

De grands réalisateurs, inspirés par les nombreux événements qui ont fait leur nation, nous ont laissés des chefs-d'?uvre du cinéma. Connus de tous, Luchino Visconti, Vittorio de Sica, Roberto Rosselini, Federico Fellini, et bien d'autres, des hommes qui nous racontent à travers des films de toute beauté, de belles histoires dans l'histoire
(photo film.i vitelloni)
On reconnait le grand cinéma italien pour ses deux grandes périodes entre 1945 et 1975.
Le néo-réalisme dans l'après-guerre de 1945 à 1958. Cinecitta, devenu un centre de réfugiés, est fermé et les réalisateurs ont un fort besoin de filmer l'Italie telle qu'elle est, sur le terrain.
En opposition à toute cette souffrance, le néoréalisme poussé par le miracle économique des années 60 fait place à la comédie italienne de 1958 à 1975. Finis les pauvres gens opprimés, la part belle est à la satire sociale et à la bouffonnerie. Libéré, on ne se soucie même plus des limites du bon goût.
Le cinéma italien traverse une grave crise dans les années 80, lié avant tout à la diffusion de la télévision dans les foyers. Pendant cette période, le cinéma d'auteur disparaît pratiquement. Depuis quelques années, il revient sur la toile internationale avec quelques films brillants, comme un besoin de soulever le couvercle audiovisuelle d'une nation qui a trop longtemps oublié sa créativité dans le 7e art.
Dans le vaste choix de ce cinéma très prolifique, nous vous proposons une sélection en trois articles, le néoréalisme, la comédie italienne et le cinéma du renouveau. Des films à découvrir ou à redécouvrir.
Partie 1 ? Le néoréalisme ? l'après guerre de 1945
Roberto Rossellini ouvre la voie au néoréalisme. Sitôt la libération de Rome par les forces alliées, il commence le tournage de Rome Ville Ouverte /Roma città aperta (1945) - avec des acteurs presque tous amateurs et de la pellicule dénichée où il pouvait. Il filme le destin de deux résistants italiens, un curé et un communiste, vivant l'occupation nazie de 1944 dans la Rome occupée. La dénonciation et la pauvreté?
Retenons trois films de la majestueuse filmographie de Luchino Visconti.
SENSO (1954) - Venise printemps 1866. Les derniers jours de l'occupation autrichienne. Au théâtre de la Fenice, une manifestation anti-autrichienne éclate. Le comte Ussoni, défie en duel un lieutenant autrichien, qui a prononcé des paroles insultantes pour les Italiens.
L'innocence, la naïveté et les traditions méridionales se heurtent à la réalité des temps modernes et de la vie urbaine. Loin du soleil et de leur terre, nos cinq frères n'ont plus que l'amour des autres et d'eux-mêmes, pour vivre et survivre dans un monde étranger.
Le guépard /Il gattopardo (1963) ? Incontournable et sublime, la fin des princes siciliens - en 1860, la Sicile est la proie des luttes civiles déclenchées par Garibaldi et ses "chemises rouges". Le prince Salina se rend avec toute sa famille dans sa résidence secondaire. Le Prince, qui prévoit le déclin du rôle politique de l'aristocratie, accueille dans sa maison le maire et sa fille qui représentent la classe sociale montante.
Le général de la Rovere /Il generale della Rovere de Roberto Rossellini, (1959) ? Un film à découvrir pour son excellente mise en scène récompensée par le Lion d'or à Venise et le Golden Gate du meilleur acteur pour Vittorio de Sica. Un escroc se fait passer pour un général afin d'extorquer les familles de prisonniers, mais il finit par se faire prendre. En accord avec la Gestapo, il se fait emprisonner sous le nom d'un chef de la résistance pour démasquer un réseau, entré dans son rôle, il se comporte comme le vrai général.
Le Jardin des Finzi Contini /Il giardino dei Finzi Contini (1970) ? Les rencontres de jeunes gens dans le jardin d'une riche famille de la communauté juive de la ville de Ferrare. Derrière les grands murs, la pleine ascension de Mussolini et du fascisme italien dans les années 1930. Un magnifique film empli de nostalgie
Federico Fellini nous met en scène d'hallucinantes chroniques sociales.
A La dolce Vita (1960) - L'errance nocturne dans un milieu social aisé auprès d'une aristocratie dés?uvrée fait de La Dolce Vita un film scandale en Italie. A Milan, le soir de la première, Fellini est sifflé, on lui crache à la figure. Mais soutenu par la palme d'or au festival de Cannes, il remporte immédiatement un énorme succès commercial qui divisera longtemps l'Italie. Un grand rôle pour Marcello Mastroianni, la scène mythique avec Anita Hedberg, les pieds dans la fontaine de Trevi.
Le poète et écrivain, Pier Paolo Pasolini, scandalise par ses films. Mamma Roma (1962) - une prostituée pense être libérée de son souteneur et
Theoreme (1968) Un personnage mystérieux d'une étrange beauté s'immisce dans une riche famille milanaise et entretient des rapports charnels avec chacun, changeant radicalement leurs vies. Ce film fit scandale à sa sortie auprès de la vieille bourgeoisie, mais cette ?uvre est avant tout une poésie. En paradoxe, le film a obtenu le grand prix de l'Office catholique international du cinéma, ce qui a laissé le public plutôt perplexe à l'époque.
Main basse sur la ville /Le Mani sulla città de Francesco Rosi (1963) - un film coup de poing, traité comme un polar, du cinéma politique très réaliste et d'une modernité étonnante. Un film captivant de bout en bout, qui dérange, aujourd'hui comme hier, empreint d'une brûlante et troublante actualité?
Des films mythiques comme des empreintes dans la mémoire du pays.
MhBonnette (www.lepetitjournal.com/milan) mercredi 23 mars 2011

































