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Ces retraités français qui sont partis vivre à l’étranger

Par Damien Bouhours | Publié le 11/07/2021 à 18:00 | Mis à jour le 12/07/2021 à 09:17
Des retraités en expatriation

L’expatriation s’arrête-t-elle à la fin de la vie professionnelle ? Pas du tout ! Ils sont plus de 1,1 million, jeunes ou moins jeunes seniors, à avoir décidé de vivre leur retraite à l’étranger. Mais qu’est-ce qui les a motivés à quitter la France et quelles sont les difficultés rencontrées ?

 

D’après des chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, on dénombrait au 31 décembre 2019 plus de 14 millions de retraités en France. Parmi eux, 91,7 % résident en France et 8,3 % à l’étranger, soit plus de 1,1 million de retraités expatriés. Parmi eux, 52,4% vivent en Europe, 41,5% en Afrique, 3,1% en Amérique, 2,6% en Asie et 0,3% en Océanie. Mais qu’est-ce qui poussent ces séniors français à partir vivre leur retraite à l’étranger ? Des séniors expatriés nous ont partagé leur témoignage.

 

Carte de répartition des retraités à l'étranger

 

L’amour, un besoin de renouveau, … ce qui a poussé ces retraités à s’expatrier

Si les retraités représentent une part non-négligeable des expatriés français à l’étranger, quelles sont les raisons qui les ont poussés à sauter le pas ? Les réponses les plus courantes sont connues et d’ailleurs résumées par les résultats de l’enquête Opinionway pour MySilverway : le coût de la vie et l’envie de soleil.

 

J'ai tout quitté à 68 ans…

 

Mais des évocations plus poétiques ont émergé de vos témoignages. Ainsi pour certains, le chemin le plus court a été celui du coeur. « Mon épouse étant andalouse, il s'agit d'un projet de toujours. La retraite constituait le moment le plus opportun. L'Espagne était et est ma seconde patrie. Nous y avons famille mais aussi beaucoup d'amis et connaissances », nous explique Jean-Luc. « Ma femme est thaïlandaise. Elle préfère vivre dans son pays plutôt qu'en France. », souligne également Olivier. Pareil pour Eva, qui a traversé les Pyrénées pour son mari « d’origine espagnole ».

 

Et si la retraite était le meilleur moment pour se lancer un challenge ? Pour Françoise, un deuil a été l’élément déclencheur : « Suite au décès de mon mari, j'ai décidé de quitter la France et ai choisi Berlin en Allemagne comme choix de vie. J'ai tout quitté à 68 ans… »

 

Dominique, expatrié en Italie, avait également besoin de renouveau et souhaitait : « connaitre autre chose, rencontrer d'autres gens, recherche de la diversité, ouverture sur le monde, apprendre d'autres langues, promouvoir la France dans le monde ».

 

« Nous voulions quitter l'endroit où nous habitions mais rien ne nous tentait en France. Après réflexion, nous avons choisi le Portugal », nous explique également Erik.

 

Maurice actuellement à Singapour après une carrière internationale témoigne : « L’expatriation implique une immersion qui est toujours un défi et demande de se remettre en cause et changer ses habitudes ».

 

Le choix de ne pas être en France

 

Un certain ras-le-bol, des difficultés de santé… le départ forcé de France

Parfois on ne part pas de gaieté de coeur. Vous avez été nombreux à nous exprimer votre mécontentement envers une France avec laquelle vous ne vous sentez plus en adéquation, et parfois l’insécurité que vous y ressentez. Jean-Pierre, expatrié en Thaïlande, résume ainsi : « La mentalité des Français se détériore. Le sourire y est devenu inexistant, et ne parlons pas de l'incivilité qui progresse à grands pas ». Eva, expatriée en Espagne, explique qu’en plus d’un climat plus favorable, elle a fait le « choix de ne pas être en France », et qu’elle ressentait « un peu un ras le bol ».

