THE JAPANESE HOUSE - Le Japon s'invite au musée Maxxi

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 25/11/2016 à 23:00 | Mis à jour le 26/11/2016 à 10:22

 

Symbole d'une amitié vieille de 150 ans entre l'Italie et le Japon, l'exposition « The Japanese house » promeut l'art architectural japonais à travers le monde. Fruit d'une collaboration internationale entre trois grandes institutions, le Barbican à Londres, le Maxxi à Rome et MOMAT à Tokyo, « La maison japonaise » représente à elle seule la mutation des paysages urbains japonais de 1945 à nos jours. Maquettes, dessins et photographies sont exposés au musée Maxxi jusqu'au 26 février 2017.

 

Il a fallu pas moins de 70 ans pour que ce projet, mis en place par l'atelier Bow-Wow, voit le jour. Véritable reflet de l'histoire japonaise, il regroupe trois générations d'artistes soit 60 artistes au total incluant des pointures de l'architecture notamment Kenzo Tange, Toyo Ito ou encore Kazuyo Sejima. On ne compte pas seulement de grands noms, beaucoup de jeunes designers talentueux ont également collaboré.

 

Ce projet évolue en même temps que l'histoire du Japon. Il débute après la seconde guerre mondiale en 1945. Les nombreux bombardements ont décimé les villes, plongeant le Japon dans une pénurie de logement, c'est là où le nom « La maison Japonaise » prend son sens.

Dénuée de maison, la population est forcée de se loger dans des préfabriqués ce qui instaure une standardisation du logement. La forme géométrique de ces habitations de fortune, se retrouve dans toutes les maquettes présentes à l'exposition.

 

En 1960-70, le contexte urbain est en régression. L'architecture devient alors un moyen d'expression : critiquer la standardisation. Shinohara (un architecte japonnais très influent) a notamment déclaré en 1962 « a house is a work of art » soit « une maison est une ?uvre d'art ».

Les designers emploient différentes méthodes comme par exemple, l'utilisation de nouveaux matériaux tel l'aluminium, ou bien ils limitent le cloisonnement des différents espaces de vie. Le but est de faciliter la communication de la famille grâce à la structure de la maison et d'augmenter la luminosité, notamment par l'utilisation du blanc. Cette luminosité s'oppose directement à l'obscurité présente dans les minka (les maisons traditionnelles japonaises).

C'est un véritable tournant dans l'histoire de l'architecture japonaise, passant d'un style traditionaliste à un style qui mixe tradition et modernité.

Comme l'a dit Hou Hanru (directeur artistique du Maxxi), le but est de « repenser la culture et la philosophie ».

Kenjiro Hosaka, commissaire de l'exposition

 

Depuis les années 90 jusqu'à nos jours, le style ne cesse d'évoluer, les architectes utilisent des matériaux industriels tel que le béton tout en les mélangeant avec des matériaux traditionnels comme le bois. Avec le retour de la jeune population dans les villes, les designers, soucieux de la demande de leurs clients, se tournent vers la construction de petites maisons avec de grandes ouvertures vers l'extérieur, ayant pour but d'intégrer la nature à la maison.

L'exposition The Japanese House permet de mettre le Japon à l'honneur et autorise une plongée dans l'histoire et la culture du pays, à travers son architecture. Elle célèbre artistiquement 150 ans d'amitié italo-japonaise.

 

Pour s'immerger davantage encore, l'Institut Culturel Japonais de Rome propose en ce moment une exposition dédiée aux poupées japonaises (ningyo). L'entrée est libre et gratuite : site internet

 

Céline Vergnac (Lepetitjournal.com de Rome) - Samedi 26 Novembre 2016.

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