

49 toiles de Pollock et des irascibles en provenance du Whitney Museum of American Art sont actuellement exposées au Palazzo Reale. Elles racontent le mouvement made in USA né autour d'un des grands mythes de la culture américaine des années 40-60
Jackson Pollock - Number 27, 1950 -© Jackson Pollock by SIAE 2013 - © Whitney Museum of American Art
Le père du premier mouvement artistique proprement américain
Pollock évoluait autour de sa toile comme un chaman en transe, peignant au rythme d'une danse indienne. Un rite, une performance avant la lettre, pouvant durer plus d'une demi-heure en continu. "Quand je peins au sol, je me sens chez moi...la toile a sa propre vie, je dois seulement la faire émerger".
Né au Wyoming en 1912, Jackson Pollock a passé sa jeunesse en Californie et en Arizona, en contact avec la culture autochtone. À 18 ans, il débarque à New York où il découvre lors de ses études en art, les murales mexicains et Guernica de Picasso. De là, plus rien ne l'arrête! La vitalité qui le possède est à la base de l'expressionnisme abstrait, ce mouvement qui détournera les artistes de la scène de Paris pour celle de New York.
Le vieux continent n'a plus d'inspiration. La guerre fait fuir les intellectuels. Hans Hofman, Arshile Gorky, Wilem de Kooning et Mark Rothko portent encore dans leurs bagages des traces du surréalisme, du cubisme ou du Bahaus. Bien vite, ils se rallient aux idées et méthodes de Pollock autour de l'Ecole de New York, qui déjà rassemble une vingtaine d'adeptes avec des peintres de souche américaine.
Des maudits aux irascibles
C'est alors que ces artistes passent à l'Action Painting, une technique de peinture sans filtre, d'instinct. L'oeuvre maîtresse de l'expo du Palazzo Reale est la Number 27, longue de 3 mètres, réalisée en 1950 par Pollock avec la méthode du dripping qui consiste à faire couler de la peinture sur la toile étalée au sol, à travers les mains ou les pots de peinture troués.
Rothko de son côté s'exprime mieux à travers ses tableaux par les tons et les formes monochromes. Mais nul n'est prophète en son pays. En 1950 le Metropolitan Museum of Art organise une exposition sur la peinture contemporaine à laquelle ne sont pas invités les action painters autour de Pollock, ce qui soulève un tollé général de leur part. Leur colère se traduira par une lettre ouverte au directeur du musée envoyée à la presse, qui leur vaudra leur surnom d' "irascibles".
Willem de Kooning Door to the River, 1960 © The Willem de Kooning Foundation by SIAE 2013 © Whitney Museum of American Art
Heureusement, le Whitney Museum, qui, depuis sa fondation en 1930, a comme mission de collectionner les oeuvres d'artistes vivants, ne les pas ignorés !
Monica La Rivière (Lepetitjournal.com de Milan) ? jeudi 3 octobre 2013
Suivez Monica sur twitter : @monicalariv
Informations pratiques : Palazzo Reale - piazza Duomo, 12 - Milan
Jusqu'au 16 février 2014
Lundi : 14.30?19.30
Du mardi au dimanche : 9.30-19.30
Jeudi et samedi : 9.30-22.30
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