 

C’est pour une raison plus terre-à-terre que certains décident également de quitter la France. Christian, expatrié en Tunisie, souffrant du syndrome de Guillain-barré et d’arthrose, a dû partir vers un pays aux températures plus clémentes : « pour atténuer ces douleurs, avec le conseil de plusieurs médecins, il me fallait quitter ma région humide pour une région semi-aride où le taux d'hydrométrie est bas. »

 

Des retraités en pleines démarches administratives

 

La retraite en expatriation, un chemin semé d’embûches

Mais est-ce que prendre sa retraite à l’étranger simplifie forcément la vie ? Si des pays comme le Maroc ou l’Espagne sont avantageux en termes de coûts de vie ou de fiscalité, toutes les démarches ne sont pas forcément plus simples à l’étranger.  Comme vous avez été nombreux à nous le préciser : il y a l’envie de partir et il y a ensuite… l’administration. « Les démarches administratives sont compliquées », nous résume ainsi Erik, expatrié au Portugal, dont il ne maîtrise pas la langue. « L'administration espagnole est un peu lente et le Covid n'a pas aidé pour les changements de documents », confesse Patrick.

 

Louis, retraité en Thaïlande, nous explique le marathon administratif : « Evidemment tout n'est pas rose, pour moi c'est l’immigration. Les procédures des retraité sont les suivantes :

  • 1 tout d'abord le Visa
  • 2 tous les 90 jours il faut se signaler (envoi de copies du passeport, adresse, etc.)
  • 3 "Notification of stay" : nous devons signaler notre position si l'on sort de la province
  • 4 Il est nécessaire d'obtenir un visa pour ré-entrer lors d'un voyage à l'extérieur du pays sinon votre visa est annulé ».

Christian prend la situation avec philosophie : « L'administration tunisienne est très lente et l'on a faire à des personnes plus ou moins sérieuses mais avec le temps tout s'arrange .... il suffit d'être patient ! ».

 

Des retraités masqués pendant la pandémie de Covid 19

 

Retraité à l’étranger pendant le Covid-19 : la santé comme préoccupation principale

Vous avez été nombreux à vous inquiéter pour votre situation médicale, en particulier depuis la crise du Covid-19. Quand le système de santé est moins bon qu’en France, comme c’est le cas au Maroc, il est préférable de rentrer se faire soigner dans l’Hexagone.

Isabelle, qui passe sa retraite aux Etats-Unis, regrette le système médical français : « rien à voir avec la France ». « Ici, tout est technique, pas d'échanges avec le personnel médical, manque de soins existants en France tels que kinésithérapie, soins/déplacements à la maison...et, de plus très chers », ajoute-t-elle.

 

Une couverture santé permet de rassurer, autant faut-il trouver la bonne ! Françoise n’a pas réussi à trouver « une solution rassurante pour les assurances santé ». Elle ajoute : « je suis assurée en sécu à la MGEN qui ne veut pas m'accepter en complémentaire. Donc je dois payer une complémentaire en France pour être soignée et couverte correctement. A Berlin je suis à une assurance publique pour les soins de base. Sinon il faut payer des assurances complémentaires et privées, chères pour les soins dentaires, les soins oculaires et autres. L'assurance santé pose certains problèmes quand on choisit de s'expatrier à un certain âge. »

 

Qu’on soit jeune ou un peu moins jeune, l’expatriation reste une aventure qui ne s’improvise pas. Tout est question d’organisation, comme l’explique Claudette, retraitée en Espagne : « pour moi, il s'agissait juste d'un déménagement. De plus, nous avions bien préparé notre installation à tous les niveaux. Nous disposions de tous les documents nécessaires et n'avons ainsi rencontré aucune difficulté administrative ou autre ».

 

Alors avant de partir vivre votre retraite à l’étranger, renseignez-vous et prenez le temps de tout préparer en amont ! N’hésitez pas à consulter nos différents guides et informations sur la retraite à l’étranger pour faire de cette nouvelle étape de votre vie, une véritable deuxième jeunesse.

Que pensez-vous de vivre votre retraite à l'étranger ?
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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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