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Édition Internationale
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Mobilité internationale étudiante : La France en déclin ?

Par Sandra Camey | Publié le 25/02/2020 à 10:00 | Mis à jour le 25/02/2020 à 10:49
Etudiant étrangers France

Avec 358.005 étudiants étrangers en France pour la période 2018-2019, l’Hexagone a perdu deux places dans le palmarès des pays accueillant le plus d’étudiants étrangers, selon les chiffres de l’agence Campus France


L’agence campus France a publié ses chiffres clés des étudiants internationaux en mobilité dans le monde. Sur la période 2007-2017, la mobilité étudiante a augmenté en moyenne de 5,5% par an, soit plus rapidement que la population étudiante mondiale qui croit à 3,8% par an.

L’Europe se distingue des autres continents, par son importante mobilité intrarégionale. En raison du rayonnement mondial de plusieurs pays d’accueil comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, on dénombre que 50% des étudiants étrangers accueillis en Europe sont européens.


La France peut mieux faire


La France a accueilli 21% de plus d’étudiants étrangers ces cinq dernières années mais sa position face aux autres grands pays d’accueil s’érode.

En 2011, le pays de Marianne était le 3ème pays d’accueil des étudiants en mobilité. Mais, en 2017, la France passe au 5ème rang, souffrant de la force d’attraction toujours plus forte de l’anglais dans l’enseignement supérieur et de l’apparition de nouveaux pays de destination. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et l’Allemagne devancent la France dans ce palmarès. Sur le continent européen, la drapeau tricolore est le 3ème pays d’accueil après le Royaume-Uni et l’Allemagne et juste devant la Russie. C’est la première fois que l’Allemagne reçoit plus d’étudiants internationaux que la France, même si leur différence est minime, avec juste 493 étudiants de plus pour l’Allemagne.

Par ailleurs, la proportion d’étudiants étrangers en France (10%), sur l’ensemble de ses inscrits dans l’enseignement, est plus forte que pour ses concurrents états-unien (5%) et allemand (7%). Mais ces chiffres stagnent depuis cinq ans tandis qu’ils ont bien plus progressé dans d’autres pays, surtout au Canada (de 8% à 13%) et en Australie (de 18% à 22%).


D'où viennent ces étudiants ? 

De plus en plus d’étudiants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient viennent étudier en France. On trouve ainsi dans le top 10 des pays d’origine des étudiants étrangers en France en 2019 : le Maroc, l’Algérie, la Chine, l’Italie, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Espagne, l’Allemagne et le Cameroun.

Trois pays boudent la France et leur part d’étudiants sur notre territoire est en baisse, -6% pour la Chine, -7% pour l’Allemagne et -10% pour le Vietnam.

A contrario, certains pays présentent des chiffres records : l’Inde avec +130% passant de la 31ème place à la 16ème place dans le top 25 des pays d’origine des étudiants étrangers en France, la Côte d’Ivoire +77% gagne 6 places, tout comme le Congo avec +64%. Les pays européens qui nous sourient sont le Portugal et l’Italie avec +58%.


Où étudient-ils ? 

Au sein des établissements d’enseignement, les effectifs étrangers ne se répartissent pas de manière homogène. Les universités accueillent 246 980 sur les 358 005 étudiants étrangers en France. On observe une augmentation de 18% ces trois dernières années pour les cursus licence avec 49% des étudiants étrangers allant vers ces enseignements contre 41% pour le master. Le cas des doctorats, représente 10% des effectifs des étudiants étrangers avec une diminution de 10% en 10 ans. La France est le troisième pays d’accueil de doctorants parmi les membres de l’OCDE derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni et possède la plus forte proportion d’internationaux parmi l’ensemble de ses doctorants (40%). Les étudiants étrangers sont 51% à choisir des disciplines scientifiques.

Mais ces trois dernières années, les écoles de commerce et de gestion ont vu les effectifs d’étudiants étrangers dans leurs établissements augmenter de 70%, représentant 19% de leurs élèves totaux, comparé aux 15% des universités. Cela s’explique par leur forte dynamique d’internationalisation, proposant plus d'enseignements en anglais par exemple. Ces écoles accueillent 31% d'élèves d’Asie-Océanie, région la plus représentée dans ces établissements. Pour les étudiants sub sahariens leur nombre a crû de 125% entre 2015 et 2018 et constituent 17% des effectifs étrangers pour ces écoles.

Sur l’ensemble des étudiants étrangers, 3% sont en école d’art et d’architecture, ces effectifs  sont en augmentation ces trois dernières années. L’Asie-Océanie est majoritaire dans ces enseignements avec 33% dans ces écoles contre 15% pour l’ensemble. A contrario, les étudiants subsahariens ne représentent que 7% des étudiants pour 22% à l’échelle de tous les établissements.

En école d’ingénieur, un tiers des étudiants étrangers sont originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient et 23% viennent d’Asie-Océanie.

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Sandra Camey

De formation scientifique et journalistique, elle s'expatrie à Berlin où elle étudie la photographie et les sciences politiques du Moyen-Orient. Aujourd’hui en écriture de mémoire sur les politiques environnementales au Moyen-Orient
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