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EXPATRIATION - Gérer des vacances “obligatoires”

Par Marie-Pierre Parlange | Publié le 20/08/2017 à 07:36 | Mis à jour le 30/08/2018 à 13:54
vacances expatriation

Passer du temps en famille pendant les vacances en France ? Obligé ! Faire des centaines de kilomètres en quelques jours pour arriver à apercevoir tout le monde ? Obligé ! Frôler la crise de foie ? Obligé ! Vous rêviez de repos, de changer d’itinéraire, de rentrer incognito ? Ce sera pour une autre fois ! Les expatriés sont attendus (au tournant ?) lors de leur passage en France.

Les vacances en France ? Un retour aux sources qui fait un bien fou. Ces retrouvailles tant attendues sont irremplaçables. Pourtant, elles s’accompagnent souvent d’un drôle de sentiment, celui d'être comptable de la façon dont on dispose de ces congés mérités. Un séjour trop court ici ? Paf ! La petite phrase culpabilisatrice tombe : « Vous repartez déjà ? ». Vos meilleurs amis se réunissent une semaine et vous réclament ? Impossible d’y aller, ça tombe pile pendant le mariage de votre cousin - pas revu depuis 15 ans - à l’autre bout de la France : «tu ne peux pas faire ça à Tante Sophie! ».  Vous aviez envie d’un bol d’air sur la Côte Atlantique ? Raté, vos sœurs ont réservé un gîte dans la Creuse. Votre petit dernier est totalement déboussolé avec le décalage horaire ? Vous n’échapperez pas à quelques remarques perfides sur votre éducation laxiste, sans compter qu’on s’étonnera de vous voir passer l’aspirateur (« ça te change hein ? Pas trop dur ? »). C’est qu’inconsciemment (ou consciemment !!) on ne vous pardonne pas toujours d’être parti vivre au bout du monde…

Serrer les dents


En toutes circonstances, l’expatrié en vacances doit donc optimiser, ménager les susceptibilités, faire des compromis et surtout, garder le sourire, au risque d'entendre murmurer « ils se la pèteraient pas un peu, ceux-là, depuis qu'ils sont partis ? » ! C’est ça, les vacances « obligatoires », des passages obligés dans une bonne humeur parfois forcée. Des vacances heureusement souvent très sympa mais épuisantes, où le GPS est votre meilleur allié vu le temps que vous passez sur les routes, et où le citrate de Bétaïne est un must quotidien si on veut enchaîner sans trépasser les apéros arrosés et autres dîners gargantuesques préparés spécialement pour vous (« Ressers-toi, t’en trouves pas des andouillettes comme ça hein, dans ton pays !! »).

Pourquoi les vacances « obligatoires » touchent-elles particulièrement les expats ? Mais parce que, le reste de l’année, ils ne sont pas là pardi ! Tout se concentre donc sur ces quelques jours tant attendus. Pour desserrer l’étau, il y a bien quelques principes à appliquer, mais à l’efficacité relative :

-       Beaucoup de planification en amont, surtout si vous êtes issu d’une famille nombreuse et que vous souhaitez vous réunir. Les tractations sur les dates des retrouvailles peuvent parfois commencer un an à l’avance. Et si vous dégainez le premier, vous aurez peut-être gain de cause sur le choix de la semaine/du lieux…

-       Acceptez que beaucoup ne changent pas leur planning pour vous voir. Ils sont en vacances ! (Et vous, c’est toute l’année ! ah ? non ?). On attend de vous que vous fassiez un petit effort (comprenez, un détour de 300 bornes).

-       N’espérez pas que l’on s’intéresse particulièrement à votre quotidien, et évitez d’évoquer vos éventuelles difficultés. L’expatrié a une vie de rêve, c’est bien connu, on ne va pas le plaindre non plus !

Ces postulats étant posés, il n’y a plus qu’à être philosophe : admirez les magnifiques paysages de France, fondez pour un croissant pur beurre trempé dans votre café et autres plaisirs culinaires, et surtout, surtout, laissez-vous attendrir par les petits défauts de vos proches plutôt que de laisser la moutarde vous monter au nez. Profitez bien d’eux.

Bonnes vacances à tous !
 

Marie Pierre Parlange

Marie-Pierre Parlange

Diplômée de l'EM Lyon, de chinois et d’Histoire de l'Art, elle a vécu de nombreuses expatriations, de Milan à Singapour en passant par Istanbul, Casablanca, Pékin ou Bangkok. Elle a rejoint lepetitjournal.com en 2008 et en est la directrice éditoriale.
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