Samedi 7 décembre 2019
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

OLIVIER BROCHET - "L’enseignement français : l’excellence pour tous"

Par Damien Bouhours | Publié le 18/11/2019 à 18:00 | Mis à jour le 19/11/2019 à 07:00
Olivier brochet AEFE

Le plan de développement de l’enseignement français à l’étranger était l’un des plus attendus par les expatriés. Le directeur de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), Olivier Brochet, revient avec nous sur les enjeux de ce plan et la stratégie de l’Agence pour mener à bien ce chantier titanesque.

 

Les ambitions du Président de la République sont de doubler le nombre denfants scolarisés dans les Lycées français dici 2030. Quelles sont les nouvelles organisations que l’AEFE met en place dans ce cadre ?

L’AEFE est la colonne vertébrale du réseau et a été chargée de porter cette expansion en lien avec les ambassades et le quai d’Orsay qui sont chargés d’identifier le potentiel  de développement. L’idée étant de déterminer la place du dispositif français par rapport à la concurrence et de voir comment les établissements existants peuvent grandir et quels établissements devraient se créer.  Nous accompagnerons donc tout ce travail d’analyse qui a été et sera réalisé.

 

Depuis le 1er janvier 2019, nous avons un service de l’appui au et du  développement du réseau au sein de l’Agence et nous envoyons ses responsables prendre contact avec ces nouveaux partenaires qui se manifestent et qui ont été validés par les ambassades comme ayant des projets solides et cohérents par rapport à la stratégie locale. Nous identifions avec ces nouveaux projets quels sont leurs besoins d’accompagnement pour aller le plus rapidement possible vers l’homologation. Depuis le début de l’année, nous avons déjà signé plus d’une vingtaine de conventions d’accompagnement avec des établissements et une vingtaine d’autres sont en négociations. Nous sommes là pour accompagner et stimuler cette dynamique et faciliter l’accès.

 

Nous devons valoriser l’inclusion au sein de nos établissements

 

Quels sont les enjeux de l’AEFE suite à l’annonce de la réforme de l’enseignement français à l’étranger ?

 

Le premier enjeu est la valorisation de l’enseignement français à l’étranger pour renforcer ses atouts et les faire connaître, pour créer l’intérêt des familles mais aussi des investisseurs. Nous sommes dans une compétition internationale en matière d’éducation. Le nôtre a une bonne renommée mais il faut garantir qu’elle s’accroisse. Il faut sortir du cadre de ceux qui connaissent l’enseignement français pour toucher des familles qui sont à la recherche d’un enseignement de qualité. A nous de montrer que l’on apporte une réponse aux besoins des familles.

 

La dimension plurilingue de nos établissements est également à mettre en avant. Nous avons 168 sections internationales dans les Lycées français à l’étranger, cela représente un tiers des sections internationales dans l’ensemble de l’enseignement français. Notre objectif est de doubler ces sections internationales dans les trois prochaines années, ce qui correspond à une véritable demande. Ces sections internationales existent depuis le primaire et en plusieurs langues : principalement en anglais mais aussi en espagnol, allemand ou encore arabe. Cela fait la différence notamment avec le système anglophone qui ne garantit pas le plurilinguisme des élèves, contrairement à nous.

 

Nous devons également valoriser l’inclusion au sein de nos établissements. L’enseignement français à l’étranger est un enseignement d’excellence pour tous. Nous allons accentuer ce travail de fond et lors de la semaine des Lycées français du monde nous avons justement un colloque sur l’inclusion pour approfondir la problématique et pour avoir pour l’année 2020 une véritable politique de l’inclusion et la généraliser au niveau de l’Agence.

 

 

Combien faudra-t-il d’établissements nouveaux et quelle sera la proportion entre élèves français et élèves étrangers ?

 

Les proportions sont déjà différentes entre établissements mais si on parle des chiffres tendanciels, on restera probablement sur une proportion de deux tiers d’élèves étrangers et un tiers d’élèves français. Aujourd’hui, il y a des grandes villes secondaires dans les pays qui n’ont pas d’établissement français et on ne pourrait pas en créer un pour les quelques familles françaises présentes sur place. Mais si on arrive à faire prendre cette dynamique auprès des publics locaux pour développer des établissements, cela bénéficiera aussi à ces Français.

Quant au nombre de nouveaux d’établissements, cela reste difficile à dire, même si on sait que l’on aura peu de créations de grands établissements et plutôt des petites structures qui sont vouées à grandir. La réflexion sur la stratégie de développement se fera localement avec tous les acteurs.

 

Beaucoup de gens ont retenu que l’idée que la réforme est un plan d’intégration de nouveaux établissements, ce qui est vrai. L’effet d’annonce a permis pendant l’été d’augmenter le réseau de 31 nouveaux établissements et de 15.000 le nombre d’élèves scolarisés. Une part de la croissance se fera donc par cela, mais l’existant n’est pas oublié et il bénéficiera de cette dynamique.

 

Il nous faut des enseignants bien formés et qui garantissent la qualité de l’enseignement

 

Quelle est la stratégie de l’AEFE quant au recrutement et à la formation des nouveaux enseignants nécessaires suite à cette réforme ?

 

Si on veut doubler le nombre d’élèves, il faudra certainement doubler le nombre d’enseignants. Il nous faut donc des enseignants bien formés et qui garantissent la qualité de l’enseignement. Pour ce faire, il y a plusieurs ressources. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger a plus de 6000 personnels  enseignants titulaires. Il y a environ 2500 titulaires de l’Education nationale qui sont des détachés directement auprès des établissements partenaires. Et  le ministre de l’Éducation nationale a annoncé que 1000 nouveaux titulaires partiront dans le réseau auprès des établissements partenaires.

 

Dans le cadre du Master MEEF, la mise en place d’un certificat  d’aptitude à l’enseignement français à l’étranger permettra aussi à des étudiants de partir dans des établissements français à l’étranger. Il faudra s’assurer que ces jeunes diplômés puissent monter en compétence rapidement. Dès 2021, nous commencerons d’ailleurs à avoir des étudiants en stage dans nos établissements.

 

La croissance se fera aussi par le développement du recrutement local de Français ou de ressortissants locaux. L’enjeu est donc la formation. Nous travaillons à la mise en place dès le 1er janvier prochain de 16 instituts régionaux de formation pour permettre de renforcer la politique de formation, notamment auprès des néo-recrutés locaux. Cette offre de formation sera développée avec toutes les structures disponibles, les nôtres mais également celle du Ministère de l’Éducation nationale et des opérateurs qui ont leur propre dispositif comme la MLF.

 

 

Quelle est la stratégie de l’AEFE envers ses anciens élèves et notamment envers l’ALFM ?

 

Il y a beaucoup d’établissements qui avaient leur propre association, c’est pour cela que l’ALFM est née. Après  presque 10 ans (création avril 2010), il est apparu que l’ALFM devait prendre pleinement son essor. Nous continuerons de soutenir l’ALFM et le travail de sa présidente Madame Tchimbakala et de ses équipes. Il est prévu de doubler le nombre de représentants des parents d’élèves au sein du Conseil d’administration de l’AEFE, mais également de créer un siège au CA pour les anciens élèves du réseau, ce qui n’existait pas auparavant.

 

De notre côté, pour ce qui est des jeunes anciens élèves, nous conservons Agora, qui continue de se développer avec plus de 80.000 membres et qui met en place de nombreux projets dont le dispositif ADN-AEFE. Plus de 500 échanges scolaires ont eu lieu l’année dernière et nous prévoyons en 2020, 1000 échanges scolaires entre établissements à l’étranger mais aussi avec des établissements en France.

 

La maternelle est là où on pose les bases de la réussite

 

La 3e édition de la Semaine des lycées français du monde est programmée du 18 au 22 novembre 2019. Elle propose de rassembler tous les établissements du réseau autour de la thématique : « De la maternelle au baccalauréat : l’enseignement français pour réussir ». Pourquoi cette thématique ?

 

Monsieur Blanquer est le parrain de cette 3e édition. Nous organisons un certain nombre d’évènements à Paris et à Londres, qui seront diffusés sur nos différents réseaux et qui donneront aussi des éléments de communication à nos établissements, qui vont présenter les attraits de l’enseignement français à l’étranger. Plus de 200 établissements se mobilisent également durant cette semaine à travers différents évènements locaux.

 

Si nous avons voulu faire un focus sur la maternelle et le baccalauréat, c’est pour montrer ce qui fait la force de l’enseignement français à l’étranger. La maternelle est un produit phare de l’enseignement français à l’étranger. C’est le point d’entrée dans le système. Pédagogiquement parlant, la maternelle est là où on pose les bases de la réussite et c’est aussi ce qui nous différencie des autres systèmes éducatifs internationaux. Nous devons également valoriser le nouveau baccalauréat, qui est le point d’orgue de ces 15 années d’études. Les parents doivent être rassurés par ce baccalauréat qui permet des débouchés à leurs enfants dans les meilleurs établissements supérieurs français mais aussi étrangers.

