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Influence française à l’international : quelles perspectives jusqu’en 2050 ? premium

Par Anne-Claire Voss | Publié le 25/01/2022 à 18:00 | Mis à jour le 25/01/2022 à 18:01
vue sur l'Arc de Triomphe, symbole de son influence à l'international

Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a dévoilé, avant la présidence au Conseil de l’Union européenne, une feuille de route détaillant ses ambitions d’influence dans le monde. lepetitjournal revient, en quelques points, sur son bilan et ses perspectives allant jusqu’à 2050.

 

Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a pour la première fois publié, à la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, un rapport sur l’influence de la France. Celui-ci fait l’état des lieux de son influence jusqu’à présent et dévoile ses projets jusqu’à 2050. Le gouvernement tend à rappeler à quel point son influence est reliée à l’Europe. C’est avec ses partenaires de la Méditerranée, d’Afrique, d’Indo-Pacifique et de tous les continents, que la France est décidée à continuer de « bâtir, avec eux, une mondialisation à visage humain ».

 

La France vue comme une puissance incontournable

Loin d’être un luxe ou un supplément d’âme, la diplomatie d’influence s’affirme comme un élément à part entière de la politique étrangère. Elle est un élément crucial dans cette compétition entre puissances. En 2019, la France est d’ailleurs désignée première du classement international Soft Power 30, devant le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède et les États-Unis. Malgré d’autres classements moins flatteurs, l’Hexagone bénéficie d’une image positive. La France est perçue comme un pays bénéficiant d’un poids politique important de par ses nombreux attributs de puissance et d’influence.

 

Infographie sur les points forts de la diplomatie d’influence française en 2021 - lepetitjournal.com
Infographie sur les points forts de la diplomatie d’influence française en 2021 - lepetitjournal.com

 

La France, première de la classe en matière d'influence

Dans ce rapport, le gouvernement n’aborde pas les difficultés qu’il a pu rencontrer avec l’Algérie, l’Allemagne ou encore le programme 146. Son but est simple et assumé : mettre en lumière les points forts du rayonnement tricolore à l’international.

 

En quelques chiffres, la France est le premier réseau culturel au monde (125 Instituts français et 830 Alliances françaises) mais aussi le premier réseau éducatif au monde (545 lycées dans le monde dans 138 pays accueillant 380000 élèves). Son attrait se traduit aussi par la mue du Louvre ou du Centre Pompidou en marques qui s’exportent à Abu Dhabi, à Shanghai ou à Malaga. La France est également le premier pays européen pour l’accueil des investissements directs étrangers.

 

L’Hexagone possède aussi la première zone maritime au monde (11 millions de km2 de zone économique exclusive) et le troisième réseau diplomatique sur la scène internationale (163 ambassades, 16 représentations permanentes, 89 consulats généraux et consulats). La France, détenteur de l’arme nucléaire, est également membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, l’un des pays fondateurs de l’Union européenne et le pays des droits de l’Homme.

 

Toutefois, la crise sanitaire a percuté un modèle et un dispositif d’influence reconnu, respecté et recherché. Si le stress-test de la pandémie mondiale a été surmonté et le réseau a démontré ses grandes capacités de résistance et de résilience, celle-ci l’oblige à accélérer sa transformation et sa modernisation.

 

Il était temps de prendre acte du caractère proprement stratégique des nouvelles batailles de l’influence - Jean-Yves le Drian

 

Les 6 points clés de l’influence française jusqu’en 2050

L’illusion serait de croire que la France pourra maintenir sans trop d’efforts son attractivité et son rang. Le mot d’ordre doit être clair : créer et entretenir constamment le désir des Français et des étrangers, en prenant des initiatives, en étant force de proposition et en anticipant la demande. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères présente, à travers six points clés, sa vision pour l’influence française jusqu’à 2050.

