Expats 32, l’association qui veut promouvoir le Gers à l’international

Par Maël Narpon | Publié le 25/04/2022 à 18:00 | Mis à jour le 26/04/2022 à 18:13
Certains membres de l'association gersoise Expats 32 autour d'une table

Quel Français en expatriation n’a jamais voulu faire découvrir la culture de sa région d’origine à l’étranger ? L’association Expats 32, originaire du Gers, ne se prive pas de présenter les attraits du département au-delà de ses frontières.

 

L’association Expats 32, qui s’est d’abord fait connaître via son compte Instagram, a vu le jour il y a de cela quelques mois sous l’impulsion d’amoureux du département du Gers, dans le Sud-Ouest de la France. Elle a pour but de « promouvoir le Gers à travers le monde », nombre de ses fondateurs vivant ou ayant vécu dans différents pays tels que le Mexique, le Maroc, ou l’Espagne. Plus que la gastronomie gersoise ou les événements typiques du département, c’est tout un art de vivre qu’Expats 32 souhaite exporter. Une volonté qui va se matérialiser par l’organisation de grands repas gersois qui réuniront 100 à 200 personnes et se tiendront en France une fois par an à partir de 2022, dans un premier temps. Nous avons pu nous entretenir avec Julien Boué, membre fondateur de l’association, pour nous parler plus en détail de cette initiative.

 

Image de l'association gersoise Expats 32

 

D’où est partie l’initiative d’Expats 32 ?

Il faut savoir qu’Expats 32 a été créée par un groupe d’amis d’enfance qui ont vécu jusqu’à la fin du lycée dans le Gers avant d’étudier principalement à Toulouse et Paris, et qui ont énormément voyagé par la suite. Certains d’entre nous ont vécu au Mexique, d’autres au Maroc, et j’ai personnellement vécu en Espagne pendant longtemps. Il y a vraiment eu cette notion d’expatriation. Au cours des 15 dernières années, nous avons tous vécu en dehors du Gers, à l’exception d’une personne.

 

Soit les personnes connaissent le Gers pour y avoir passé leurs vacances, soit elles ne connaissent pas car elles n'y ont jamais mis les pieds

Nous sommes partis du constat suivant : soit les personnes connaissent le Gers parce qu’ils y ont passé leur vacances et l’ont adoré, notamment pour toutes ses manifestations culturelles estivales (Pentecôtavic, Tempo Latino, Jazz in Marciac etc…), soit ils ne connaissent pas du tout car ils n’y ont jamais mis les pieds. Ce n’est pas comme le Pays Basque, que tout le monde connaît grâce à des villes comme Biarritz ou Saint-Jean de Luz.

Nous nous sommes ainsi demandé comment il serait possible de faire connaître le Gers en dehors des frontières du département. La crise de la quarantaine a peut-être joué là-dedans ! Nous avons tous eu la chance d’avoir des vies professionnelles bien remplies et l’envie de nous investir dans quelque chose d’associatif a germé. Nous étions tous d’accord de consacrer un peu de notre temps pour promouvoir le Gers, presque comme une manière de rendre la pareille. C’est ce qui nous anime.

 

L’association accueille-t-elle de nouveaux membres ?

Le bureau est composé de 10 personnes, le noyau dur se constitue du groupe d’amis d’enfance dont je parlais précédemment. Pour l’instant nous avons peu poussé le côté cotisation, nous n’en n’avons pas vraiment besoin, ce n’est pas l’esprit d’Expats 32. Le but est surtout de promouvoir le Gers et le faire rayonner en dehors du département.

 

Comment essayez-vous de « promouvoir le Gers à travers le monde » ?

La bonne surprise que nous avons eu dès que nous lancé les premières publications, majoritairement sur les réseaux sociaux, a été le nombre important de propositions pour des événements. Notre idée est d’organiser un grand repas gersois (avec 100 à 200 personnes) tous les ans dans une grande ville de France car l’identité du Gers repose énormément sur sa gastronomie et son ambiance festive. Nous voulons vraiment autofinancer la première année, nous avons tous mis un peu d’argent dans l’association, quitte à nous associer à des producteurs les années suivantes si le modèle fonctionne. 

 

 

Quand nous avons commencé à communiquer là dessus, nous avons reçu plusieurs propositions pour nous aider émanant de vrais expatriés gersois. Un épicier d’Edimbourg vendant des produits du Gers a même proposé d’accueillir un événement, même son de cloche chez un cuisinier établi aux Antilles. Nous avons aussi été soutenus en interne par la Chambre d’agriculture du Gers. Nous avons plus de propositions pour nous aider que de temps à consacrer à l’association (rires).

Il ne s’agissait que d’un groupe d’amis à la base, nous n’avions pas d’ambition particulière, mais au vu de toutes les marques d’affection et les sollicitations que nous avons reçues, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un vide à combler.

 

Quels sont vos projets à long terme ?

Nous ne nous sommes ni fixé d’objectif, ni de limites. Pour l’instant nous choisissons nos combats, un événement par an c’est pour l’instant ce que nous pensons tous avoir le temps d’organiser de façon professionnelle et « carrée ». En 2022, le grand repas gersois se tiendra à Lyon. Pour 2023, nous sommes en discussion avec des amis qui créent des halles de marché dans des villes partout en France, comme Bordeaux ou Lille. L’idée est de faire un repas en partenariat avec eux pour permettre aux producteurs de venir avec nous et d’être dans un écosystème parfait pour présenter les produits. Aujourd’hui, cela nous prend tout le temps que nous pouvons consacrer à Expats 32.

 

 

D’un autre côté, nous échangeons beaucoup avec les gens qui se sont inscrits à l’association Expats 32. Nous avons réalisé des portraits sur des Gersois expatriés qui ont souvent un parcours très intéressant, et nous continuerons à proposer ce format. Nous relayons aussi le travail de producteurs gersois, dont certains sont allés au Salon de l’agriculture. Nous effectuons un travail de recherche qui tourne énormément autour des réseaux sociaux.

Les sollicitations sont tellement différentes que nous prenons tout au fur et à mesure. Nous ne pouvons pas nous projeter 5 ans dans le futur comme nous pourrions le faire dans nos vies professionnelles, le but restera toujours de prendre du plaisir et de mettre en avant tous les savoir-faire du Gers.

 

Qu’est-ce qui manque le plus à un Gersois à l’étranger ?

Sûrement le côté « art de vivre », on parle du Gers comme de la « petite Toscane française », et ce n’est pas pour rien. En général quand on est expatrié, on se retrouve dans des grandes villes avec des vies très urbaines. Personnellement, je vis chaque retour dans le Gers comme un retour aux sources. Rien n’a changé, tout est plus simple, on prend plus le temps de vivre.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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