Peut-on travailler à côté de ses études à l’étranger ?

Par Maël Narpon | Publié le 24/08/2022 à 18:00 | Mis à jour le 25/08/2022 à 15:07
Des étudiants en études supérieures à la recherche d'un job étudiant à l'étranger

Pratique largement répandue en France parmi les étudiants, le job étudiant n’est pas forcément aussi évident à mettre en place lorsque l’on fait le choix d’étudier à l’étranger. En fonction de la destination, les visas et autres pré-requis légaux pour pouvoir travailler à l’étranger pendant ses études peuvent varier et ne pas le permettre.

 

En France, 40% des étudiants de l’enseignement supérieur ont un travail à côté de leurs études, selon une enquête réalisée en 2021 par l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE). En 2018, près de 100.000 étudiants français sont partis étudier à l’étranger, dont certains ont également dû trouver un job étudiant en parallèle de leur cursus. Ce n’est pourtant pas une mince affaire, et certains pays, de par leur législation, n’autorisent pas cette pratique aux étudiants étrangers, ou du moins ne leur facilitent pas la tâche. Parmi les destinations préférées des étudiants français, nous retrouvons en haut de la liste principalement des pays francophones ou limitrophes : le Canada, la Belgique, le Royaume-Uni, la Suisse et l’Allemagne. Faisons un tour d’horizon des différents cas de figure auxquels sont confrontés les étudiants français souhaitant travailler en même temps à l’étranger.

 

Des étudiants et leur job étudiant à l'étranger

Les pays où il est possible d’avoir un travail étudiant sans accroc

Pour un étudiant français, aucune démarche n’est nécessaire pour pouvoir travailler à côté de ses études dans un pays membre de l’Union Européenne (UE). La règle s’applique également dans des pays européens non-membres comme en Norvège. Si cela ouvre un champ de possibilité non négligeable en termes de destinations où effectuer une mobilité internationale, il s’agira du seul cas de figure dans lequel un étudiant pourra trouver un job étudiant sans avoir à effectuer de démarches annexes à celles de son arrivée sur le territoire.

 

Les pays où le permis de travail est inclus dans le visa étudiant

Certains pays permettent aux étudiants internationaux de travailler à côté de leurs études de par le simple fait qu’ils sont détenteurs d’un visa étudiant. C’est le cas notamment de la Chine, où il est même possible de décrocher un travail à plein temps. D’autres pays proposent cette option mais en limitant le nombre d’heures réalisables pour les étudiants. Ainsi, l’Australie et l’Afrique du Sud donnent le droit aux étudiants internationaux de travailler 20h maximum par semaine à côté de leurs études.

 

Une étudiante travaillante en caisse en parallèle de ses études

 

C’est également la règle qu’appliquait le Royaume-Uni seulement aux étudiants internationaux hors UE jusqu’à l’application du Brexit et devrait probablement s’appliquer aux étudiants ressortissants d’un pays membre de l’UE. Tout dépend néanmoins de la durée du cursus, si celui-ci dure moins de 6 mois alors l’étudiant n’aura pas besoin de visa pour étudier et sera considéré comme un touriste, l’empêchant de pouvoir travailler légalement au Royaume-Uni.

 

Aux Etats-Unis, la règle diffère car il est généralement autorisé aux étudiants internationaux disposant d’un visa F-1 de travailler, même si cela doit se faire sous certaines conditions, notamment lorsque l’étudiant est en première année d’études supérieures. Dans ce cas précis, il ne pourra travailler que sur le campus de son université, réduisant le champ de recherche et les possibilités d’emploi.

 

Les pays où une autorisation de travail pourra être nécessaire pour travailler à côté de ses études

Il est des pays où la tâche sera plus ardue encore, non seulement pour trouver un job étudiant, mais surtout pour obtenir le droit de travailler en parallèle de ses études. Le nombre de pays rentrant dans ce cas de figure est très important, c’est pourquoi nous nous concentrerons sur le Canada et le Japon, des destinations prisées parmi les étudiants français, ainsi que sur la Corée du Sud, dont la culture séduit de plus en plus dans l’Hexagone.

Une étudiant également barista pour son job étudiant

 

Au Canada, le diable se cache dans les détails et il faudra parfois devoir demander un permis de travail pour travailler pendant ses études. Il est complexe pour étudiant international de déterminer quel travail il est légal pour lui d’accepter. Différents facteurs rentrent en ligne de compte : l’université, la nature des études ainsi que le job étudiant envisagé.

 

Au Japon, la règle est également subtile. Le visa étudiant autorise normalement à travailler jusqu’à 28h par semaine à côté des études, mais il ne vaut pas pour autant pour un permis de travail. Il faudra demander un permis annexe au visa étudiant pour obtenir le droit d’effectuer un job étudiant. Son obtention n'est cependant pas très compliquée. 

 

En Corée du Sud, nous retrouvons une caractéristique partagée avec le Royaume-Uni : les étudiants restant peu de temps ne pourront pas travailler en parallèle de leurs études. La ressemblance s’arrête là car, à la différence du Royaume-Uni, les étudiants suivant un cursus court doivent disposer d’un visa de courte durée. La législation au pays du Matin calme est également catégorique : un visa étudiant ne permet pas à lui seul de travailler. Comment un étudiant international peut-il donc travailler en Corée du Sud ? La subtilité réside dans la durée du visa étudiant, seuls les étudiants disposant d’un visa long pourront éventuellement faire la demande d’un permis de travail, mais celui-ci ne s’acquière pas facilement.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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