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"Il y a un panel de films beaucoup plus large en France qu’en Italie"

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 06/02/2019 à 00:05 | Mis à jour le 06/02/2019 à 09:39
Photo : Quentin Moyon
Quentin Moyon

Rencontre avec Quentin Moyon, expatrié français à Milan où il contribue à la promotion du cinéma français en Italie. L’expert cinéphile et passionné, nous explique les différences fondamentales entre le cinéma français et italien aujourd’hui.

Lepetitjournal.com/Milan : Récemment arrivé à Milan, on vous voit très impliqué dans la promotion du cinéma français en Italie. Que faites-vous exactement ?

Quentin Moyon : Je suis arrivé en octobre 2017 pour suivre ma compagne qui souhaitait revenir vivre en Italie. Je n’étais jamais venu dans ce pays et ne parlais pas italien. J’aurais sûrement eu du mal à trouver un travail, alors j’ai décidé de lancer mon entreprise dans le domaine du cinéma ! Aujourd’hui, je travaille de Milan mais aussi bien en Belgique pour un festival de court-métrage qu’en France où je fais de la production de films et en Italie où je m’occupe de la distribution de films et de la programmation pour le Wanted Cinema.
C’est dans ce cadre que j’ai mis en place un cycle de cinéma français contemporain à Milan, intitulé « Clichés ». S’agissant d’un ciné café, c’est-à-dire un lieu où l’on entend faire revenir l’humain dans les salles de cinéma, toutes les séances sont accompagnées d’un invité ou d’une collaboration. Pour le film Young Couples de Marc Domenico, nous avions ainsi invité Mischa Aznavour à venir présenter le film. Pour Flesh Memory, un film documentaire de Jacky Goldberg, ce dernier était en skype depuis Los Angeles le soir de la projection. Nous avons aussi distribué La Douleur, film qui était candidat pour la France aux Oscars. Le prochain au programme sera un film qui se déroule à Roland Garros et consacré à John McEnroe, réalisé par un Français.

En général, les films français plaisent-ils au public italien ?

C’est variable mais de manière générale, les films français qui marchent le mieux en Italie sont ceux qui correspondent à la production italienne, c’est à dire des comédies populaires comme le Grand bain de Gilles Lelouche, Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu qui va bientôt être distribué ou encore Le prénom.

Existe-t-il une différence fondamentale entre le cinéma français et italien aujourd'hui ?

Absolument. En France, il y a un panel de films beaucoup plus large qu’en Italie. La France est en effet le deuxième producteur de cinéma au monde après les Etats-Unis, proportionnellement à sa population. Et le premier producteur de films européen. Cela résulte notamment du mode de financement. Si les billets sont chers en France, c’est parce qu’un pourcentage est reversé par le CNC (Centre National du Cinéma) pour subventionner de nombreux films et notamment des films d’auteurs et indépendants. En Italie au contraire, on ne retrouve pas cette tranche de films car ils ne reçoivent aucun soutien financier. On aura donc des films populaires qui ont de très fortes chances de marcher et un peu de cinéma d’auteurs très reconnus parce qu’ils ont gagné des prix dans des festivals, comme les fameux Sorrentino et Matteo Garrone. Et c’est dommage car le cinéma italien a vécu de très belles années.
Il y a aussi quelque chose que je juge très frustrant dans le système d’exploitation du cinéma italien, c’est que tout est doublé. Trouver un film avec des sous-titres reste très compliqué. Même si le doublage est très bien fait, on perd de la profondeur dans un film...

Quels sont vos projets à court terme, à Milan et ailleurs ?

Pour Milan, je souhaiterais faire venir le « Fossoyeur de films », un youtubeur très connu en France avec près de 800.000 personnes qui le suivent. Défenseur du « cinéma de genre », c'est sûrement un profil à faire découvrir aux cinéphiles italiens !
Je suis par ailleurs en train de lancer un Ciné Café à Paris. Il en existe plusieurs à Milan comme le Cinemino et le Wanted cinema et en Italie mais encore aucun dans la capitale française. Cette ouverture se fera en partenariat avec le Wanted et le but est de créer un réseau européen.

 

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