Dans un contexte international de plus en plus instable, International SOS, spécialiste mondial de la gestion des risques de santé et de sécurité, publie son rapport annuel Perspectives des risques 2026 ou Risk Outlook 2026. Le constat est sans appel : l’incertitude n’est plus l’exception mais la norme. Les risques évoluent désormais plus vite que la capacité des organisations à y répondre. L'année 2026 est-elle celle de la bascule ? Etat des lieux.


La majorité des dirigeants dans le monde estiment qu’ils ne sont plus assez agiles pour gérer des risques de nature géopolitique mais seulement. Ils sont aussi d’ordre climatiques, sanitaires, sécuritaires ou psychologiques. C’est le principal constat que fait le rapport Perspectives des risques 2026, menée par International SOS auprès de 860 dirigeants dans 94 pays. Ces risques sont de nature géopolitique mais pas seulement. Ils sont aussi d’ordre climatiques, sanitaires, sécuritaires ou psychologiques. Lepetitjournal.com décrypte le rapport de International SOS, et ce qui attend 2026.
L’Afrique subsaharienne, un climat tendu et instable attendu en 2026
L’Afrique subsaharienne aborde difficilement 2026 selon le rapport de International SOS. Le rétrécissement de l’espace démocratique, la répression des oppositions et les rivalités internes alimentent un risque politique élevé. En Afrique de l’Ouest, la tentative de coup d’État déjouée au Bénin en décembre 2025 l'illustre entre autres. De son côté, le Ghana reste fragilisé par des difficultés économiques.
la Libye est appelée à organiser des élections générales en juin 2026, les premières depuis juin 2014
En Tanzanie, les manifestations post-électorales d’octobre 2025 ont été violemment réprimées, faisant craindre des contestations en 2026. En Afrique centrale, le Cameroun suscite une vigilance avec la réélection de Paul Biya en octobre 2025 pour un huitième mandat. À Madagascar, la formation d’un nouveau gouvernement est à surveiller, après des manifestations contre les réformes fiscales. Des conflits armés persistent, comme en République démocratique du Congo. En Afrique du Nord, la Libye est appelée à organiser des élections générales en juin 2026, les premières depuis juin 2014. Ces élections, déjà repoussées à plusieurs reprises, pourraient l’être à nouveau. Au Maroc, des élections parlementaires sont prévues en septembre 2026. Les manifestations Gen-Z de l’automne 2025 ont révélé des tensions sociales sous-jacentes pouvant, en période électorale, apporter d’éventuels troubles sociaux.
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Les Amériques, des pics de violence et tensions localisées
L’environnement sécuritaire des Amériques ne se traduit pas selon le rapport par une dégradation uniforme mais plutôt par des pics de violence et des tensions très localisées. En Amérique du Sud, le gang vénézuélien Tren de Aragua, composé de milliers de membres contribue à augmenter le taux de criminalité depuis 2022. En Amérique centrale, ce sont les gangs nommés MS-13 et le Barrio 18 qui représentent des risques sécuritaires non négligeables. L’Honduras conserve, quant à lui, l’un des taux d’homicides les plus élevés du continent.
Les déclarations offensives de l’administration Trump accroissent le risque de mobilisations politiques
Les risques climatiques sont aussi présents sur le continent, avec des tornades, cyclones, incendies et inondations. À l’horizon 2026, la fréquence et l’impact des catastrophes naturelles ne devraient pas diminuer. Sur le plan politique, des pays vivent en tension au rythme d’élections et protestations. La crise entre les États-Unis et le Venezuela a créé de vives tensions. L’opération militaire américaine a reconfiguré le paysage politique vénézuélien sans clarification institutionnelle durable, souligne le rapport. Les déclarations offensives de l’administration Trump accroissent le risque de mobilisations politiques et de durcissements sécuritaires ponctuels.
