Le sublime spectacle des trois Pietà de Michel-Ange, à Milan

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 27/10/2022 à 22:12 | Mis à jour le 15/11/2022 à 09:54
les trois pietà de michel ange

La majestueuse salle des Cariatidi du Palazzo Reale de Milan accueille les moulages des trois Pietà du génie florentin dans une mise en scène fascinante et émouvante. Une exposition incontournable.

 

Les trois Pietà de Michel-Ange, sous la forme de leur moulage en plâtre, sont réunies à Milan après une magnifique exposition au musée de l'œuvre de la cathédrale de Florence. Du 22 octobre 2022 au 8 janvier 2023, la majestueuse salle des Cariatidi sert de scène à l’exposition réalisée dans la pénombre pour un effet à la fois intime et spectaculaire conçu par Massimo Chimenti. Trois longues toiles déployées sur toute la hauteur de la Salle – sur lesquelles sont projetés les détails des œuvres - amplifient l’impact esthétique et le sens religieux évoqué par le sculpteur dans les différentes phases de sa vie. Tout autour, des jeux inédits d’ombre et de lumière, illuminent les murs finement décorés.

Installées les unes près des autres, le contraste est saisissant. Il s’agit d’une occasion unique pour observer la maturation intellectuelle de Michel-Ange sur la thématique du sacré. Plus de soixante ans séparent la première Pietà, le Vatican, de la dernière, les Rondanini.

 

exposition des trois pietà de michel ange

 

La Pietà du Vatican, un symbole universel de beauté

C’est lorsqu’il était jeune que Michel-Ange a créé la Pietà du Vatican en 1498. ll avait alors moins de 25 ans, et émerveilla ses contemporains, éblouis par la beauté de cette Vierge éplorée au corps enveloppé d'un savant jeu de drapés. Le visage de la Vierge considéré par certains comme trop jeune, l'artiste s'est défendu à l'époque en affirmant que c'est la pureté et la sainteté qui préservent la jeunesse et la beauté.
Le génie toscan entrepris la réalisation de la deuxième version de la Pietà, la Pietà Bandini, en 1547. D’âge mûr (72 ans), Michel-Ange a aussi profondément changé en tant qu’homme mais aussi artiste. De caractère irascible et insatisfait, il s'attaqua à son œuvre à coups de marteau. Les marques se voient encore aujourd'hui sur l'épaule de Jésus et la main de Marie.
La troisième Pietà, dite Rondanini, est désormais exposée au Castello Sforzesco de Milan. L’artiste l’a commencée à près de 80 ans, mais ne l’a jamais finie. Elle fut retrouvée à son domicile romain, où il y travailla jusqu'à sa mort. Stupéfiante de modernité, l’œuvre dépouillée sur ses deux mètres de hauteur, alterne des parties finies avec des parties non finies voire non travaillées. Marie et son fils sont représentés seuls, dans une simplicité extrême, remplie de force spirituelle.

MAR

Marie-Astrid Roy

Rédactrice en chef et Directrice des éditions Lepetitjournal.com Milan et Rome
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