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Dominique Tchimbakala- "Les anciens élèves sont la mémoire des lycées"

Par Damien Bouhours | Publié le 10/03/2020 à 10:48 | Mis à jour le 10/03/2020 à 16:06
dominique tchimbakala

La présidente de l’Union-ALFM, Dominique Tchimbakala, s’est entretenue avec nous en pleine période de transition pour l’association, qui souhaite plus que jamais relever le défi de connecter et aider les anciens élèves des Lycées Français du monde.

 

La plateforme numérique de l’Union-ALFM permet de tisser un lien entre les anciens élèves. Mais est-ce facile de connecter des personnes aux parcours aussi variés et aussi dispersés dans le monde ?

Dominique Tchimbakala - J’ai plutôt tendance à dire que non. Nous sommes tous très différents mais nous avons tous un point commun qui est cette expérience d’avoir étudié dans un lycée français à l’étranger et d’être tous francophones. Dans cette communauté très diverse, on peut trouver des gens qui ont des points communs, comme un secteur d’activité, un type d’études ou des centres d’intérêts culturels ou artistiques. Ces thématiques permettent de rassembler les gens.

Nous avons actuellement 7880 personnes inscrites sur la plateforme. Nous espérons doubler au moins ce chiffre. Jusqu’à la fin de l’année, nous avons pour objectif de refondre la plateforme pour qu’elle ne soit pas juste un annuaire mais pour la rendre plus dynamique, en créant davantage de groupes thématiques pour que les dialogues et les mises en relations se fassent de manière naturelle. Nous souhaitons également fournir plus de services à nos adhérents.

 

En quoi il est important pour l’Union-ALFM d’être plus autonome pour se développer ?

Nous avons eu beaucoup de chance jusqu’ici d’être grandement épaulés par l’AEFE. On fête cette année nos 10 ans, ce qui devrait être l’âge de la majorité pour les associations. C’est donc important que nous puissions aller chercher des fonds extérieurs pour aider l’association à se développer. Nous avons trouvé TV5 Monde l’année dernière. L’idée est d’élargir le nombre de nos partenaires.

On estime à 600.000 le nombre d’anciens élèves des Lycées français de l’étranger à travers le globe. Cette communauté n’est pas formalisée. Si on arrivait à monter cette communauté mondiale, on serait sans doute la communauté francophone la plus large au monde. C’est ça l’enjeu. Nous ne sommes pas tous français mais nous sommes tous francophones. C’est un beau défi de faire émerger cette communauté et de la faire vivre.

 

Nous avons envie de partager tout ce que nous avons eu la chance de recevoir

Vous insistez beaucoup sur la notion de solidarité entre anciens élèves. En quoi est-ce essentiel ?

Cela nous parait juste une évidence. C’est ce qu’on a vécu dans nos établissements. On a coutume de penser que ce sont des milieux homogènes, ils ne le sont pas tant que ça. On trouve des populations diverses dans les établissements français à l’étranger. C’est vrai que les anciens élèves sont la plupart des populations privilégiées. Quand on a beaucoup reçu, on a aussi envie de redonner. Nous avons envie de partager tout ce que nous avons eu la chance de recevoir. La solidarité c’est aussi ça.

 

Nous sommes les héritiers des établissements français à l’étranger

La réforme de l’AEFE a prévu une place pour les anciens élèves dans le conseil d’administration. Qu’est-ce que cela va changer ?

Les anciens élèves sont la mémoire des Lycées français à l’étranger. Dans tous les établissements français, il y a des lieux de mémoire comme l’arbre de la cour de récréation. Au Lycée Pierre-Mendès-France de Tunis, pendant des années, c’était le portail bleu. C’est notre rôle de faire vivre cette mémoire.

Nous sommes les héritiers des établissements français à l’étranger mais aussi les dépositaires de cet enseignement. Ce que cet enseignement va devenir nous intéresse au plus haut point. Quand des parents décident de mettre leurs enfants dans un établissement français à l’étranger, ils regardent aussi qui sont les personnes qui sont passées par cet établissement. Il ne faut pas que nous soyons uniquement une vitrine. Nous avons envie que les valeurs qui nous ont forgés continuent d’exister. C’est pour cela que notre place au sein du conseil d’administration de l’AEFE est importante. Cela nous permet aussi d’être le porte-parole de toutes les associations locales d’anciens élèves qui peuvent avoir voix au chapitre dans leur établissement mais pas au niveau national et mondial.

 

dominique tchimbakala
L’association Happih est le lauréat 2019 du Prix de l’Engagement de l’Union-ALFM, remis lors du Forum professionnel chaque année. Sa Présidente, Rita Sekkat, est à gauche de Dominique Tchimbakala.

En novembre dernier a eu lieu le premier forum professionnel de l’Union-ALFM, quel bilan pouvez-vous en tirer ?

On est très heureux de ce premier forum professionnel, qui a permis de faire se rencontrer les acteurs du monde du travail et les membres de notre communauté. Je remercie d’ailleurs TV5 Monde qui est notre premier partenaire privé et qui s’est engagé avec nous sur ce premier forum professionnel. Plus de 200 personnes étaient présentes. Une quinzaine d’entreprises et d’organisations sont venues y participer. On a eu des rencontres, des sessions de mentorat, des témoignages de jeunes expatriés, des échanges de CV ou encore des propositions de stage.

Nous étions également très heureux de nous retrouver en dehors des forums mondiaux, qui auront toujours lieu tous les deux ans avec l’appui de l’AEFE. Nous n’avions pas d’évènement qui nous permette de nous rassembler chaque année à Paris, qui représente une plaque tournante pour nos anciens élèves. Les adhérents, les sympathisants et les partenaires de l’association étaient ravis de ce forum qui était très convivial.

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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