Picasso au Palazzo Reale : Le retour aux sources

Par Monica La Rivière | Publié le 25/10/2018 à 00:15 | Mis à jour le 25/10/2018 à 00:15
Photo : Le Baiser, de Pablo Picasso. L'exposition Metamorfosi est à voir jusqu'au 17 février 2019 au Palazzo Reale de Milan.
Picasso expo milan

Metamorfosi est un troisième volet dédié à Pablo Picasso (1881-1973) à Milan, sur la recherche de son inspiration et de ses modèles empruntés à l’art et à la mythologie classique. Deux expositions en une : plus de 100 œuvres de l’artiste espagnol confrontées à ses modèles classiques, de l’antiquité à Rodin, provenant des grands musées européens. A voir jusqu'au 17 février 2019 au Palazzo Reale de Milan.

Dans la tête du génie

Un peu comme les sequels de trilogies qui reviennent en boucle en recommençant par la genèse, la trilogie milanaise sur Picasso qui a débuté par un parcours chronologique et thématique (en 2001 et 2012) se complète par le retour aux sources d’inspiration de l’artiste. Car c’est par ses références classiques et comment il les a faites siennes en les métamorphosant que l’on s’explique le génie, ainsi que son intérêt obsessif pour certaines figures mythologiques telles le Minotaure ou pour certains chefs-d’œuvre comme Le baiser de Rodin.  La puissance de Picasso se révèle à travers les nombreux dessins et céramiques exposés mais certains visiteurs pourraient être déçus de n’y trouver qu’une dizaine d’huiles sur près de 120 travaux de l’artiste présentés.

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Nu allongé, Pablo Picasso

Métamorphoses est ainsi le titre de cette exposition dédiée à l’artiste espagnol au Palazzo Reale de Milan, conçue par la directrice des Musées civiques d’Avignon Pascale Picard, avec la collaboration de la ville de Milan et de MondoMostreSkira. Milan est l’une des étapes d’une grande exposition itinérante européenne organisée par le Musée Picasso de Paris grâce aux prêts d’œuvres provenant de grands musées européens dont Le Louvre, les Beaux-Arts de Lyon, Beaubourg, l’Orangerie, les musées Picasso d’Antibes et de Barcelone, le musée archéologique de Naples et les musées du Vatican.

Cherchez la femme…et l’artiste

En montant à Paris, Picasso va puiser dans le Louvre et les autres musées de la capitale française de nombreuses idées et modèles : « S’il y a quelque chose à voler je le vole », disait-il. C’est un baiser qu’il « vole »  à ce fragment antique en terracotta, au baiser de Paolo et Francesca dessiné par Ingres et au Baiser de Rodin figé dans le bronze. Son baiser à lui, de jet cubiste, se veut une expression de fusion charnelle car pour Pablo Picasso « le sexe et l’art sont une même chose » et il peindra souvent selon ses pulsions érotiques et humeurs amoureuses du moment. Derrière chacun de ses tableaux se cache une femme de sa vie.

Dans la mythologie son choix se pose sur Ariane, dans sa représentation endormie sensuelle entre l’innocence et la provocation, abandonnée dans son sommeil par Thésée qu’elle a sauvé des griffes du Minotaure. Puis Dyonysos, le dieu du vin, qui passe par là en tombe amoureux et l’emmène avec lui. « Quand un homme regarde dormir une femme, il cherche à comprendre ... ». Picasso s’inspire ici à la version d’une statue d’Ariane au Louvre, et plus en particulier à la position des bras croisés derrière la nuque, dont il accuse toute la potentialité érotique et qu’il réutilise dans de nombreux nus de femmes allongées , assises ou debout.
De toute les références à la mythologie classique c’est le Minotaure qui va cependant revenir incessamment dans la production de Picasso. Car pour l’artiste espagnol et même les critiques d’art, le monstre moitié homme, moitié taureau, constitue son double.

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Tête d'Homme barbu, Pablo Picasso

 

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Marie Astrid Roy

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