

L'exposition consacrée à Henry Moore fermera ses portes le 10 janvier .... Il ne reste plus que quelques jours pour aller admirer les 75 oeuvres de ce sculpteur anglais, au Musée national des Thermes de Dioclétien. L'occasion pour Lepetitjournal.com de revenir sur l'un des plus importants sculpteurs du XXème siècle, et de vous donner l'envie de le re-découvrir ...
Né le 30 juillet 1898 à Castleford, village minier du Yorkshire (Angleterre), Henry Moore est le 7ème d'une fratrie de 8 enfants. Son père Raymond Moore ingénieur minier, va mettre un point d'honneur à leur donner une bonne éducation pour leur éviter le pénible travail de la mine.
Très jeune, il montre de réels talents artistiques encouragés par ses professeurs et se décide à devenir sculpteur parallèlement à une carrière de professeur au Royal College of Art de Londres.
La guerre interrompt son parcours en 1917 : envoyé au front en France, il participe durant l'été à la bataille de Cambrai. Il y subit une intoxication aux gaz et doit être rapatrié en Angleterre.
Cette expérience va lui laisser une profonde empreinte, physiquement avec des séquelles pulmonaires, mais aussi dans son ?uvre : dans ses sculptures de la Mère à l'Enfant (un de ses thèmes récurrents), il y a une absence d'expression maternelle, de contact visuel entre les deux êtres. Cette impassibilité pourrait masquer l'anxiété ou la douleur de la séparation voire de la mort, écho des souffrances engendrées par le terrible conflit.
Il va ensuite éprouver une forte attirance pour l'art précolombien, et surtout pour la mystérieuse civilisation aztèque qu'il découvre au British Muséum de Londres : « La sculpture qui m'émeut le plus » écrit-il en 1930.
La figure de Chacmool (vers 900-1000 de notre ère, Musée National d'Anthropologie, Mexico) est sans doute la source principale de ses Figures Allongées : force et sérénité s'en dégagent, à défaut d'émotion elles expriment l'immuabilité.
Au fil du temps, ses ?uvres tendent vers l'abstraction : les corps ondulent, évoquant le moutonnement des collines, les bustes se trouent, les cages thoraciques disparaissent, l'artiste souffrant encore des conséquences de la Grande Guerre :
« Quand je sculpte le torse d'une figure, j'ai l'impression que c'est le mien que je suis en train de sculpter » (1945)

Pendant les bombardements de 1940-1941 il réalise de nombreux dessins et d'aquarelles sur les abris anti-aériens de Londres.
Mondialement reconnu, sa carrière est récompensée par le Grand prix de la 24ème Biennale de Venise en 1948.
A partir des années 1950, ses sculptures deviennent monumentales, et les commandes officielles affluent.
Installé depuis 1940 dans sa résidence anglaise de Perry Green près de Much Hadham, il y crée sa fondation en 1977. Récompensé par de nombreux prix et décorations honorifiques, il s'éteint dans sa propriété le 31 août 1986 et repose depuis à la cathédrale Saint-Paul de Londres.
A propos des titres laconiques qu'il donnait à ses oeuvres, il aimait à dire que « tout art doit avoir un certain mystère et doit interroger le spectateur. Donner à une sculpture ou à un dessin un titre trop explicite enlève une part de ce mystère? »
Sylvie Petitbois (www.lepetitjournal.com de Rome) - Lundi 28 décembre 2015
Exposition jusqu'au 10 janvier, de 9h à 19h30 - fermée le lundi.
Musée National Romain aux Thermes de Dioclétien - Via Enrico De Nicola 78.



































