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Olivier Cadic : « une démarche indépendante et pragmatique » pour les Sénatoriales

Par Damien Bouhours | Publié le 30/08/2021 à 18:00 | Mis à jour le 01/09/2021 à 21:44
Olivier Cadic candidat aux Sénatoriales

Le sénateur de l’Union Centriste Olivier Cadic dévoile dans cette interview exclusive les grandes lignes de son programme pour sa candidature aux prochaines sénatoriales. L’occasion de nous présenter sa liste « Libres et indépendants » et son approche non partisane et orientée vers le travail de terrain.

 

Les électeurs ont souvent témoigné leur confiance aux élus de terrain méritants, accessibles, secourables et redoublant d’initiatives

 

Quel bilan tirez-vous des dernières élections consulaires ?

Le fait même que les élections aient pu se dérouler à l'échelle du monde, dans un contexte compliqué, est déjà un succès. Il faut se réjouir de la familiarisation avec le vote électronique, initié en 2003 suite au vote de la proposition de loi de mon collègue Robert Del Picchia. Ce dispositif est essentiel pour mobiliser les électeurs français à l’étranger. 

 

J'ai remarqué que ces élections consulaires ont été très politisées, davantage que d’habitude. Beaucoup de candidats ont été sollicités pour porter une étiquette aux consulaires. Ils ont préféré se présenter en indépendants.

 

Certains élus avec une étiquette en 2014 ont également préféré se représenter en indépendants en 2021. Ils ont voulu être jugés sur leur seul travail d’élus de terrain.

 

Les électeurs savent faire la part des choses. Ils ont souvent témoigné leur confiance aux élus de terrain méritants, accessibles, secourables et redoublant d’initiatives. Certains ont créé des services d’information via internet ou un fil WhatsApp en faveur de nos compatriotes. Un élu a affrété un avion pour rapatrier des étudiants. Une autre a fourni gel hydro-alcoolique ou masques et kits sanitaires en pleine pénurie à nos compatriotes.

Les élections consulaires ont souvent récompensé des élus de terrain qui ont fait honneur à leur mandat, mais également des candidats qui avaient démontré un engagement fort au service de nos compatriotes, en dehors de toute considération partisane.

 

Je suis revenu de chaque déplacement en circonscription avec une priorité d'action

 

A l’aube des prochaines élections sénatoriales, quel bilan tirez-vous de votre propre mandat de sénateur ? 

A l'été 2021, je compte 404 déplacements dans 98 pays. Je suis revenu de chaque déplacement en circonscription avec une priorité d'action. Pour atteindre l'objectif fixé, je fonctionne comme un sénateur-entrepreneur, en mode projet en coordination avec les élus des Français de l’étranger et nos diplomates. 

Pour l’action consulaire, des élus m’ont orienté sur des priorités concernant la mobilité. Cela a abouti au vote de textes dont j’ai été le rapporteur au Sénat comme des protocoles d’accord (Andorre, Luxembourg) ou le projet de loi sur la reconnaissance des permis de conduire (Qatar, Chine). Dans le domaine de la sécurité juridique, j’ai fait voter une procédure d’alerte pour empêcher les adoptions forcées d’enfants français au Royaume-Uni qui doit tout à une conseillère des Français de l’étranger.

 

Protéger les droits de nos compatriotes nécessite également de chercher à influencer les législations ou administrations d’autres pays. Cela a été couronné de succès à Madagascar pour mettre un terme aux assassinats et enlèvements ciblant des compatriotes entrepreneurs ; au Maroc concernant la protection des salariés soumis au contrat de travail d’étranger (CTE) ; en Irlande pour sécuriser le droit des femmes ou encore au Royaume-Uni pour défendre le droit des Européens affectés par le Brexit.

 

Dans le domaine éducatif, cela s’est concrétisé par des créations (Bucarest, Bruxelles …), agrandissements ou financements d'écoles, d'Alliances françaises (Siem Reap) ou le dictionnaire en ligne franco-islandais Lexia (Islande). Cela s’est traduit au parlement par la reprise par le Président de la République de mon objectif de doublement de l’offre éducative à l’étranger et du vote par le Sénat, fin 2020, de mon amendement budgétaire d’un million d’euros pour la création d’un chèque Flam-éducation afin de consolider le développement du réseau Flam.

 

Concernant la diplomatie économique, mon action a participé à dynamiser le réseau des CCIFI (création à Maputo, événement annuel pour les présidents…), et à soutenir nos entrepreneurs installés à l’étranger. Au Parlement, cela s’est concrétisé par la rédaction de plusieurs rapports pour accroître la compétitivité de nos entreprises, la création d’une convention fiscale avec la Moldavie, ou la reconnaissance du rôle actif des entrepreneurs français à l’étranger dans l’aide publique au développement, suite à l’adoption de mon amendement dans la loi votée en juillet dernier.