 

  1. La langue française au service du plurilinguisme, de l’éducation, de l’insertion professionnelle de la jeunesse

Le gouvernement souhaite mettre en place un enseignement d’excellence du français pour les locuteurs de 2050, estimés à 750 millions d’individus. Elle va donc devoir continuer à développer son système éducatif français à l’étranger, et le doubler à l’aide d’un plan de développement de l’enseignement français d’ici 2030. Concrètement, une plateforme numérique aidant la découverte des écoles de langue à l’étranger sera disponible dans les prochaines années. De plus, le réseau culturel et linguistique continuera de grandir avec la création de nouvelles Alliances françaises ou d’instituts franco‐allemands intégrés.

 

  1. L’enseignement supérieur, la recherche et un réseau scientifique au service des biens publics mondiaux

Autre axe prioritaire pour la France : attirer les talents et accompagner la projection internationale des établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Pour ce faire, le gouvernement souhaite accueillir 500.000 étudiants étrangers en 2027 et revenir sur le podium des pays les plus attractifs. Il souhaite aussi développer une diplomatie scientifique des trois grandes révolutions technologiques (numérique et quantique; santé et sciences de la vie; énergie et développement durable). Le ministère veut un nouveau plan d’accueil des étudiants étrangers à la lumière de la crise sanitaire et en essayant d’attirer davantage d’étudiants asiatiques. En particulier la Chine et l’Inde, étant aujourd’hui les moteurs de la mobilité internationale des étudiants. D’autres points sont évoqués tels que la consolidation des programmes de bourses du gouvernement français ou l’amplification du dispositif passeport‐talent.

 

  1. La relance des industries culturelles et créatives pour la France, l’Europe et la Francophonie

Contribuer au plan de relance des filières culturelles avec la mise en œuvre d’une stratégie internationale offensive de soutien à l’export fait partie des axes d’influence. Le gouvernement veut continuer à développer ses capacités d’expertise culturelle, patrimoniale et muséale à l’étranger. Il souhaite d’ailleurs un élargissement du mandat fonctionnel et géographique de l’Agence France Muséums pour contribuer à la projection de son expertise, à la française.

 

  1. Les médias pour une information internationale accessible, pluraliste et de qualité

Le gouvernement souhaite faire des médias français le fer de lance de l’information plurilingue en Afrique et dans l’espace arabophone. Face aux différentes manipulations médiatiques, le ministère souhaite lutter contre la désinformation, à l’international. Concrètement, cela passe par une dynamisation générale du pôle arabophone et africain au sein du groupe France Médias Monde (France 24, RFI). Un accompagnement des nouveaux médias français privés dans leur développement international pourrait être aussi envisagé.

 

  1. Think tanks et diplomatie des idées

Le ministère a pour souhait de mobiliser les acteurs du débat d’idées internationales au service des initiatives diplomatiques de la France. C’est par la diplomatie, par les discussions, qu’un pays sait garder une bonne entente. La France souhaite, par exemple, consolider la place de Paris pour accueillir des think tanks et centres de recherche.

 

  1. Renforcement de l’influence française pour les organisations internationales

L’amélioration de l’accueil en France de nouvelles organisations internationales (ou quasi‐organisations) est prévue, notamment en utilisant les nouvelles opportunités de la loi de programmation sur le développement pour l’octroi de privilèges et immunités. Ce renforcement doit faire prospérer l’influence française et européenne dans le système multilatéral. Il passe par la poursuite du réengagement budgétaire pour les ONG ou par l’augmentation de la présence de jeunes experts et volontaires dans ces organismes.

 

Un tableau de bord de l’influence sera opérationnel début 2022, agrégeant des données chiffrées relatives à toutes les politiques d’influence. Il permettra de présenter une photographie de la performance d’influence de la France. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, confie : « En schématisant un peu, on serait tenté de dire que là où l’enjeu du travail de chancellerie est de nous faire des alliés, celui de la diplomatie d’influence est de nous faire des amis. »

Anne-Claire Voss

Anne-Claire Voss

Diplômée d'un Bachelor en Management et médiation culturelle à l'ICART (Paris), elle décide de réaliser un Master en journalisme à l'ISFJ (Paris) et de se former avec notre rédaction.
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