin de la bipolarisation et l'échec du centre pour analyser les résultats de ces élections qui bouleversent le paysage politique italien. 

(photo Umberto Battaglia -  Aula di Montecitorio)

Moins nombreux que lors des précédentes élections ? un peu plus de 75 % contre 80 %, soit une baisse de cinq points ? et après une campagne électorale agitée, les Italiens ont voté dimanche 24 et lundi 25 février. Dès la fermeture des bureaux de vote hier à 15h, les premiers sondages effectués à la sortie des urnes donnaient une victoire à la Chambre des députés comme au Sénat de la coalition de centre-gauche, menée par Pierluigi Bersani.

Un peu moins d'une heure plus tard, le suspense réel commençait. Il allait d'ailleurs durer toute la soirée et jusqu'à fort tard dans la nuit, démentant tous les pronostics des semaines précédentes. Tous les pronostics ? Pas exactement : car si les résultats du scrutin ont réservé leur lot de surprise, le tiercé gagnant avait bien été donné dans le bon ordre, Bersani-Berlusconi-Grillo. Ce qui ne change rien à la situation : malgré une majorité de centre-gauche à la Chambre, la majorité absolue au Sénat n'est pas atteinte ce qui risque de rendre le pays difficilement gouvernable.

Centre, centre-droit, centre-gauche : un perdant et deux gagnants

Il y a un an, on ne donnait pas cher de lui et de son parti. Silvio Berlusconi semblait politiquement mort ainsi que son parti, le PDL, déchiré par des rivalités internes. En décembre 2012, l'annonce de son retour sur le devant de la scène est d'ailleurs critiqué par un certain nombre des siens. Mais l'homme est tenace et aime relever les défis. Il avait beaucoup à perdre, il a su limiter les dégâts : avec 29,18 % des voix à la Chambre, la coalition qu'il mène talonne celle de son adversaire. Pierluigi Bersani ne le devance en effet que d'une courte longueur avec 29,54 % des voix.

La situation est identique au Sénat, avec une marge un peu plus large puisque les coalitions respectives rassemblent 30,72 % des voix contre 31,63 %. Selon une loi électorale que tous voulaient changer et que personne n'a modifiée, la coalition gagnante bénéficie d'une prime de majorité nationale à la Chambre et d'une prime de majorité régionale au Sénat. Résultat : Pierluigi Bersani bénéficiera d'une large majorité à la Chambre tandis qu'au Sénat il n'aura pas la majorité absolue, même en envisageant une alliance avec le centre de Mario Monti, l'autre perdant de ces élections. La défaite est cuisante pour le président du Conseil sortant qui misait sur 15 % des suffrages exprimés et qui doit se contenter d'un résultat oscillant autour de 10 %. Il ne s'impose donc pas comme un élément incontournable sur l'échiquier politique italien. En attendant, les régions clefs telles que la Lombardie, la Vénétie, la Campanie ou la Sicile ont permis à la coalition de Silvio Berlusconi d'avoir un nombre légèrement supérieur de sénateurs - le nombre exact sera connu aujourd'hui.

(photo AFP, 2012)

Beppe Grillo, une vague qui déferle

C'était la grande inconnue de ces élections. Même les prévisions les plus généreuses ne lui accordaient que 18 % des voix. Il avait pourtant annoncé la couleur en choisissant un nom évocateur pour ses déplacements électoraux du nord au sud de la Péninsule, baptisés "tsunami tour". Il a tenu ses promesses et, à la surprise générale, le phénomène Grillo ne s'est pas contenté de mobiliser les foules lors de manifestations monstres, il s'est imposé en obtenant presque 24 % des voix au Sénat et un peu plus de 25 % à la Chambre. Il dépasse même le parti Démocrate d'une courte tête à la Chambre où il devient le premier parti d'Italie (bien que le mot "parti" ne fasse pas partie de son vocabulaire).

Le grand vainqueur de ces élections c'est lui, l'ex-humoriste controversé qui mène une croisade sans appel contre la politique italienne. Mais le leader du Mouvement 5 Stelle n'étant pas candidat, il ne rentre donc pas au Parlement. Les élus du M5S, nombreux ? plus de 100 députés et une cinquantaine de sénateurs ? forment un groupe disparate sans réelle expérience politique qui devra rapidement décider de la conduite à tenir. Une chose est sure : ils refusent tout compromis les faisant rentrer dans la "caste" qu'ils ont tant critiquée. Une alliance avec eux semble absolument impossible.

L'heure est donc grave. Nombreux sont ceux qui espèrent que le nouveau gouvernement (quand il sera formé) se lancera dans une sérieuse réforme électorale bénéficiant d'un large consensus. En attendant, que faire pour  éviter que le spectre de la Grèce ne vienne hanter la Péninsule ? Les regards se tournent de nouveau vers le président de la République Giorgio Napolitano, dont le mandat se termine d'ici peu, qui pourrait encore une fois se révéler comme l'homme providentiel.

Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 26 février 2013

Pour connaître les résultats officiels à la Chambre et au Sénat région par région, cliquez ici

Pour approfondir :

LEGISLATIVES 2013 ? Les secrets du système électoral italien
LEGISLATIVES 2013 ? On prend les mêmes et on recommence ?
ELECTIONS 2013 ? L'Italie aux urnes : J-2

lepetitjournal.com rome
Publié le 26 février 2013, mis à jour le 6 mars 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos