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Damien Regnard : "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent"

Par Selma Djebbar | Publié le 10/12/2019 à 18:00 | Mis à jour le 10/12/2019 à 20:59
Damien Regnard

Le Sénateur Les Républicains représentant les Français à l'étranger, Damien Regnard, a accepté de nous accorder un entretien où il est notamment revenu sur le développement du réseau AEFE, le rôle des élus ainsi que son discret passage en Corée du Nord.

lepetitjournal.com - Les ambitions du Président de la République sont de doubler le nombre d'enfants scolarisés dans les lycées Français d'ici à 2030. Est-ce que selon vous la réforme de l'enseignement français à l'étranger permettra d'atteindre cet objectif ?

Damien Regnard - Ce sont des objectifs ambitieux qui paraissent difficilement atteignables quand nous n'avons pas les moyens de les mettre en place. Le développement du réseau AEFE, nécessite des partenaires, des structures et surtout des enseignants. Aujourd'hui, nous avons un déficit d'enseignants, les académies n'ont plus les moyens de les envoyer à l'étranger, malgré une forte demande de « francophonie ».

Il y a des pays comme la Chine, l’Allemagne ou l'Espagne qui mettent des moyens colossaux à disposition de leurs centres culturels, on peut difficilement les concurrencer. Pour cela, il faudrait diversifier les sources de financement et être plus souple au niveau des programmes scolaires en incluant de nouvelles formules telles que les écoles bilingues, les programmes locaux enseignés en français etc...

Je suis partisan des partenariats locaux, l'homologation est là pour garantir les standards français. Il y a de grands établissements, que j'appelle « vaisseaux amiraux », et qui à mon avis, devraient capter l'essentiel des financements publics, et libéraliser en parallèle en ouvrant aux investisseurs privés.

Considérez-vous qu'il faille revaloriser le rôle des conseillers consulaires auprès de la communauté française à l'étranger ?

J'ai connu l'ancien système avant la réforme d'Hélène Conway-Mouret, en tant qu'élu à l'AFE, j'avais encore les « moyens » d'aller à la rencontre de mes électeurs et de faire mon travail. La réforme a multiplié, non pas la qualité, mais le nombre d’élus. Le Conseiller consulaire peut servir de relais avec l'administration, à condition d'avoir des contacts, sinon sa marge de manœuvre restera assez limitée.

Je regrette qu'au terme de cette réforme, nous repartions sur le même système. En ce qui concerne le Sénat, c'est une Institution connue pour être la « maison des Français de l’étranger », pour preuve les régulières sollicitations dont nous faisons l'objet et qui émanent d'associations, organisations qui ne sont pas nos électeurs forcément.

Ce qu'il faudrait revaloriser, c'est le fait que les conseillers consulaires sont « élus au suffrage universel direct ». La dénomination « Conseiller consulaire » pose problème dans le sens où les citoyens pensent qu'ils sont payés et travaillent pour le Consulat, alors qu'ils sont élus, bénévoles et souvent sans reconnaissance.

Nous allons vers le retour du vote en ligne. Êtes-vous satisfait de cette avancée ?

On dit souvent que les Français à l'étranger ne votent pas. Pour leur défense, ce n'est tout de même pas pareil de devoir rouler dix heures pour mettre un bulletin de vote et aller le déposer au coin de la rue quand on est en France.

Je suis en faveur de plus de sensibilisation, dans les consulats et sur les plate-formes institutionnelles, au sujet de l'importance du vote. Il faudrait inciter les citoyens à exercer leur droit de vote pour faire entendre leur voix et pour maintenir plus de bureaux ouverts.

En ce qui concerne le vote en ligne, un deuxième essai grandeur nature est prévu bientôt. (phrase supprimée) J'ai un doute concernant la mise en application du vote en ligne pour le moment, mais les « promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ».

Vous avez récemment séjourné en Corée du Nord, quel était le but de ce déplacement ?

Ce n'est pas parce que nos pays n'ont pas de relations diplomatiques, que cela veut dire que nous n'avons pas de relations du tout. Tous les ans, de jeunes étudiants coréens viennent étudier le français à Vichy ! Alors, on me dira que le nucléaire et les droits de l'Homme laissent à désirer. Oui, mais est-ce une raison pour fermer le dialogue ? Au final, les victimes des sanctions ne sont pas tant les dirigeants que les citoyens.

Il ne s'agit pas ici d'être pro ou contre un régime mais il s'agit de penser aux intérêts de la France. C'est pourquoi je suis allé à Pyongyang, où je ne suis pas allé en qualité de représentant de la France, puisque ce n'est pas le Sénat qui m'y a envoyé. Il s'agit d'une initiative personnelle, que j'ai préparé en amont auprès de fédérations sportives et d'ONG qui œuvrent sur place.

De grandes entreprises, de grands pays occidentaux se positionnent déjà et collaborent de façon détournée avec la Corée du Nord. La France aussi doit pouvoir trouver sa place et donner ce qu'elle sait faire de mieux.

Selma Djebbar Journaliste

Selma Djebbar

Traductrice de formation, diplomate spécialisée dans les pays d'Europe du Sud et aujourd'hui stagiaire en Journalisme - ESJ Paris -
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