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PRESSE - Les coulisses du Corriere della Sera

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 septembre 2014

Faire du tourisme autrement, c'est possible. Voyager, s'évader, découvrir un territoire, une ville, ce n'est pas seulement collectionner des clichés photos, ni regarder les paysages défiler. Voyager, c'est se plonger dans un univers et s'en émerveiller. Cette semaine lepetitjournal.com de Milan vous emmène dans les coulisses du quotidien le plus Made in Milano qui soit, "Il Corriere della Sera". Un voyage dans le temps et dans les mots. 


Plus qu'un nom, une institution
Via Solferino, 28. Milano. Une adresse bien connue des Milanais. Un mastodonte Liberty qui héberge les activités du quotidien le plus diffusé d'Italie. Sur la droite du perron qui mène au grand hall d'accueil, une discrète sonnette en cuivre sur laquelle sont sobrement mentionnés les deux occupants de l'immeuble. "Il Corriere della Sera" et "La Gazzetta dello Sport".

"Il Corriere della Sera". Son nom lui vient tout simplement du fait d'être un journal du soir. Fondé en 1876 par le journaliste Eugenio Torelli Viollier, il se présente sous la forme d'un quatre pages. Le 5 mars de cette même année, un dimanche de carême, il est imprimé à 15.000 copies et distribué pour la première fois à Milan. Une véritable opération marketing car ce jour là, aucun autre journal n'est vendu dans la ville.

En 1900, Viollier décède. Il cède sa place à Luigi Albertini, journaliste ayant eu une expérience de gestion au Times, qu'il avait pris soin de choisir comme successeur. Albertini rentre au capital. Commence alors une nouvelle ère qui durera près de 25 ans. Quatre ans plus tard, le siège déménage à l'adresse actuelle. Quatre rotatives en provenance des Etats-Unis y sont installées. En seulement six ans, les ventes doublent, passant de 75.000 à 150.000 exemplaires.

La salle de conférence de presse porte aujourd'hui son nom. "Sala Albertini". C'est lui qui choisira la table qui à elle seule, occupe toute la pièce. Un modèle unique de plusieurs mètres de long. De la sobriété de la salle émane un sentiment mélangé de puissance et d'humilité. La scénographie se propose comme un livre ouvert. Les quelques "Unes" exposées racontent à elles seules l'histoire du quotidien. L'histoire au quotidien.
Ses débuts, évidemment avec le premier numéro. Un format qui évoluera notamment grâce à l'aide de l'écrivain Luigi Pirandello. Sur les murs, on lit aussi les étapes phares de sa construction. Notamment le numéro du 26 avril 1945, celui-là même du jour de la libération qui signe la fin du fascisme. Ce jour là, le journal sortit sous un nouveau nom : "Il nuovo Corriere della Sera". Un nom qu'il conservera quelques temps pour des raisons légales, et qu'il fera disparaître graphiquement petit à petit. Y sont également accrochées deux plaques en mémoire de journalistes, victimes du terrorisme. L'une en hommage à Walter Tobagi, assassiné à l'âge de 33 ans. L'autre, en hommage à Maria Grazia Cutuli, tuée en mission en Afghanistan en 2001.

Il "Corriere della Sera", comment ça marche ?
Aujourd'hui, "Il Corriere della Sera" compte 350 journalistes dans le monde dont 150 à Milan et 10 envoyés à l'étranger. De la réception des fils d'information, à la rédaction des articles, en passant par la mise en page, il est géré totalement électroniquement.

Chaque après-midi, les différents services décident comment traiter des sujets qui leur sont assignés en fonction du "chemin de fer". Au fur et à mesure que la composition des pages se profile, les rédacteurs en chef confient les articles à la maquette. Cette dernière est proposée à la conférence de rédaction qui se réunit chaque soir. Autour de la table, siègent le directeur Ferruccio de Bortoli, Luciano Fontana, le vice-directeur et les quatre directeurs de bureaux : Giangiacomo Schiavi, Daniele Manca, Antonio Macaluso et Barbara Stefanelli, première femme de l'histoire du journal à faire partie de l'équipe dirigeante.
                                                                                                                                                                                                                                      

Avant de se présenter à la conférence de rédaction, chacun reçoit le journal. Les bons points sont distribués et les oreilles tirées. C'est durant les conférences de rédaction que la première de couverture est dessinée, manuellement. Une fois arrêtée, la maquette ou menabô est alors envoyée à la photo composition par télétransmission satellite. Il faudra quelques minutes seulement pour lancer les impressions ? plus de 350.000 en moyenne par jour - depuis un des 7 centres de l'étranger et des 5 en Italie. Ainsi, alors qu'il est 23h30 à Milan, il est 17h30 à New York. A 20h, le journal daté du lendemain y est alors distribué.Toutes les conférences de rédaction sont retransmises en vidéo. Dans la salle, deux écrans. L'un diffuse les informations, tandis que l'autre, équipé d'une webcam qui suit les voix, permet d'établir la liaison avec Rome, centre politique et religieux du pays où sont présents 80 journalistes.                                   

Comme tout journal, Il Corriere della Sera" vit de publicité. Il doit aussi respecter la loi qui impose que la publicité ne puisse pas occuper plus de 50% des espaces du journal. Au "Corriere della Sera", le taux de publicité varie entre 48% et 50%.

Une fois sortis de la salle Albertini, après avoir visité les bureaux, tant du "Il Corriere della Sera" que ceux de "La Gazzetta dello Sport", on découvre dans les couloirs les agrandissements de photos noir et blanc qui relatent les faits que le journal a lui même couverts. Quoi de plus émouvant pour des journalistes, des reporters d'images, des lecteurs passionnés que de se retrouver assis à la table où chaque jour se tient la conférence de rédaction du "Il Corriere della Sera". Une expérience unique à Milan !

La gazetta dello Sport
"La gazetta dello Sport", c'est le journal sportif de référence en Italie. Rose aujourd'hui, ses premiers numéros ont été verts. Fondé 20 ans après "Il Corriere della Sera", il est la fusion de deux journaux sportifs : "Il ciclista" et "la tripletta". Il appartient à la famille Bonacossa qui en a confié la gestion au Groupe RCS Media Group ("Corriere della Sera")au travers d'une concession jusqu'en 2050. Le journal est dirigé par André Monti.

 

 
Sophie Her (LePetitJournal.com de Milan) ? vendredi 1er février 2013

La rédaction de lepetitjournal.com de Milan remercie Stefania Fiegl, guide professionnelle à Milan, qui a proposé cette visite et Milan Accueil qui l'a organisée.

Informations pratiques : www.corriere.it et www.gazzetta.it

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 Créditphoto : Sophie Her pour lepetitjournal.com

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Publié le 1 février 2013, mis à jour le 26 septembre 2014
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