

Peu après la révélation par la presse mercredi de l'assignation à résidence de sa femme dans le cadre d'une affaire de corruption, Clemente Mastella, ministre de la Justice, a donné sa démission, avant d'être à son tour mis en examen. Un nouveau scandale politique qui n'est pas sans rappeler les années 90
Clemente Mastella reste important aux yeux de Prodi et Berlusconi (photo AFP)
C'est avec les larmes aux yeux, affirmant choisir "l'amour pour sa famille" plutôt que le pouvoir, que Clemente Mastella a annoncé mercredi sa démission, suite à la mise en examen de son épouse, Sandra Lonardo, elle-même présidente du Conseil régional de Campanie. Dans son discours, il avait notamment critiqué la magistrature, et pour cela été applaudi par la classe politique. Quelques heures plus tard, coup de théâtre : le Garde des sceaux est lui aussi mis en examen. Il est notamment accusé, avec une vingtaine d'autres personnes, de concussion et d'abus de position, à la suite d'écoutes téléphoniques.
L'Udeur, son parti centriste, a été décimé par les arrestations. Cette nouvelle confrontation avec la justice, intervenant peu après le cas du magistrat Luigi De Magistris, rappelle les mani pulite des années 90, ces opérations menées par la magistrature italienne pour assainir la classe politique.
Le gouvernement pourrait tomber
Cette grave crise institutionnelle touche avant tout le sujet de la moralité en politique, et les éditorialistes n'ont pas manqué de souligner le manque de transparence dans le traitement des affaires publiques. Ainsi, selon Alberto Giannino, qui écrit pour IMGpresse (un journal en ligne de la province de Messina), le cas de Mastella est le signe d'une "dégradation morale", non pas tant du fait des accusations qui pèsent sur de hauts responsables, que sur ce que la magistrature a estimé être une véritable "agression" à son encontre. Ainsi, l'ex Garde des Sceaux a déclaré qu'il fallait "se méfier de certains juges d'instruction".
Pourtant, malgré ce qu'il représente désormais, Mastella intéresse aussi bien Prodi que Berlusconi. Controversé et disputé depuis longtemps, il a été ministre de Berlusconi avant d'apporter son soutien à Prodi en 2006, s'assurant ainsi des sièges, notamment trois au Sénat. Or la majorité de la coalition de gauche n'y a assuré sa place qu'avec deux sièges. Perdre ces trois sénateurs de l'Udeur reviendrait à perdre la majorité, ce qui entraînerait la chute du gouvernement.
Pour l'heure, l'ex ministre a déclaré que son parti soutiendrait le gouvernement "de l'extérieur", et Prodi assurera l'intérim à la Justice.
Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 18 janvier 2008















































