Samedi 31 octobre 2020
Édition Internationale
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Gloria Mama : « Il faut lever le voile sur la fausse couche »

Par Aurélie Billecard | Publié le 11/10/2020 à 18:00 | Mis à jour le 27/10/2020 à 09:24
Diane Léonor Gloria Mama

Gloria Mama, fondé par Diane Léonor, est un podcast portant sur la maternité, notamment lorsqu'elle est vécue à l’étranger. Différences culturelles, sujets tabous, inquiétudes, Diane nous dévoile la maternité sans aucun complexe. 

Vous avez créé le podcast Gloria Mama. D’où vous est venue cette idée ?

Pour comprendre d’où viennent le site et le podcast gloriamama.com, il faut s'intéresser à la genèse de ce projet. Tout commence par le vécu de fausses couches consécutives, mon expérience de la grossesse, de l'accouchement, et de l'accompagnement des soignants. J’ai d'abord écrit le livre Deux corbeaux et une cigogne, à paraître le 7 janvier 2021 aux Editions Michalon, avec trois objectifs. D’abord, je voulais lever le voile sur les fausses couches, sujet encore très tabou, ensuite aider les couples à surmonter l’épreuve des fausses couches, et finalement sensibiliser les soignants au vécu de ces couples pour qu'ils aient une approche toujours plus humaine. Après le livre, l’idée du site internet est venue naturellement, pour que les messages clefs de mon histoire soient accessibles à tous. Enfin, à travers le podcast, je pars à la rencontre d'autres femmes et d'autres couples pour qu'ils nous racontent l'histoire de leur maternité. Gloria Mama est un florilège de témoignages et d’interviews de professionnels sur la maternité à travers le monde. 

Le podcast Gloria Mama a une vraie approche multiculturelle

Vous avez écrit Deux corbeaux et une cigogne sur les fausses couches au début votre expatriation. Pourquoi avez-vous décidé de parler de ce sujet qui peut être tabou ?

Les fausses couches sont un sujet tabou, mais il y a, de plus en plus, un souhait de lever le voile sur ce sujet-là. Personnellement, j’ai eu la chance d’être très bien entourée lors de mes fausses couches, contrairement à bon nombre de femmes. J’ai choisi, avec soin, les personnes à qui j'en ai parlé, car l’entourage, bien souvent, ne sait pas gérer ou réagir face au deuil, particulièrement à celui d’un bébé. On peut se retrouver face à deux réactions : le fait de minimiser l’impact de la fausse couche, ou le silence complet autour de ce bébé qui n’a pas évolué. Il est important de parler des fausses couches pour que les femmes et les couples ne restent pas dans une solitude destructrice et qu'ils puissent être épaulés dans leur deuil.

 

Dans les différents épisodes de votre podcast, vous faites intervenir des femmes issues du monde entier. Comment cette différence culturelle enrichit-elle votre podcast ?

Le podcast Gloria Mama a une vraie approche multiculturelle. En vivant à l’étranger, je me suis rendue compte que le vécu de la maternité était lié à la culture du pays. Par exemple, au Maroc, 50% des accouchements se font par césarienne. Dans ce pays, on paie son accouchement contrairement à la France, et le gynécologue a un intérêt pécuniaire à pratiquer une opération chirurgicale. Mais beaucoup de césariennes sont aussi pratiquées à la demande des patientes qui ont le sentiment qu'elles ne vont pas savoir accoucher et qu'une césarienne, c'est plus rapide et pratique !

Autre exemple, en France, 75% des femmes accouchent sous péridurale, alors qu’en Angleterre, quatre femmes sur cinq accouchent sans. Il y a de vraies différences culturelles en fonction des pays dans lesquels on habite. Pour moi, c’était très important de les mettre en avant. J’ai envie qu’une femme, quand elle écoute le podcast Gloria Mama, se rende compte des pratiques dans différents pays du monde, et que son accouchement corresponde à ses attentes. Il me semble important que les femmes soient actrices de leur accouchement.

Il me semble important que les femmes soient actrices de leur accouchement

Vous vivez aujourd’hui à Casablanca. Les grossesses se vivent différemment dans le monde. Quelle tradition vous a le plus surprise ?

Je suis actuellement enceinte, et je dois accoucher très prochainement. J’ai été très marquée par le taux de césariennes au Maroc. Tout mon suivi s’est fait par une sage femme, car je voulais une approche très humaine, et qu’on prenne en considération mon vécu.

Au Japon, on parle peu de ses émotions ou de ses angoisses. Car culturellement, on est dans la retenue. Lorsque les futures mères se retrouvent entre elles, elles n'abordent pas leurs ressentis, leurs peurs mais des questions pratiques, par exemple, le choix de la poussette, l'ameublement de la chambre du bébé.

Post-accouchement, les femmes vont souvent dans la famille de leur conjoint. Pendant un mois, elles se reposent et restent avec leur bébé, sans avoir à se préoccuper des tâches ménagères, de la cuisine, etc. afin qu'elles puissent prendre soin d'elles et de leur bébé. On retrouve également cette tradition en Afrique. 