 

Durant ce mandat, je suis passé par un cycle d’apprentissage qui m’a permis de comprendre les arcanes du fonctionnement parlementaire. J’ai également découvert le champ illimité des opportunités pour concrétiser les projets des élus des Français de l’étranger, en prenant le temps de m’investir sur le terrain auprès d’eux !

 

Si ces réussites collectives me permettent d’en tirer un vif sentiment d’accomplissement, j’en ressors avec la conscience que le contact étroit avec nos élus des Français de l’étranger m’a permis de m’améliorer au fil du temps et d’augmenter mon efficacité. Cela me rend donc optimiste sur ma capacité à faire encore mieux lors d'un second mandat.

 

L’aboutissement des projets menés souvent avec les élus des Français de l’étranger constitue ma plus belle réussite

 

Quelles sont vos plus belles réussites lors de ce mandat ? 

L’aboutissement des projets menés souvent avec les élus des Français de l’étranger, évoqués précédemment, constitue ma plus belle réussite. C’est la satisfaction de pouvoir faire de la politique autrement avec pour seul souci la recherche de résultats concrets.

 

Le plus beau jour de mon mandat a certainement été le 21 août 2019, en Russie à Kazan, qui a vu la désignation de la ville de Lyon pour accueillir les Olympiades des métiers en 2024.  Rencontré à Abu Dhabi lors de la cérémonie d’ouverture de 2017, le Président de Worldskills France m’avait désigné ambassadeur de cette candidature pour le Sénat. Je suis très fier que son successeur me propose de rejoindre le comité d’organisation des Worldskills Lyon 2024. Ces Olympiades transformeront l'image de l'apprentissage en France et offriront des perspectives nouvelles pour notre jeunesse.

 

Ma responsabilité au Sénat en matière de cybersécurité m’a amené à chercher à convaincre que l’État doit garantir un réseau internet propre, au même titre qu’il lui appartient d’offrir un réseau d’eau potable. En matière de cyber défense, la loi de programmation militaire m’a permis de demander de ne pas attendre de vivre un cyber 11 septembre pour combattre ceux qui veulent miner les démocraties de l’intérieur. Mes observations et anticipations sur la cyber m’ont valu de nombreuses invitations en France et dans le monde. Mon discours au Sénat américain, devant 340 participants venus de 80 pays, conclu sur cette injonction : « together, let’s make the world free again ! » constitue un souvenir inoubliable.

 

Je travaille avec tous les élus qui le souhaitent, sans parti pris

 

Qui sont aujourd’hui vos soutiens dans cette campagne ? 

Toutes celles et tous ceux pour qui « parler n’est pas agir ! » et qui se retrouvent dans une démarche indépendante, pragmatique et concrète. 

 

À commencer par Robert del Picchia, élu comme indépendant au Sénat en 1998, il a toujours défendu le débat d’idées et le droit pour chaque élu de s’exprimer et faire connaître sa réalité, ses besoins. Réélu sans discontinuer depuis lors, il ne se représente pas en septembre. Il a souhaité que je poursuive mon action au Sénat car, comme lui, je travaille avec tous les élus qui le souhaitent, sans parti pris. 

 

C’est également le sens de la candidature d’Olivia Richard, bras droit de Robert depuis 2001, en position de numéro 2. Nous formons depuis plus de 18 mois une équipe solide, au service des élus. 

 

Nous avons constitué notre liste « Libres et Indépendants » avec Thierry Consigny (Japon), Nadia Chaaya (Arabie Saoudite/Jeddah-Yémen), Nicolas Brehm (Rép. Dominicaine), Catherine Tribouart (Maroc/Agadir), Ahmed Henni (Algérie/Oran) et Laurence Helaili-Chapuis (Irlande). Ils ont la particularité de tous présider leur conseil consulaire après avoir remporté 50, 66, 75 ou 100% des sièges de leur circonscription, comme candidats indépendants. Ils ont incarné une approche libre et proche du terrain qui donne beaucoup de force à notre liste.

 

Plusieurs conseillers des Français de l’étranger et délégués consulaires qui ont fait le choix de l’indépendance nous encouragent à poursuivre dans cette voie. Ils souhaitent participer à un élan qui les rassemble.

 

En tant qu’indépendants, nous ne défendons pas la politique ou le bilan d’un parti

 

Comment souhaitez-vous organiser cette campagne ? 

