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TRIENNALE – Hangar Bicocca : laissez votre empreinte sur l'architecture !

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 11 juillet 2016

Après 20 ans, la Triennale fait son retour à Milan jusqu'au 12 septembre. Du musée Diocésien au Palazzo della Triennale en passant par le MUDEC et la Fabbrica del vapore, la XXI Triennale intitulée “Design after Design” se déploie dans toute la ville sous forme d'expositions et d'évènements culturels. A cette occasion l'exposition Architecture as Art – dévelopée par Nina Bassoli et Pierluigi Nicolin – au Hangar Bicocca jusqu'au 12 septembre, explore le concept d'architecture.

 

La structure en papier “SHARING” réalisée par le studio Rural © Gianluca Di Ioia - La Triennale

Architecture du partage
Le pavillon numéro 8 – dénommé Partage – s'inspire du théâtre antique : deux séries de gradins se font face et composent l'orchestre rectangulaire, pour garantir une visibilité optimale à chaque spectateur. Comme son lointain ancêtre en bois, le pavillon numéro 8 est réalisé dans un matériau périssable : le papier. La structure sera entièrement démantelée et recyclée à la fin de l'exposition, pour ne laisser aucune trace de son passage. En attendant, les visiteurs y laissent un à un leurs empreintes en foulant de leurs pieds le sol fragile de cette structure composée de millier de morceaux de papier de toutes les couleurs, compressés les uns contre les autres pour former de larges blocs rectangulaires. Ces traces laissées par le passage successif des visiteurs invitent à réfléchir sur l'impact de l'architecture et de nos rituels quotidiens sur l'espace qui nous entoure. Quelques livres écornés (parmi lesquels le célèbre Architecture without Architects de Bernard Rudofsky), suspendus ici et là, donnent le ton. « Un peu de lecture ne fait pas de mal » sourit Aiko assise un livre à la main, tandis que son amie est occupée à prendre des photos. Le projet imaginé par Rural Studio - un groupe de chercheurs américains – entend proposer un lieu (éphémère) d'échange et de rencontre au sein du parcours scénographique.

 


Le projet “SIDEWALK” réalisé par El Equipo de Mazzanti pour l'exposition Architecture as Art au Pirelli Hangar Bicocca © Gianluca Di Ioia - La Triennale

Une exposition-encyclopédie
Une dizaine d'autres structures se partagent l'immense salle au haut plafond du HangarBicocca. Chacun de ces pavillons décortique, dissèque et illustre le mot architecture – du jardin au toit, de la maison à la notion de bricolage. Ce soucis encyclopédique pour appréhender et comprendre les limites de l'architecture n'est pas nouveau. Déjà en 2014, l'architecte Rem Koolhass avait provoqué une petite tempête - lors de la Biennale d'architecture de Venise – avec son exposition “Elements of Architecture” dans laquelle l'architecture était fragmentée, au point d'en étudier ses composants les plus banals (et pourtant essentiels) tels qu'une poignée de porte, un interrupteur ou bien encore une rampe d'escalier.

Au Hangar Bicocca, chaque pavillon interroge le spectateur en le confrontant à des formes et des textures familières mais dont souvent la fonction initiale a été questionné et détourné. Le pavillon numéro 5 – SideWalk ou mur sans limite, par exemple, imaginé par El Equipo de Mazzanti est un simple couloir dont la structure en bois est tapissée d'une membrane de tissu élastique et transparente. Le visiteur est invité à tester les limites de cet étroit couloir en en repoussant la surface flexible. Notre définition commune du mot mur – élément architectural statique, rigide et puissant par définition – est ici mis à l'épreuve.

 

Inspirée par le carillon que l'on suspend à une porte d'entrée, la structure en tubes de métal “ENTRANCE” imaginée par Mario Giuseppina Grasso Cannizzo participe à la constitution du paysage sonore de l'exposition Architecture as Art  © Gianluca Di Ioia - La Triennale

Un parcours sensoriel
Le spectateur déambule dans une semi-obscurité et chaque source lumineuse souligne les effets d'ombre et de lumière des larges volumes aux silhouettes variées. Mais cette expérience serait incomplète si le paysage sonore de l'exposition en été éclipsé : une femme frappe inlassablement sur le sol à l'aide d'un marteau, des tubes métalliques se fracassent les uns contre les autres grâce aux mouvements rapides des enfants qui s'amusent à les frôler. Dehors, des cannes de bambous craquent dans le vent. Plus loin, des ouvriers crient.
L'exposition - aussi conceptuelle qu'elle puisse paraître - nous rappelle que l'architecture pour exister doit être vécue.  

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Laura Drouet (lepetitjournal.com de Milan) Mardi 12 juillet 2016

lepetitjournal.com Milan
Publié le 11 juillet 2016, mis à jour le 11 juillet 2016
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