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Emmanuel Macron inaugurera le temple Mebon Occidental durant sa visite au Cambodge

Après quatorze ans de travaux, le Mebon Occidental, au cœur du Baray occidental, doit ouvrir au public en novembre lors de la rencontre bilatérale franco-cambodgienne. Son inauguration sera présidée par le roi Norodom Sihamoni et le président français Emmanuel Macron.

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Des membres de l'Autorité nationale APSARA inspectent le Mebon Occidental, dans la province de Siem Reap, au Cambodge.
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 20 octobre 2026

La construction de l’édifice religieux remonte à l’apogée de l’Empire khmer, qui a dominé la région du IXᵉ au XVᵉ siècle. De l’ensemble architectural ne subsistent plus que la plate-forme centrale et l’essentiel du mur oriental avec ses portes.


Situé dans le parc d’Angkor, le Mebon Occidental se trouve à environ huit kilomètres d’Angkor Wat, au cœur du plus vaste réservoir d’eau du site. Ce temple hindou a fait l’objet d’une longue restauration évaluée à près de 14 millions de dollars, associant l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) et l’Autorité Apsara.

Les équipes franco-cambodgiennes face à la gestion de l’eau

Selon Hang Peou, directeur général de l’Autorité nationale Apsara, l’un des principaux défis du chantier a été la gestion de l’eau. Au centre du Baray occidental, il a fallu trouver la bonne équation pour assécher la zone des travaux sans pour autant vider le réservoir, une opération qui aurait eu de graves conséquences pour les habitants de la province. Avec une capacité d’environ 56 millions de mètres cubes, le réservoir fournit de l’eau à près de 1 000 hectares de terres agricoles dans la région.

L’eau est omniprésente pour l’édifice, puisque le temple reprend également le symbolisme khmer des fossés et bassins représentant l’océan primordial entourant le monde des dieux de l’hindouisme.

« Bien qu’entouré par ce vaste bassin, le temple abrite également en son sein un autre bassin, avec une île centrale, et enfin un puits en son centre même, rempli d’eau », explique Hang Peou.

Chaque année, le niveau de l’eau ne baisse sensiblement que pendant trois mois. Période pendant laquelle l’édifice est accessible à pied. Ainsi, pour permettre un chantier continu malgré la mousson, un batardeau a été construit autour du temple, les matériaux ont été acheminés par bateau et des maquettes 3D détaillées ont été élaborées en amont des opérations.

« L’équipe française a joué un rôle important dans la restauration. De notre côté, nous devions empêcher l’eau d’envahir le chantier tout en préservant une quantité suffisante pour les besoins de la population », a indiqué Hang Peou.

Une restauration menée dans des conditions difficiles

Au milieu de ce vaste réservoir à ciel ouvert, le temple a été exposé pendant des siècles aux vents et aux vagues. Le transport des machines lourdes, des pierres et des équipes jusqu’au site a également compliqué le chantier.

De nombreuses pierres d’origine avaient été fortement endommagées par les éléments ou déplacées au fil du temps. Plusieurs ont donc dû être remplacées par de nouvelles pierres, et certaines zones ont été entièrement restaurées.

Selon Cheam Pross, architecte et responsable technique du chantier, 140 personnes aux compétences variées ont participé aux travaux, pour la plupart des tailleurs de pierre cambodgiens. Ils ont appliqué la technique dite de l’anastylose, qui consiste à insérer des éléments de remplacement au milieu des pierres d’origine.

La partie orientale du temple, qui menaçait de s’effondrer, a été restaurée avec les autres sections de l’édifice. Selon Hang Peou, elle devrait désormais pouvoir tenir debout pendant 50 à 150 ans.

Tout savoir sur l'histoire de la restauration du Mebon Occidental

La construction de l’édifice religieux remonte à l’apogée de l’Empire khmer, qui a dominé la région du IXᵉ au XVᵉ siècle. De l’ensemble architectural ne subsistent plus que la plate-forme centrale et l’essentiel du mur oriental avec ses portes.

Installé au milieu du Baray occidental, le Mebon constituait un important lieu de culte à l’époque angkorienne. Sa conception servait également un but scientifique de mesure du niveau de l’eau, selon de nombreux chercheurs.

« Pour éviter toute turbulence dans la mesure du niveau de l’eau, notamment à l’extérieur du temple, les gens d’autrefois effectuaient leurs mesures à l’intérieur du puits central, où l’eau était calme et où les mesures étaient plus précises. »

En 1936, à la suite d’un rêve d’un villageois affirmant qu’une statue était cachée sous le temple, des archéologues français ont découvert une imposante statue en bronze de Vishnu couché. Longue à l’origine de 5 à 6 mètres, il s’agit de la plus grande sculpture de bronze khmère connue. Cette découverte a suscité un intérêt renouvelé pour le site et entraîné de nouvelles recherches.

Dans les années 1940, plusieurs campagnes de restauration ont été menées sous la supervision de la Conservation d’Angkor, qui faisait alors office de service technique pour les travaux de conservation réalisés durant la première moitié du XXᵉ siècle.

En 2012, la plus vaste campagne de restauration est lancée entre l’Autorité Apsara et l’École française d’Extrême-Orient, qui bénéficie de l’expertise issue des travaux du temple Baphuon. Quatorze années plus tard, le chantier se termine et le temple renouvelé n’attend plus qu’à se dévoiler au public. Rendez-vous en novembre !

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