Homosexualité, dangerosité, pandémie : tout savoir sur la variole du singe

Par Natacha Marbot | Publié le 29/05/2022 à 13:39 | Mis à jour le 29/05/2022 à 18:07
La variole du singe

La variole du singe (aussi appelée « Monkeypox » ou MKP) a fait son entrée fracassante dans des zones non endémiques de la maladie, l’Europe et l’Amérique du nord notamment, créant ainsi la peur d’une nouvelle pandémie, quand celle du Covid-19 touche à peine à sa fin. Les symptômes étant assez impressionnants, de nombreuses fausses informations circulent à son propos. lepetitjournal.com revient pour vous sur les principales infos et intox. 

 

Le nom de variole du singe provient de la découverte initiale du virus chez des singes dans un laboratoire danois en 1958. Il existe deux groupes viraux de la variole du singe : le groupe viral ouest-africain et le groupe viral du bassin du Congo (Afrique centrale). Le premier cas humain a été identifié chez un enfant en République démocratique du Congo en 1970. Pour l’instant (à la date du 22 mai), 250 cas ont été recensés par l’OMS en dehors des foyers habituels de la maladie dont 7 en France le 25 mai.

 

 

La variole du singe est une maladie d’homosexuels

FAUX. La variole du singe n’est pas une IST (infection sexuellement transmissible) en soi. Elle se propage par le contact avec des sécrétions infectées des voies respiratoires, des lésions cutanées d’un sujet infecté ou des objets récemment contaminés par des liquides biologiques, comme le sang ou la salive. On peut donc aussi se contaminer au contact de l’environnement du malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain). Ainsi évidemment, les relations sexuelles avec des personnes infectées présentent des risques de contaminations - indépendamment de leur orientation sexuelle.

Le fait d’être un homme homosexuel ou bisexuel n’est pas un facteur aggravant en termes de risques. En revanche, le fait d’être multi-partenaire peut l’être - encore une fois indépendamment de l’orientation sexuelle. Cependant, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont plus exposés que la population générale en raison d'un nombre de partenaires sexuels plus important que la moyenne. L’OMS indique aussi qu’ils seraient plus nombreux dans les cas recensés car les hommes homosexuels ou bisexuels sont plus proactifs en matière de consultation médicale.

Le rapprochement homosexualité masculine - variole du singe a été fait, en plus de l’amalgame classique remontant aux années 80 et à l’épidémie du VIH, car des clusters ont été repérés en Europe après des évènements gays (un festival fétichiste en Belgique et une Pride aux îles Canaries). Tous les évènements brassant du monde et invitant à la promiscuité sont des lieux de facteurs de risque de contagion.

Les associations LGBT et ONUSIDA alertent sur les amalgames dangereux qui sont faits entre la variole du singe et l’homosexualité masculine. « La stigmatisation et le blâme minent la confiance et la capacité à réagir efficacement lors d'épidémies comme celle-ci », a déclaré Matthew Kavanagh, Directeur exécutif adjoint de l'ONUSIDA.

La variole du singe est plus dangereuse que le Covid-19

FAUX. La variole du singe est une zoonose virale (un virus transmis à l'homme par les animaux) avec des symptômes très similaires à ceux observés dans le passé chez les patients atteints de variole, bien qu'elle soit cliniquement moins sévère. L’OMS se veut optimiste car elle ne voit pas de signe d’une mutation du virus. « La maladie infectieuse n’a pas tendance à évoluer », a fait valoir l’organisation, relevant que ce virus présentait moins de mutations mais que le séquençage permettrait de mieux comprendre la récente flambée de nouvelles infections.

À la différence du Covid, une personne infectée par la variole du singe n'est pas contagieuse avant le début des symptômes.

La variole du singe ne se propage pas de la même façon que le Covid-19. Les symptômes peuvent être très similaires à ceux ressentis par les patients atteints de variole, bien qu’ils soient moins graves cliniquement. Ces symptômes sont néanmoins visuellement dramatiques, avec des pustules en relief et une fièvre qui peut durer de deux à quatre semaines.

« De manière générale, le taux de létalité dans les épidémies de variole du singe est de 1 à 10 % », affirme l'OMS (entre 2 et 3% pour le Covid-19). Ces chiffres sont cependant à relativiser car ils proviennent des pays endémiques de la variole, soit en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, où les soins médicaux sont malheureusement loins du niveau des hôpitaux européens et occidentaux : ce taux de létalité serait donc bien inférieur en France par exemple.

 

vaccin pour la monkeypox illustration

 

La variole du singe ne se soigne pas et ne se prévient pas

VRAI et FAUX. La variole du singe se soigne généralement d’elle-même en deux ou trois semaines pour les patients n’étant pas dans le groupe des personnes à risques. Ce groupe rassemble les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les jeunes enfants. La période d'incubation de la variole du singe est généralement de 6 à 13 jours mais peut aller de 5 à 21 jours.

Les autorités sanitaires recommandent tout de même une vaccination contre la variole humaine, efficace à 85% contre la Monkeypox, dans le cas ou le patient aurait été en contact avec quelqu’un de contaminé. Pour ce public, la vaccination doit avoir lieu « idéalement dans les 4 jours après le contact à risque et au maximum 14 jours plus tard », explique la Haute autorité sanitaire. Brigitte Bourguignon, la nouvelle ministre de la Santé a indiqué que la France possédait un stock suffisant de vaccins pour les cas contacts potentiels.

Le sérum en question est Imvanex, un vaccin danois développé par la firme Bavarian Nordic. Ce vaccin, de troisième génération, présente moins de risques que les vaccins antivarioliques précédents. Il est déjà régulièrement administré aux personnes immunidéprimées comme celles atteintes du VIH. À savoir que les personnes de plus de 50 ans ont déjà été vaccinées contre la variole car le vaccin était obligatoire jusqu’en 1979.

 

 

 

natacha marbot

Natacha Marbot

Natacha Marbot, étudiante rennaise diplômée d’un master de Relations internationale à l’Inalco en 2022, russophone et spécialisée sur l’espace post-soviétique. Elle a rejoint l’équipe de rédaction internationale pour un stage d’avril à juillet 2022
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