Des faits de corruption ne cessent de se multiplier à travers le monde. Selon le rapport de l’ONG Transparency International, sur la perception de la corruption dans le monde, le bilan est inquiétant. La majorité des pays voient leur score baisser en dix ans.


L’exfiltration de Nicolas Maduro, le président du Vénézuela, orchestrée par Donald Trump, le 3 janvier 2026 a créé une émulation parmi sa population. De nombreux méfaits lui étaient reprochés par les citoyens vénézuéliens, dont des actes de corruption. Le président déchu n’est pas le seul à user de la corruption. Ces manœuvres politiques à des fins personnelles se multiplient à travers le monde. Le rapport de l’ONG Transparency International, publié le 10 février 2026, a établi un état des lieux de la corruption mondiale.
Depuis 2012, de nombreux pays ont régressé en matière de corruption. 12 pays étaient au-dessus de l’indice de perception de la corruption (IPC) 80 il y a dix ans. Ils ne sont plus que 5 en 2025.
L’indice de perception de la corruption 2025 (IPC) de l’ONG Transparency International, mesure les niveaux de corruption perçus par le secteur public dans 182 pays et territoires. 13 sources de données indépendantes sont analysées sur une échelle de 0 (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).
En 2025, la moyenne de l’indice est à 42, elle est la plus basse depuis plus de 10 ans. 122 pays sur 182 ont un score inférieur à 50. Une tendance à la baisse en matière de corruption a été observée dans certaines démocraties comme les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la France, le Royaume-Uni ou encore la Suède.
La France ne régresse pas et obtient le score de 66 de l’ONG Transparency International. La corruption est au cœur de la culture politique française et un sujet de préoccupation selon le rapport. De nombreux scandales comme le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy ou le détournement de fonds européens du parti du Rassemblement national renforcent les inquiétudes quant à la gestion des autorités publiques. Leur volonté et capacité de mettre en pratique des mesures anti-corruption sont remises en question.
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A contrario, pour les pays qui ont vu la corruption s'accentuer (et donc leur score diminuer), il a été observé que des libertés fondamentales avaient été restreintes, comme la liberté d’expression, de réunion et d’association. En Géorgie, en Indonésie, au Pérou et en Tunisie, depuis 10 ans, les gouvernements tentent de contrôler les financements d’ONG. L’objectif pour certains est de limiter les libertés de la population.
D’autres conséquences de la corruption sont mises en avant comme certains services de mauvaise qualité et des crises budgétaires lorsque les fonds publics sont mal gérés. Tout cela contribue à la pauvreté persistante d’une partie de la population, à l'augmentation des inégalités et à la détérioration du niveau de vie.
Une corruption présente à tous les niveaux
Depuis 2012, un ensemble de pays rencontre une diminution du score IPC ; parmi eux il y a le Vénézuela (nouveau score 10), la Syrie (15), la Hongrie (40) et le Soudan du Sud (9). Bien que les systèmes politiques de ces pays soient différents, ils rencontrent tous un recul de la démocratie et un affaiblissement des institutions, selon le rapport de l’ONG Transparency International. La corruption au Vénézuela est systémique et présente à tous les niveaux. Les institutions de contrôle ne sont plus indépendantes. Des dirigeants ont également utilisé des entreprises publiques comme le géant pétrolier PDVSA à des fins personnelles, selon le rapport.
Au Soudan du Sud, la guerre civile des années 2010 a aggravé l’état de la corruption. Les dirigeants utilisaient des fonds publics afin d'acheter la loyauté et les services des milices. Les responsables sud-soudanais ont continué de détourner de l’argent, après la non-concrétisation des réformes sur la gestion des finances publiques en 2018.
En Hongrie, l’état de droit (un état dans lequel la puissance publique est soumise à des règles de droit, faisant respecter l’égalité des citoyens et la séparation des pouvoirs) et l’intégrité électorale sont systématiquement affaiblis par le gouvernement depuis près de dix ans. Celui-ci a détourné des milliards d’euros y compris certains provenant de l’Union européenne, selon le rapport.
Les pays les plus corrompus au monde sont le Soudan du Sud (9) occupant la dernière place, puis la Somalie (9) et le Vénézuela (10). Au total, 17 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud font partie des pays les plus corrompus avec des scores IPC inférieurs à 20.
Les manifestations de la Gen Z comme nouvelle révolte face à la corruption
En 2025 la génération Z a manifesté dans plusieurs pays avec un faible score IPC comme la Serbie (score de 33), le Maroc (score de 39) ou encore le Pérou (score de 30) afin de demander à leur gouvernement de prendre des mesures anti-corruption. En Serbie, des manifestations étudiantes aussi importantes n'avaient pas eu lieu depuis la fin des années 90. Dans d’autres pays comme Madagascar (25) ou le Népal (34), les gouvernements ont été renversés. Ces deux mouvements de contestation ont été motivés par une volonté d’arrêter la corruption dans ces États et l’injustice sociale. Six mois après ces manifestations, le Népal s’apprête à organiser des élections législatives le 5 mars 2026.
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Les recommandations de Transparency International pour lutter contre la corruption
Afin de lutter contre la corruption, l’ONG Transparency International recommande de garantir une indépendance, une transparence et l’accessibilité des institutions judiciaires. Pour l’ONG il s’agit principalement d’éviter que les nominations ou promotions soient motivées par des pressions extérieures et de rendre publiques leurs décisions.
D’après l’ONG, il est fondamental de faciliter l’accès à la justice pour les personnes victimes de la corruption. Cet accès renforce la sécurité de ces personnes ou communautés, si les services de répression ne fonctionnent pas et leur permet un remboursement pour les dommages subis.
La transparence vaut également pour le financement des partis politiques. Pour protéger la démocratie, il est nécessaire que les financements politiques, les conflits d’intérêts et le lobbying soient soumis à un contrôle public, à une réglementation et soient documentés.
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Enfin, la liberté de la presse et le droit à l'information sont aussi fondamentaux pour lutter contre la corruption. Ces libertés permettent la promotion de la transparence au sein des activités gouvernementales et des entreprises. Dans les pays fortement corrompus, la dénonciation de la corruption devient plus risquée. Depuis 2012, 829 journalistes ont été tués alors qu’ils couvraient des sujets liés à la corruption dans des zones exemptes de conflits. 90% de ces assassinats ont eu lieu dans des pays au score IPC inférieur à 50.
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