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À Phnom Penh, le Musée SOSORO ouvre grand ses portes au public francophone

Un audioguide en français, des écrans tactiles en français, des livrets de visite en français, des ouvrages à consulter ou à acquérir en français… Au Musée SOSORO, les visiteurs francophones disposent de nombreux repères pour découvrir l’histoire du Cambodge par le prisme de sa monnaie et de son économie. De plus, à l’approche du Sommet de la Francophonie, le musée offre toujours une superbe exposition consacrée aux mots français passés dans la langue khmère.

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Musée Sosoro Photo Noé Garde
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 31 octobre 2026

Découvrir un pays par sa monnaie

Le parcours permanent s’ouvre sur une pièce considérée comme le premier objet monétaire émis par un souverain khmer. Découverte par hasard au marché russe par un jeune archéologue, elle est, selon le co-directeur du musée Blaise Kilian, la seule connue de ce type. Sa rareté en fait l’un des objets les plus remarquables de la collection.

 

Piece de mannais su musée sosora

Photo Ana Eduardo

Mais le musée SOSORO ne s’adresse pas uniquement aux passionnés de monnaie. Il raconte l’histoire du Cambodge à travers les liens entre les évolutions politiques, sociales, économiques et monétaires du pays. Les pièces et les billets y deviennent des témoins de leur époque : ils éclairent les choix des souverains, les périodes d’instabilité, les relations avec l’étranger ou encore les changements économiques. Le fil conducteur, selon Blaise Kilian, est celui de la souveraineté. Et avec ses nombreuses ressources en français, le musée donne aux visiteurs francophones plusieurs façons de suivre ce fil : en écoutant, en lisant, en jouant ou simplement en prenant le temps de regarder.

 

livret musée sosoro

Photo Noé Garde

Une visite en français à chaque étape au Musée SOSORO

« Nous avons beaucoup de contenu consultable en français », résume Blaise Kilian. Et il ne s’agit pas seulement de quelques panneaux : le français accompagne les visiteurs tout au long du parcours.

Un audioguide leur apporte des explications sur les collections et les documentaires audiovisuels. Les écrans tactiles proposent aussi des contenus en français, tout comme une grande partie des jeux et des questionnaires de connaissance. Dans le module consacré à l’économie contemporaine, plusieurs vidéos invitent à s’arrêter, à s’asseoir et à explorer différents thèmes à son rythme, là aussi en français.

 

Interieur musé sosoro

Photo Noé Garde

Le musée a d’ailleurs récemment mis à jour cette partie du parcours, afin d’y intégrer des données plus récentes. La nouvelle présentation revient notamment sur les décennies de croissance qui ont suivi la stabilisation du pays et sur les conséquences de la pandémie de Covid-19. Pour accompagner les visiteurs, le musée propose un livret de visite en français sur son exposition permanente. Des livrets jeunesse sont également préparés pour les expositions temporaires. Pensés pour les plus jeunes, ils peuvent aussi donner aux adultes l’envie d’en apprendre davantage, dans un format accessible.

 

livre du musée sosoro

Photo Noé Garde

 

Une exposition à Phnom Penh pour jouer avec les mots français et khmers

À l’approche du Sommet de la Francophonie de novembre 2026, le musée a aussi préparé une exposition temporaire consacrée aux mots français présents dans la langue khmère. Intitulée Angkêt de mots, elle raconte comment les langues empruntent des mots, se les approprient et les font vivre à leur manière.

Son commissaire scientifique, le linguiste et historien Jean-Michel Filippi, a œuvré à cette exposition novatrice et ludique. Le parcours aborde aussi l’histoire de la Francophonie et les liens du Cambodge avec celle-ci, notamment le rôle du roi Norodom Sihanouk, l’un des quatre initiateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

expo Angquet de mot

Photo Noé Garde

Le public peut aussi jouer avec les mots, apprendre comment ils ont été créés et chanter au karaoké sur des chansons françaises reprises ou réinterprétées au Cambodge à l’époque du Sangkum. Une dernière partie s’intéresse à la façon dont la langue française continue de circuler aujourd’hui, notamment via les réseaux sociaux. Des propositions artistiques, dont du théâtre, sont également visibles à intervalles réguliers. Cette exposition est présentée dans un nouvel espace de plus de 200 m², plus vaste que la salle temporaire précédente. Elle inaugure une nouvelle étape pour SOSORO, qui a inclus l’ancien bâtiment de la Banque de l’Indochine dans le périmètre du musée. L’objectif, selon Blaise Kilian, est de rendre ce patrimoine accessible au public et d’en faire un lieu ouvert, à vocation culturelle.

Des livres français à lire sur place ou à emporter au Musée SOSORO

La découverte peut aussi se poursuivre au-delà des salles. La bibliothèque du musée réunit des publications en khmer, en français et en anglais, des ouvrages accessibles à tous les lecteurs comme des livres plus spécialisés.

Le musée a par ailleurs travaillé avec l’association SIPAR à la publication d’un livre illustré et accessible au grand public consacré à l’histoire économique et monétaire du Cambodge. D’abord publié en khmer, il est aussi disponible en français et en anglais. Son ambition : raconter cette histoire de manière claire, sans exiger de connaissances préalables.

 

Livret francophone du musée sosoro

Photo Noé Garde

Dans la boutique, les visiteurs peuvent également trouver plusieurs ouvrages en français. Le musée a notamment remis en vente une partie des Guides archéologiques du Cambodge, rédigés par Bruno Bruguier et son équipe. Organisés par région, ces ouvrages apportent des informations précises sur les sites et peuvent accompagner ceux qui souhaitent partir à leur découverte.

Une étape indispensable pour qui veut comprendre le Cambodge contemporain en profondeur de manière plaisante et en français.

ecolière cambodgiennes visitant le musée sosoro

Photo Ana Eduardo

 

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