Nous vous recommandons

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
9 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Pierre mer 20/11/2019 - 04:22

Mes commentaires ne sont pas redirigés ! difficile dialogue !

Répondre
Commentaire avatar

KRISS dim 24/11/2019 - 23:01

"Dialogue" aujourd'hui ? Avec de tels personnages totalement en dehors de vos réalités ? Mais le bénévolat ne devrait pas même exister vu les impôts que nous payons! Vous n'avez encore pas compris qu'ils vous disent de seulement traverser la rue ou l'Océan qu'importe, pour vous démerdez seul en évitant les autres requins bien sur ? Quémander quoi quand ils se servent eux-mêmes les uns à la suite des autres sur nos impôts par des émoluments hors de proportion vus leurs résultats qu'on ne juge d'ailleurs jamais? Jusqu'à quand serez-vous crédule? Vous voudriez dialoguer sur quoi avec "ces gens là", ils ne font que de la politique : " chez eux...on ne cause pas on ne cause pas monsieur on compte " ? Ainsi si Brel ne vous suffit pas relisez plutôt La Fontaine qui s'y connaissait lui aussi en .......poiscaille : ..... Avec le BROCHET son compère....... …. Ne soyons pas si difficiles : Les plus accommodants, ce sont les plus habiles : On hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de rien dédaigner ; Surtout quand vous avez à peu près votre compte. Bien des gens y sont pris ; ce n’est pas aux Hérons Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ; Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons

Répondre
Commentaire avatar

Pierre mer 20/11/2019 - 04:21

Pourquoi ne jamais parler des ONG françaises qui enseignent le français et apportent une formation professionnelle en français ! Nous sommes les petites mains de la diffusion du français dans le monde et nous aussi cherchons l'exellence avec des BENEVOLES diplômés qui offrent leur temps et leur énéergie. Où sont passées les subventions, les aides institutionnelles ? Pourquoi personne ne nous contacte ? Pourquoi personne ne nous considère ? autrement que par : "C'est bien ce que vous faites" !

Répondre
Commentaire avatar

Pierre mer 20/11/2019 - 04:19

En tant que président d'une ONG française, je me permets de réagir à votre article. Nous enseignons le français (FLE) depuis plus de 5 ans à Siem Reap au Cambodge à des jeunes cambodgiens issus de milieu défavorisé. Notre enseignement sans être totalement gratuit est accessible à tous ! 5 $ / mois ! Nous sommes loin des prix des établissements scolaires, collèges et lycées et loin des prix des Alliance Françaises ! TRES LOIN ! Dans toutes les références que vous donnez, jamais il n'est question de ceux qui jour après jour en tant que "BENEVOLES" contribuent à la diffusion de la langue françaisese et soutiennet la francophonie. Des "aides institutionnelles" il n'en est même pas question ! Depuis la suppression des aides parlementaires, ce n'est que dossiers et paperasses ! On est "trop petit", on est "trop gros". . . Les courriers à la présidence, Monsieur ou Madame Macron, sont restés sans réponses. Les courriers à la francophonie sont dans la pile et les services des ambassades répondent ne pas avoir un cent à consacrer à des projets comme le notre ! Seule la générosité individuelle nous permet de maintenir un enseignement de qualité. Pourquoi ne pas nous contacter, parler des petites mains ... Merci de votre écoute

Répondre
Commentaire avatar

Pierre mer 20/11/2019 - 04:19

Pourquoi ne jamais parler des ONG françaises qui enseignent le français et apportent une formation professionnelle en français ! Nous sommes les petites mains de la diffusion du français dans le monde et nous aussi cherchons l'exellence avec des BENEVOLES diplômés qui offrent leur temps et leur énéergie. Où sont passées les subventions, les aides institutionnelles ? Pourquoi personne ne nous contacte ? Pourquoi personne ne nous considère ? autrement que par : "C'est bien ce que vous faites" ! !

Répondre
Voir plus de réactions

Installation

Madrid Appercu
VIE PRATIQUE

La double nationalité franco-espagnole bientôt possible

Avec ce nouvel accord, la France sera le premier pays européen avec lequel l'Espagne aura une convention de ce type, ce qui représente un véritable symbole de l’amitié entre les deux pays.