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PRATIQUE – Guide de survie pour les étudiants français en Italie

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 31/01/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 10:46

En France on estime que l'organisation universitaire est assez chaotique, que l'administration est trop pointilleuse, mais qu'en est-il de l'université italienne ? Outre les démarches administratives obligatoires pour aller étudier à l'étranger, quelles sont les caractéristiques du système italien ?

Pour arriver dans sa nouvelle université en toute "sécurité"

Plusieurs cas de figures existent quand on part étudier en Italie. Que ce soit pour une année Erasmus, pour s'inscrire tout simplement comme étudiant étranger ou pour faire son doctorat, des démarches sont nécessaires pour arriver et commencer son année dans de bonnes conditions.

Entrée de la bibliothèque de l'université de la Sapienza
(cité universitaire) à Rome (photo E.B)

Pour effectuer un séjour Erasmus, il suffit de se renseigner auprès de son université française, qui exige souvent, une fois le dossier accepté, de présenter la liste des cours qui seront suivis en Italie. Il faut savoir toutefois qu'il est difficile de présenter une liste définitive avant même son arrivée dans l'université d'accueil pour la simple raison que certains cours peuvent être supprimés. Il faudra alors modifier ses choix ce qui ne pose, en général, pas de problèmes.

Dès son arrivée, il est important de se présenter au bureau des relations internationales qui orientera l'étudiant Erasmus dans les démarches (carte de photocopie, carte de la mensa ? cantine-, ou encore codice fiscale) et lui remettra sa carte de l'université. Une bourse Erasmus française existe, il faut en faire la demande auprès de son université d'origine, qui s'occupe du traitement des dossiers. Le montant de cette bourse ne dépend pas du revenu des parents et se calcule en fonction du coût de la vie dans le pays d'accueil. La plupart des universités organisent une journée d'accueil pour les étudiants étrangers.

Déborah, 19 ans, étudiante française (Erasmus) en Science Politique à La Sapienza de Rome raconte sa journée d'accueil : "le welcome day des Erasmus était organisé le 8 novembre, alors qu'on était tous à Rome depuis un mois au moins, toutes les informations qu'ils nous ont données on les avait déjà eues auprès du bureau des relations internationales ou on les avait découvertes tout seul". Si la réunion est un peu tardive pour certains, elle peut  permettre de rencontrer d'autres étudiants. Pour s'intégrer et se faire des connaissances il est conseillé d'adhérer à une association comme Erasmus Roma ou ESN qui organisent des soirées et des voyages dans toute l'Italie.

Le doctorat, un système particulier

Pour s'inscrire en doctorat dans une université italienne, il est important de prouver l'équivalence de valeur des diplômes. L'université d'accueil oriente donc le futur doctorant vers des personnes dont le travail est de traduire en italien les diplômes français pour ensuite les présenter devant un tribunal qui délivre l'équivalence de valeur. Une fois cette démarche accomplie le cursus est similaire à celui français, à savoir doctorat en trois ans avec des modalités de validation qui dépendent de l'université d'accueil.

Le statut d'étranger dont bénéficie l'étudiant est avantageux car certains examens peuvent être allégés (sur décision du professeur qui suit le doctorant). L'affiliation avec l'université française n'a plus d'effet, ce qui veut dire que les taxes d'inscription se payent directement auprès de l'université italienne. Il est possible de réduire les frais d'inscription selon les revenus des parents ou tuteurs. Pour cela il faut aller au Consulat avec la déclaration d'impôt des parents pour obtenir une transcription au format italien. Il faut ensuite se présenter au CAF (Centro d'assistenza fiscale) qui délivre la déclaration de revenus et calcule le taux d'abaissement. Enfin au moment du paiement des frais d'inscription, le montant est réévalué en fonction de ce taux. Une fois installé dans ce nouveau système universitaire, la plus grande surprise reste le fonctionnement en lui-même de l'université à savoir l'organisation des cours et des examens.

Entre cours et examens, nouvelles pratiques "exotiques"

La plupart des cours à l'université sont magistraux, surtout en ce qui concerne les Sciences humaines ou le Droit. Le professeur donne une liste d'ouvrages à se procurer et les commente durant son cours. Il est important de savoir dès le début que les examens portent sur ces mêmes livres et que le cours ne suffit pas pour réussir son évaluation. Le cours est un complément aux livres et non le contraire (comme on peut y être habitué en France).

