Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018
A deux pas du Milan historique, après avoir longé l'élégant parc Sempione, on se croirait plus à Pékin qu'en Italie. Les Chinois ont transformé tout un quartier à leur façon, en à peine dix ans. "Sarpi"est aussi devenu une véritable "caverne d'Ali Baba"pour les connaisseurs
Livraison dans une boucherie chinoise de la Via Sarpi (Photo GD)
10h du matin, via Antonio Rosmini, un cri chinois répétitif, c'est le vendeur d'un journal en mandarin qui arpente le quartier. Il est tôt, mais le trottoir est déjà trop étroit. Le piéton doit zigzaguer entre un jeune Asiatique poussant un charriot, d'autres accroupis ou assemblés sur le pas de leur boutique et les cartons vides empilés à côté des poubelles. La petite rue, bordée d'enseignes chinoises, vit désormais au rythme des livraisons de marchandises Made in china à toute heure du jour et de la nuit. Autre spectacle, celui des acquéreurs sénégalais qui repartent avec des sacs poubelles bourrés d'articles de maroquinerie. "80 % des boutiques du quartier sont chinoises", précise Pierfranco Lionetto, président de l'association de résidents "Vivi Sarpi", hostile à la présence des grossistes chinois. Une transformation récente : selon lui, le rachat systématique des boutiques par les chinois date de 1998.
Intérieur d'un grossiste chinois de chaussures, Via Sarpi (Photo GD)
Annonces immobilières uniquement en Mandarin Rien à voir avec les "Chinatown"de Londres ou New York. Ici le Chinois est roi... pas le touriste. Et les odeurs de cuisine ou les lanternes rouges à destination des passants sont rares. Se succèdent plutôt les enseignes "cheap"en caractères chinois et les vitrines poussiéreuses laissant apparaître des cartons regorgeant de produits, contrastant radicalement avec l'élégance des boutiques milanaises. Et tout semble au service exclusif des Chinois. Les commerçants parlent à peine l'Italien et sur les vitrines, s'étalent les annonces en Mandarin non traduites, notamment chez un agent immobilier de la Via Sarpi. La paroisse italienne "Santissima Trinita", elle-même, affiche les horaires de messe en Chinois. Le lieu attire pourtant des Italiens un peu fouineurs. Ce samedi, une famille est venue exprès de Côme pour dénicher dans cette "caverne d'Ali Baba", sacs, valises, matériel high-tech, electroménager, ustensiles de maison, produits et vaisselle asiatique à des prix imbattables. Quelques exemples : on y trouve une casserole façon Teffal à 2 euros, un lisseur à cheveux à 9 euros, des ballerines mode à 8 euros ou ce balladeur de marque asiatique, même forme et fonctions qu'un Ipod, à 20 euros, sans compter les coiffeurs qui proposent shampoing-brushing-coupe à partir de 8 euros. Un conseil toutefois : attention à ne pas acheter de contrefaçon et aux affichettes "solo ingrosso", signifiant que les clients au détail ne sont pas acceptés. Gersende DELCROIX. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 25 septembre 2008
A ne pas manquer à "Sarpi" bonnes adresses chinoises: - Supermarché Kathay. via Antonio Rosmini, 9. Vaisselle, meubles chinois et produits asiatiques de qualité (épices, riz de toute sorte, céréales, excellentes bières sri lankaises), un magasin particulièrement propre - Coiffeur Wang ? Wannianqin (homme / femme / enfant). Via Paolo Sarpi, 63. Brushing + coupe à 10 euros - Boutique fourre-tout (sans enseigne). Angolo Largo Gadda et Via Giuseppe Prina. Accessoires de cuisine et salle de bain, électroménager, outils de bricolage? on y trouve de tout généralement entre 1 et 5 euros.
adresses italiennes réputées: - Cappelleria Melegari. via Paolo Sarpi, 19. Chapelier traditionnel, installé là depuis 1914, fabrication et vente de chapeaux élégants, notamment de la marque Borsalino. La boutique est un véritable musée - Cantine Isola. Via paolo sarpi 30. Bar à vins italiens recommandé par les Milanais ?nophiles. - Da Giuliano. via Paolo Sarpi, 60. Excellente pizzeria au feu de bois, ayant 40 ans d'existence, devant laquelle on peut voir une queue d'Italiens chaque samedi soir.