Les membres de notre liste se sont présentés aux électeurs au travers d’une vidéo sous forme de visioconférence zoom. Ils ont ainsi pu partager directement les motivations qui les animent pour s’engager à mes côtés dans cette campagne. Je leur suis sincèrement reconnaissant d’avoir défendu mon bilan au travers de leur expérience personnelle.

 

Nous avons collectivement décidé que notre programme ne serait pas une liste à la Prévert d’engagements en face de chaque enjeu qui se révèlent souvent hors de portée pour un sénateur. Mon mandat a débuté avec l’attentat de Charlie hebdo et se termine en pleine crise Covid. Cela impose de prendre de la hauteur pour fixer des orientations.

 

Nous avons défini nos priorités. Nous faisons campagne sur des thèmes prioritaires, avec une vision projet pour méthode. Nous souhaitons faire une campagne d’adhésion pour créer un élan et rassembler le plus largement possible. En tant qu’indépendants, nous ne défendons pas la politique ou le bilan d’un parti. Notre approche n’est ni dogmatique, ni sectaire. Nous n’avons pas à nous soumettre à une commission d’investiture. Cela donne une grande liberté.

 

Notre programme est avant tout de soutenir les initiatives locales des conseillers des Français de l'étranger

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes réélu ? 

Les élus influencent directement un programme orienté projets concrets basés sur leurs objectifs. Ils se déclinent autour de quatre axes de travail : l'action consulaire, l'éducation et la culture, la diplomatie économique et la diplomatie parlementaire.

 

La première priorité est de retrouver une mobilité essentielle pour les Français de l’étranger. Mon amendement voté au Sénat pour la reconnaissance des vaccins chinois homologués par l’OMS, et une action d’information sur le Sputnik, en est une illustration.

Le courage des sénateurs Joëlle Garriaud-Maylam et Damien Régnard qui ont alors choisi de rester dans le camp des Français de l’étranger au détriment de la discipline de leur groupe LR, hostile à mon initiative tout comme le gouvernement, démontre qu’une démarche indépendante peut rassembler largement.

 

Doctorante en droit public sur « La représentation des Français établis hors de France », Olivia Richard nous apporte son expertise pour nourrir nos propositions dans ce domaine.

 

Assurer la sécurité de nos compatriotes face à la multiplication des menaces (attentats, enlèvements, catastrophes naturelles, pandémie ou incarcération arbitraire) constitue une autre priorité, incarnée par Nadia Chaaya qui a été confrontée à l’attentat de Jeddah, le 11 novembre dernier. 

 

Redonner une perspective de développement au réseau consulaire, poursuivre les actions en-cours en faveur de nouveaux accords bilatéraux en matière de sécurité sociale entre la France et l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, ou de reconnaissance réciproque des permis de conduire avec le Chili nourrissent un programme fondé sur des actions concrètes, inspirées par les conseillers concernés.

 

Concernant l'éducation et la culture, j’appuierai le développement des écoles françaises en favorisant l'initiative privée. Depuis mon arrivée au Sénat, je plaide pour que notre pays se fixe pour objectif que tous les Français sachent parler français. Pour y parvenir, je défends l’idée d’un "chèque éducation" destiné à financer l’apprentissage du français à 100% de nos jeunes compatriotes vivant à l’étranger, en nous appuyant sur les Instituts français, les Alliances françaises et les associations FLAM.

 

En matière de diplomatie parlementaire, je reprendrais mes conférences annuelles sur l’hydro-diplomatie car il y aura une vie après le pétrole, mais il n’y en aura pas après l’eau. J’organiserais un événement pour célébrer les accords d’Abraham entre Israël et les Émirats arabes unis au Sénat. Je poursuivrais mon engagement aux côtés des élus des Français du Liban, et en soutien à la démarche du patriarche maronite Mgr Bechara Raï, pour trouver des solutions à la crise humanitaire qui frappe ce pays.

 

Enfin, à propos de la diplomatie économique, j’envisage trois objectifs prioritaires : faire du réseau des CCIFI le bras armé de la France à l’export ; créer un "crédit d’impôt-export", soit un taux d’impôt-société réduit sur la part des ventes réalisées à l’export ; faciliter l'accès au crédit pour les entrepreneurs français à l’étranger (EFE) au moyen de garanties offertes par l’Agence française de développement (AFD).

 

L’entrepreneur que je suis sait que tout résultat est l’œuvre d’un travail collectif. Nous devons nous appuyer sur les élus pour contrôler efficacement l’action du gouvernement en dehors de nos frontières.

 

Notre programme est avant tout de soutenir les initiatives locales des conseillers des Français de l'étranger, de les accompagner constamment dans la défense des intérêts de nos compatriotes et de prolonger leurs orientations par des textes votés au parlement. 

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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