Créée en 1996, Pour un Sourire d’Enfant (PSE) accompagne les enfants défavorisés au Cambodge grâce à des programmes de protection, d’éducation, de nutrition, de soutien aux familles, de soins et de formation professionnelle. L’association célèbre cette année 30 ans d’action.


30 ans d’histoire et des milliers de jeunes accompagnés
En 1995, le jeune couple français découvrait, près de Phnom Penh, des enfants qui vivaient et travaillaient dans des conditions d’extrême précarité. À la vue de ces centaines d’enfants au milieu des montagnes de déchets de la grande décharge de Stung Meanchey, leur première réponse a été celle de distribuer un repas par jour. De cette expérience est né Pour un Sourire d’Enfant, ou PSE, avec la conviction que la pauvreté ne se combat pas seulement ponctuellement, mais en levant tous les freins à la sortie de la misère et en ouvrant aux enfants des perspectives durables.

En 1995, Christian et Marie-France des Pallières découvrent avec horreur le ballet des chiffonniers de la décharge de SM. Ils décident de rester et d'agir.
Au fil des années, l’association a gagné en expérience et a élargi son accompagnement. Elle a mis en place des classes dès 1996, aidé les enfants à poursuivre leur scolarité et développé en 2001 les premières formations professionnelles. En 2009, la décharge de Stung Meanchey fermait aux enfants. Symboliquement, il s’agit d’une grande réussite pour l’ONG, mais cette étape ne fait pas oublier la précarité dans les rues de Phnom Penh.
PSE concentre aujourd’hui son action dans la capitale, tout en intervenant également à Siem Reap et à Sihanoukville. L’association a accompagné plus de 14 000 enfants depuis sa création, dont 7 000 sont actuellement pris en charge dans les différents programmes. Le parcours de Leakhéna des Pallières, ancienne bénéficiaire devenue directrice générale en 2021, témoigne de la réussite des programmes mis en place par l’association et de l’esprit de communauté qui y règne.
Un constat toujours alarmant dans les rues du Cambodge
Le combat continue pour PSE. L’association estime que près de 1,5 million de Cambodgiens, soit 10 % de la population, vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 1,90 $ par personne et par jour. Par conséquent, plus de la moitié des élèves abandonnent l’école au collège pour contribuer aux ressources familiales. Elle rapporte aussi que, parmi les jeunes de 15 ans, seuls 10 % maîtrisaient les bases de la lecture et des mathématiques.
Les facteurs de ce constat sont multiples. PSE met en avant le poids des dettes, l’insécurité de l’emploi et la hausse du coût de la vie. Dans certaines familles, les adultes enchaînent des activités modestes et irrégulières, sans garantie de revenus suffisants. Les addictions vont croissant dans certaines communautés. Dans cette perspective, une urgence peut suffire à bouleverser un équilibre déjà précaire.
Ces difficultés touchent directement les enfants. Lorsque le foyer a besoin de revenus, poursuivre sa scolarité peut devenir difficile…
Un accompagnement taillé sur mesure
Face à ces obstacles, PSE défend une approche globale. Si l’éducation est le cœur de l’ONG, l’association propose aussi des repas, des uniformes, des fournitures scolaires, du transport, un support médical et psychologique, ainsi qu’un soutien aux familles.

La cantine de PSE sert 7 000 repas quotidiens. Petit-déjeuner, déjeuner, dîner : les cuisines ouvrent à 4h30 pour assurer une nutrition de qualité aux enfants et aux étudiants.
L’aide est ajustée à la situation de chaque foyer. L’équipe sociale de PSE, composée de plus de 30 employés statuant sur les besoins des foyers, évalue notamment les revenus, les conditions de logement, l’état de santé des parents, les risques auxquels celui-ci est exposé et la possibilité de se rendre à l’école.
Le parcours scolaire peut commencer très tôt, en garderie ou en maternelle, puis se poursuivre par des cours de rattrapage et un accompagnement dans l’enseignement public. PSE propose aussi des formations professionnelles avec lesquelles près de 1 500 jeunes se professionnalisent aujourd’hui dans des domaines variés allant de l’hôtellerie au média, avec un taux d’insertion dans l’emploi de 95 %.

Fort d'une équipe de médecins, de dentistes, d'infirmières et de psychologues, le centre médical de PSE assure 150 consultations quotidiennes.
Trente ans après, les efforts continuent
Pour la suite, l’association annonce vouloir renforcer la qualité de ses programmes en ouvrant davantage de classes de rattrapage, en proposant plus de bourses pour les études supérieures, en accueillant deux classes de terminale dans son centre et en développant l’orientation professionnelle des élèves.
L’objectif reste de relier chaque étape entre elles dans une continuité stable : permettre à un enfant de poursuivre sa scolarité, aider un adolescent à trouver sa voie, puis accompagner un jeune vers un emploi. Dans cette perspective, les 30 ans de PSE racontent moins une œuvre achevée qu’un engagement toujours en cours, au plus près des enfants et des familles qui ont le moins de ressources pour faire face aux difficultés.

Les salles de classes ont été réaménagées pour donner davantage de place à l'enseignement des compétences comportementales : travail en équipe, prise de parole en public, créativité.
Makara Men, directrice adjointe de PSE, s’exprimait ainsi sur le sens de cet anniversaire : « Notre 30ᵉ anniversaire ne célèbre pas seulement la longévité de PSE. Il célèbre ce que des milliers de jeunes ont accompli grâce à l’éducation, à la formation professionnelle et au soutien de toute une communauté. En trois décennies, nous avons vu des enfants en situation de vulnérabilité devenir des professionnels qualifiés, des citoyens responsables et des acteurs du développement du Cambodge. »
Pour donner corps à cette ambition, PSE s’appuie sur un réseau d’entreprises françaises implantées au Cambodge, notamment Accor (Sofitel Phnom Penh Phokeethra), Vinci (Cambodia Airports) ou le groupe BPCE (BRED Bank Cambodia). Dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce ou les services, ces partenaires accueillent chaque année des jeunes en stage, recrutent des diplômés et participent au Career Fair de l’Institut PSE. En 2026, ce salon de l’emploi a réuni plus de 80 entreprises et plus de 350 étudiants. Pour les élèves francophones, ces liens sont une passerelle directe entre la salle de classe et un premier emploi où le français devient un véritable atout.
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