 

Quels sont les défis d'une expatriation quand on est enceinte ?

J’ai accouché en France de mon premier bébé, et je suis ensuite partie à Casablanca. Partir en expatriation dans un pays que l’on ne connaît pas avec un nouveau-né est un défi, car on n'a plus aucun repère et on peut se retrouver dans une situation de grande solitude, surtout si on ne travaille pas. À mon arrivée, j'ai donc tout fait pour rencontrer des gens, notamment grâce à des associations d'accueils des étrangers et j'ai lié des amitiés solides.

Par ailleurs, j'avais mon projet Gloria Mama : écrire un livre, créer un site et un podcast : un projet à temps plein auquel je me suis pleinement consacrée !

Comment les grossesses et accouchements se sont-ils déroulés à l’étranger durant la pandémie ? 

Durant la pandémie, on a assisté à une explosion des violences obstétricales. La première violence est d’interdire aux pères d’être présents lors de l’accouchement. Or, pour qu’un accouchement avance, il faut deux hormones naturelles : l'ocytocine (l'hormone de l'amour) qui permet les contractions, et l'endomorphine qui soulage la douleur. Le fait que le compagnon ou la compagne soit à côté de la femme qui accouche, qu’il la soutienne, lui permet de produire ces deux hormones. Ensuite, l’autre chose absurde est d’obliger le port du masque lors de l’accouchement, car nous savons à quel point la respiration est cruciale. Il y a aussi eu de nombreux déclenchements d'accouchement non médicalement justifiés.

J’ai eu beaucoup de chance pour ma grossesse à l'étranger. J'étais accompagnée d'une sage-femme formidable et j'ai passé mes échographies dans un centre spécialisé. Même en plein confinement, je passais en priorité avec mon mari, qui a toujours pu m’accompagner.

 

Quels sont vos prochains projets à venir ?

Faire vivre le podcast Gloria Mama !

Les deux prochains épisodes seront consacrés aux émotions communes ressentis en PMA ou lors de fausses couches. On parlera également de l'impact de la PMA et des fausses couches sur la sexualité d'un couple, avec une thérapeute en périnatalité.

Ensuite, on repartira en France, pour aborder le sujet de la préclampsie, puis on fera un tour au Japon. Il y a donc encore de nombreuses histoires à écouter !

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Aurélie Billecard

Étudiante en management culturel et journalisme, fille d’expatriés en Asie et en Europe pendant une dizaine d’années, elle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale.
4 Commentaire (s)Réagir
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couramiau83 lun 12/10/2020 - 21:23

Bravo pour ce récit 100 %, oui il faut en parler !!! c'est comme pour les enfants malades ...

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KRISS jeu 15/10/2020 - 14:10

Désolé ce ne sont pas les enfants qui sont malades mais les parents ! Parent 1 ou parent 2 ou parent zéro et triple zéro aujourd'hui possible? Ne voyez-vous la situation vers laquelle des inconscients, des fous apprentis-sorciers nous emmènent? Assez de vos simagrées auto-névrosées et vos auto-pleurnicheries en cœur, cœurs que justement vous n'avez plus pour nos enfants ! Si c'est ça la femme nouvelle mieux vaut retourner à vos casseroles! Mieux vaut laisser les hommes continuer leurs conneries elles seront bien moins graves pour l'avenir et le bonheur de vivre de nos enfants si toutefois à 9 mois vous les laissez naître !! Incroyables bouffonnes!

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KRISS lun 12/10/2020 - 16:41

Oh buena madre ! Oh maman! Que ne vois-tu heureusement aujourd’hui ? D’un coté cette sensiblerie féminisante dramatisant à l’extrême une situation difficile certes mais parfaitement maîtrisable soi-même en couple avec un peu de courage et de l’autre ces mêmes viragos de salons laissant passer sans broncher l’IMG jusqu’au 9e mois? Où allons-nous? Ainsi pour un malheureux accident sur un fœtus tout un tintouin pleurnichard mais l’assassinat d’un pauvre être sans défense dont la femme est la première responsable d’existé et d’aucune ne pleurniche et ne « soulève le voile » de l’ignominie justement. Incroyable civilisation, incroyable féminité qui veut changer le monde en larmoiement perpétuel ! La «détresse psychosociale» pour une femme, ben non c’est tout le bon sens et la simple morale de nos jours qui sont en « détresse psychosociale » et plus si stupides affinités! Il ne manque plus maintenant qu’un hurluberlu homme fasse un bouquin sur la détresse de sa prostate expatriée qui gonfle au soleil du Maroc et l'empêche de ne plus se sentir pisser. Excusez ma vulgarité dialectique mais elle répond à celles mentales de ces gens là qui ne pensent qu' à eux!

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PSa lun 12/10/2020 - 15:56

J'ai bien aimé cet article.

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