Édition internationale

Les nouvelles de la frontière Thaïlande-Cambodge ne sont pas bonnes

Une réunion sans accord, un ancien dirigeant militaire thaïlandais qui prédit une troisième vague d’affrontements et des vestiges endommagés. Le temps est maussade sur la frontière.

Illustration soldats frontière Thaïlande Cambodge Illustration soldats frontière Thaïlande Cambodge
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 29 janvier 2026


 

Les nouvelles qui nous arrivent de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge ne disent rien de bon. La réunion du Conseil de coopération régionale entre les deux pays s’est achevée sans accord et donc sans signature. Les représentants des deux pays avaient rendez-vous les 27 et 28 janvier 2026 au poste frontière permanent de Poipet, dans la province de Banteay Meanchey, au Cambodge, afin de réduire les tensions et de tenter de maintenir la paix le long de la frontière, conformément à la déclaration conjointe de la troisième session spéciale du Comité général des frontières (CGF). Si les deux parties s'étaient entendues sur le projet, il devait être signé conjointement le 29 janvier 2026 pour sa mise en œuvre. Mais hélas, point d’accord.

 

Vers un troisième round de combats ?

 

Ils semblerait que quelques points nécessitent des discussions supplémentaires qui pourraient avoir lieu prochainement. Entre-temps, ne l’oublions pas, la Thaïlande aura changé de gouvernement… Et en attendant, les troupes restent donc mobilisées à la frontière, ce qui ne va évidemment pas dans le sens d’une désescalade. C’est ce que pense notamment l’ancien commandant supérieur de la 2ème zone militaire thaïlandaise. Kanok Netrawatthanasena s’exprimait mercredi 28 janvier devant la Faculté de Sciences politiques de l’université Ramkhamhaeng. Selon lui, une troisième vague de combats aura lieu, sans doute de manière imminente. Il en veut pour preuve des signes de renforcement des préparatifs défensifs tels que le creusement de tranchées en zigzag, en face de la province de Trat, et la construction de bunkers. Concernant ces derniers, le militaire a expliqué avoir vu des images prouvant que les Cambodgiens construisent de nouveaux bunkers, avec des structures triangulaires en béton, affirmant qu'ils étaient également inachevés et seraient finalement recouverts de terre. Il a soutenu que de tels préparatifs sont généralement effectués lorsque les forces se positionnent pour le combat, et préparent donc un troisième round. Le lieutenant-général a indiqué que des points chauds persistent et qu’il s’attend à de nouvelles provocations et donc à d’autres incidents.

 

Il n’est pas l’heure d’abolir la conscription

 

L’ancien commandant supérieur de la 2ème zone militaire en appelle au gouvernement qui sortira des urnes dimanche 8 février prochain. Il demande aux dirigeants politiques d’approfondir leur compréhension de la situation militaire et frontalière et de s'assurer que les forces armées disposent des moyens dont elles ont besoin pour assurer la défense du pays. Le militaire parle ici des moyens matériels, c’est à dire d’un budget des armées suffisamment approvisionné, mais aussi des moyens humains. À l’heure du débat sur l’abolition de la conscription, il considère que le moment est bien mal choisi et que la Thaïlande a besoin de tous.

 

Prasat Ta Kwai et Prasat Khana prioritaires

 

Dernières nouvelles du front, le Département thaïlandais des Beaux-Arts, lors d’une visite de terrain, a constaté des dommages sur une trentaine de sites anciens, suite aux récents conflits le long de la frontière. Il a programmé une réunion ce vendredi 30 janvier pour discuter des plans de restauration.

 

Inspection des vestiges abîmés par le conflit Thaïlande Cambodge

 

Parmi les sites les plus gravement touchés figure Prasat Ta Kwai à Surin, un temple construit entre le Xlème et le XIllème siècles, qui a été bâti dans le style khmer pendant la période angkorienne. La restauration de Prasat Ta Kwai et de Prasat Khana, qui ont tous deux subi de graves détériorations, pourrait, selon les évaluations préliminaires, redonner aux ruines leur splendeur d'antan.

 

Plusieurs sites seront désignés « monuments anciens nationaux »

 

Au total, ce sont une trentaine de sites qui ont subi des détériorations durant les combats le long de la frontière, dans les provinces de Surin, de Buri Ram et de Si Sa Ket. Les sites qui ne sont pas encore officiellement enregistrés seront désignés « monuments anciens nationaux ». Une fois que les autorités de sécurité auront confirmé que les conditions sont sûres, les travaux de restauration commenceront sur les sites qui seront prêts.

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