Le système italien est très différent du système français. Obtenir sa licence (Laurea triennale) signifie valider un certain nombre d'examens et non trois années. Les examens doivent être tous validés indépendamment les uns des autres, dans l'ordre choisi par l'étudiant (sauf précisions particulières) et peuvent être repassés un nombre de fois indéterminé. Inès, 21 ans, étudiante française à La Sapienza explique que cela peut être avantageux par rapport au système français : " le système de « fuori corso » est intéressant car on peut repasser l'examen autant de fois que l'on veut si on a été recalé". Les étudiants ont la possibilité de se présenter au même examen plusieurs fois dans l'année grâce aux deux sessions et aux nombreux appels (deux à quatre appels pour le même examen pour chaque session de janvier et juin). Si ce système convient à certains, d'autres au contraire se laissent aller à ne passer qu'un examen ou deux par an.

Pour s'inscrire à l'examen, il suffit de s'enregistrer sur internet plus ou moins 15 jours avant. En Italie les examens sont le plus souvent oraux. 150 étudiants convoqués tous à la même heure qui attendent dans un amphithéâtre pendant que devant eux le professeur et un bataillon d'assistants les appellent un à un pour les interroger. Autant dire que cela change du grand silence des écrits à la française qui se terminent à une heure précise.

Entrée principale de l'université de la Sapienza Roma (photo E.B)

Pour Déborah ce type d'examen n'a pas beaucoup de sens : "les examens oraux sont formateurs parce qu'ils nous mettent dans une situation de stress que l'on ne connait pas quand on se cache derrière une copie anonyme. Mais en réalité certains Italiens apprennent par c?ur les manuels de cours et les récitent le jour de l'oral". Inès trouve également que ce système ne fait pas assez appel à la réflexion : "ici si on apprend par c?ur le cours, on peut avoir 30 sur 30 alors qu'en France c'est rarement le cas. Cela sous-entend que l'on peut atteindre la perfection, ce qui me semble impossible. Il n'y a pas vraiment d'interactions entre professeurs et étudiants, il faut étudier sur les livres, sans possibilité de débat pour la plupart des cours et surtout il n'y a que trop rarement des travaux écrits qui permettent de développer une argumentation réfléchie sur un sujet".

La notation des examens est également surprenante pour un français habitué à être noté sur 20. Si en France on valide un examen en ayant la moyenne à savoir 10 sur 20, en Italie il faut avoir minimum 18 sur 30. Les étudiants ont également la possibilité de refuser une note qu'ils jugent insuffisante et peuvent repasser l'épreuve en vue d'améliorer leur moyenne générale (qui leur rapporte des points le jour de la Laurea). Il n'est pas rare de croiser des étudiants qui valident leur examen avec 22 sur 30 et qui décident de recommencer.

Savoir relativiser en toute circonstance

Une fois tous ces éléments assimilés, il reste une chose importante à comprendre : cela ne sert à rien de stresser ! Si l'administration peut en inquiéter plus d'un, il y a toujours une solution à tout.

Pour un examen, en tant qu'Erasmus il est toujours possible de négocier: pour valider ses crédits (ECTS) ou pour déplacer la date limite de rendu d'un dossier (selon les cas). La plupart des étudiants,venus en Italie, étaient content du séjour. Comme le raconte Inès : "à mon arrivée à Rome j'ai été agréablement surprise, l'administration fonctionne assez bien, je n'ai pas eu à attendre ou à courir pour me présenter à un bureau ouvert seulement deux jours par semaine jusqu'à midi. Au niveau administratif tout s'est bien passé".

Un séjour à l'étranger, en université ou en stage est toujours un plus dans son cursus scolaire, cela garantit la maîtrise d'une langue étrangère en plus d'apporter une expérience de vie enrichissante. La crainte que l'on peut rencontrer à partir à l'aventure ne doit pas freiner l'envie de voyage et de découvrir d'autres horizons.

Elise Bonnardel (www.lepetitjournal.com / Rome) Lundi 31 janvier 2011

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