


"Si on signe, j'arrête"
Après une première vie professionnelle passée à voyager pour mener des missions d'audit à travers le monde, à la naissance de sa première fille, Aude souhaite se poser. Son employeur lui propose de poursuivre sa mission à Milan, où elle arrivera en

Toutefois, la rencontre n'est pas vaine. Sylvie Loussier qui avait cédé Petite Faune dans les années 80 à un fabricant de laine du nord Le Chat Botté, sait la marque en sommeil. Elle met alors le trio en contact avec l'entrepreneur. Commence alors l'analyse des bilans, suit la négociation et se profile la caresse d'une douce rêverie. Celle de relancer Petit Faune, la marque pour enfants dans laquelle elles étaient tombées petites. "On avait les yeux qui brillaient" confie Aude.
La proposition lancée, "ça passe ou ça casse. Et si ça passe, j'arrête " se souvient-elle. Et la proposition est passée ! C'est ainsi que les trois amies commencèrent l'aventure de relancer la marque Petit Faune, en ayant racheté à peu près 250 patrons.
"Nous n'avions aucune expérience dans le textile"
Après avoir rencontré les banques et les fournisseurs, ensemble, elles décident de réveiller la belle endormie et de redonner vie à cette griffe en faisant appel aux artisans qui avaient dans le passé fait le succès de la marque. Ce sera finalement Sylvie Loussier en personne qui accompagnera pendant 3 mois Aude, Gersendre et Isabelle à apprendre le métier. Puis, elles trouvent une styliste, qui malheureusement ne restera pas. "Nous n'avions aucune expérience dans le textile" raconte Aude. "J'avais cousu avec ma grand mère, c'est tout" ajoute-elle ! Après une première collection, les entrepreneuses se retrouvent à devoir monter la nouvelle collection seules. Choisir les tissus, les coloris, les matières. "C'est très intéressant, mais c'est un vrai métier".
Elles demandent alors l'aide à la mère de Aude, qui avait été styliste, puis architecte en décoration d'intérieur avec une grande passion pour les textiles. C'est ainsi que Brigitte Chastenet de Gery devint la styliste de Petit Faune, nouvelle génération. Une histoire entre mère et fille. Et bien plus, puisque les trois femmes par ailleurs mamans font poser leurs propres enfants pour les shootings photos !
Le "Prêt-à-porter" et le "Prêt-à-créer" signés Petit Faune
Dès sa naissance, en 1970, la marque révolutionne le monde de la mode enfantine en proposant aux petits des vêtements

Aujourd'hui encore, Petit Faune se décline en "Prêt à porter" et en "Prêt à créer", avec deux niveaux de qualité. Les plus paresseuses paieront 75 euros en boutique pour un cardigan "devinette", un classique de la marque, alors que les plus téméraires ou celles qui ont la chance d'avoir une bonne fée dans leur entourage paieront environ une trentaine d'euros.
Le soin porté à la qualité des matières qui a fait la renommé de la marque est toujours le même. Certains modèles sont mêmes de nouveau réalisés à partir des matières premières des fournisseurs historiques de laine ou de tissus de la marque. La maille par exemple est fabriquée à Venise pour le prêt-à-porter.
Un projet sur mesure
Relancer une marque à moindre coût est un véritable défi. "On a beaucoup à faire sur internet, même si beaucoup de blogs parlent de Petit Faune" confie Aude en charge depuis l'Italie de la gestion, de la partie commerciale et du site internet, www.petitfaune.fr. Lors de la dernière Fashion Week, elle avait ouvert une boutique éphémère pour sentir le marché. Des journées bien remplies pour elle, qui, désormais maman de deux filles, gère par ailleurs une entreprise d'import / export de produits parapharmaceutiques.
Chacune ainsi a son rôle. Gersendre gère le stock, assure la communication et la préparation des commandes. Isabelle, quant à elle, prend les commandes. "De cette façon, on est présente pour suivre la scolarité de nos enfants".
Cette année, les objectifs sont clairs : participer à des salons spécialisés, trouver une boutique qui assure la distribution, traduire le site en italien et proposer des cadeaux de naissance au départ de la France pour la France avec le "Prêt-à- offrir" !
Sophie Her (Lepetitjournal.com de Milan) – mardi 4 février 2014
Crédits photos : Jean-Marc Gourdon
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