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Des risques climatiques sans précédent en Asie Pacifique
L’Asie aborde 2026 dans un climat tendu, lié à des élections, une recrudescence des conflits frontaliers et des risques climatiques importants selon le rapport. Le Népal se dirige vers des élections générales en mars 2026, après de vastes manifestations de la Gen-Z violemment réprimées. Au Bangladesh, des élections générales sont attendues mi-février 2026. En Asie du Sud-Est, le Myanmar vit aussi une élection dans un contexte de guerre civile persistante depuis le coup d’État de 2021. En Indonésie, les manifestations Gen-Z ont conduit le président Prabowo Subianto à remanier son cabinet et à engager des réformes. Les organisations étudiantes ont fixé au 31 août 2026 une échéance pour la mise en œuvre de réformes institutionnelles clés. En Thaïlande, l’élection de février 2026 va mettre à l’épreuve les partis dominants.
Si un conflit ouvert avec Taïwan n’est pas privilégié à court terme, le risque d’un incident maritime ou aérien majeur demeure
La dispute frontalière entre la Thaïlande et le Cambodge constitue un autre foyer de tensions. Bien qu’un cessez-le-feu ait été conclu le 27 décembre 2025, l’absence de règlement sur la démarcation frontalière fragilise sa pérennité. Plus à l’Ouest, la confrontation indo-pakistanaise devrait se prolonger en 2026. En Asie de l’Est et dans le Pacifique, les tensions régionales s’intensifient entre la Chine et ses voisins, notamment le Japon et les Philippines, autour de la mer de Chine méridionale. Pékin multiplie les incursions aériennes et les manœuvres navales. Si un conflit ouvert avec Taïwan n’est pas privilégié à court terme, le risque d’un incident maritime ou aérien majeur demeure, avec des conséquences potentielles sur les routes maritimes stratégiques selon le rapport International SOS.

Une criminalité numérique se met aussi en place, telle que les cyberattaques ou les fraudes en ligne.
L’Europe, aux portes d’une guerre hybride ?
Le rapport International SOS met en exergue des risques en Europe liés à une criminalité organisée, mais surtout en profonde mutation. Les domaines dits “traditionnels” les trafics de drogues, d’armes et d’êtres humains sont plus organisés et surtout profitent de l’essor technologique et de l’IA. Une criminalité numérique se met aussi en place, telle que les cyberattaques ou les fraudes en ligne.
Sur le plan politique, 2026 est marquée par une série de scrutins décisifs. En Hongrie, l’élection s’annonce particulièrement scrutée, avec la possible défaite de Viktor Orbán, au pouvoir depuis plus de 15 ans. En Bosnie-Herzégovine, des élections générales sont prévues en octobre 2026, dans un climat de défiance. En Serbie, des élections législatives anticipées devraient également se tenir en 2026, bien qu’aucune date n’ait encore été fixée. D’autres élections importantes jalonnent l’année en Suède, au Danemark et en Lettonie, dans un contexte régional tendu par les relations avec la Russie, qui doit elle-même organiser des législatives. En Espagne, en France, en Italie et en Allemagne, des scrutins locaux ou régionaux sont prévus à l’approche des grandes échéances nationales de 2027. À ces enjeux s’ajoute la menace croissante de la désinformation. Des opérations attribuées au voisin russe, déjà observées lors de précédents scrutins en Roumanie, en Moldavie ou en Géorgie. À l’horizon 2026, ces campagnes devraient gagner en intensité et en sophistication selon le rapport.
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Le Moyen Orient se prépare à une année électorale 2026
Israël organise des élections législatives en octobre 2026, les premières depuis l’attaque du 7 octobre 2023 qui a profondément bouleversé le paysage social, politique et sécuritaire. Le Liban organise ses élections générales en mai 2026, dans un climat de forte incertitude institutionnelle et politique. Le pays reste en proie à une crise économique, sociale et sécuritaire persistante. La question du désarmement du Hezbollah demeure non résolue, rappelle le rapport International SOS.
Iran: l'UE prête à accentuer la pression sur les Gardiens de la Révolution
Des conflits persistants continuent de fragiliser la région. La bande de Gaza demeure un théâtre d’opérations militaires encore très actif, en dépit du cessez-le-feu et du plan de paix promu par l’administration américaine. Plus à l’est, le dossier nucléaire iranien demeure en suspens : les négociations stagnent… La répression sanglante en Iran et les menaces américaines s’intensifient. Le Yémen connaît une nouvelle phase du conflit depuis fin 2025. Daech continue de représenter une menace régionale rampante dans l’ensemble du Moyen-Orient. Partout dans le monde, rien n’est sûr, tout semble en jeu.
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