Édition internationale

Photo Phnom Penh festival 2026 : neuf photographes cambodgiens à l'aéroport Techo

Du 1er octobre au 31 décembre 2026, l'aéroport international Techo accueille « Focus sur la photographie cambodgienne », une exposition collective du festival Photo Phnom Penh. Neuf artistes, parmi lesquels Mak Remissa, Khvay Samnang et Neak Sophal, y présentent un Cambodge contemporain aux voyageurs qui arrivent ou qui partent, en écho au thème « Habiter le monde ».

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Dans le cadre de la 17ᵉ édition du festival Photo Phnom Penh, l'aéroport international Techo accueille, du 1er octobre au 31 décembre 2026, l'exposition collective « Focus sur la photographie cambodgienne ». Ses commissaires sont Moeng Meta et Sovan Philong, lui-même photographe et directeur de Studio Images, à Phnom Penh. À la différence de la plupart des expositions du festival, dont la durée s'étend du 22 octobre au 22 novembre, celle-ci débute plus tôt et se prolonge jusqu'à la fin de l'année.

Neuf artistes y sont réunis : Khvay Samnang, Lim Sokchanlina, Mak Remissa, Mech Sereyrath, Neak Sophal, Raphaël Pech, Sok Rina, Sovan Philong et Prum Ero. Leurs pratiques, selon le dossier de presse du festival, témoignent de la diversité de la création photographique contemporaine au Cambodge.

« Habiter le monde » : un lieu de passage comme espace d'exposition

Le choix de l'aéroport répond au thème de l'édition. « Habiter le monde » ne se limite pas à disposer d'un lieu où vivre ou d'un pays d'appartenance : le chez-soi se construit aussi dans la langue, les relations, les communautés et les expériences qui forment le sentiment d'appartenance. Il peut être un lieu réel autant qu'un souvenir, une présence ou une histoire, et évoluer au contact de ce qui est étranger.

L'aéroport est présenté comme un espace de départ et d'arrivée, de passage et de retrouvailles, où se croisent des trajectoires. Les photographies y deviennent des points de rencontre entre le Cambodge et le monde, entre ceux qui partent et ceux qui arrivent. L'exposition s'adresse aussi bien aux visiteurs internationaux qu'aux voyageurs cambodgiens. Elle propose de découvrir le pays à travers le regard des artistes et invite à se demander ce qui fait qu'un lieu devient un chez-soi.

L'eau, la danse et la nature : Mak Remissa, Khvay Samnang, Prum Ero

Mak Remissa, né à Phnom Penh en 1970, diplômé de l'École des Beaux-Arts de Phnom Penh en 1995, a travaillé comme photojournaliste avant que ses œuvres ne soient exposées à l'international. Sa série « Water is Life » (2009) montre des poissons, grenouilles, tortues, raies et mollusques, pour souligner le rôle de l'eau dans la préservation des écosystèmes et des communautés. Ses œuvres figurent dans les collections du Singapore Art Museum, du Musée Guimet à Paris, de Photo Elysée à Lausanne et de la National Gallery of Victoria à Melbourne.

Khvay Samnang, né à Svay Rieng en 1982, vit et travaille à Phnom Penh. La série « Popil » (2018), retenue pour l'aéroport, met en scène deux danseurs dans une version contemporaine de la danse classique khmère « Robam kbach boran », prière en mouvement pour la pluie et la fertilité, aux gestes courbes évoquant le serpent ou l'écoulement de l'eau. L'artiste a exposé notamment au Haus der Kunst de Munich (2019), à la ifa Gallery de Stuttgart (2022) et au Jeu de Paume à Paris (2015).

Prum Ero, né en 1989 à Site B, à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, travaille la photographie et la vidéo. Dans « Songket Sakor », photographiée à Koh Kong, dans le sud du pays, il éclaire des récifs coralliens pour attirer l'attention sur leur beauté et leur vulnérabilité. Les lumières suggèrent aussi une frontière protectrice face à la pollution et à la dégradation environnementale.

Territoires, migrations et mutations : Lim Sokchanlina, Mech Sereyrath

Lim Sokchanlina, né à Prey Veng en 1987, mêle photographie, vidéo, installation et performance, à partir de recherches sur ce qu'il nomme l'histoire du présent. Sa série « Wrapping the Future II » confronte la souplesse de la nature à la rigidité de grandes plaques métalliques, qui pourraient être lues comme une métaphore des migrations liées aux pressions économiques et au changement climatique. Il a exposé en 2024 à Tokyo, à Xiamen (Chine) dans le cadre du festival Jimei x Arles, et à Taïwan.

 

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Lim Sokchanlina 

Mech Sereyrath, née à Phnom Penh en 1993, a obtenu en 2018 une licence en gestion des médias à la Royal University of Phnom Penh et a réalisé des films documentaires. Sa série « Market to Supermarket » met en regard deux modes de consommation, le marché et le supermarché, à l'aide de superpositions, de reflets et d'images en miroir : couleurs vives pour le supermarché, tonalités plus sombres et chaleureuses pour le marché. Elle y interroge l'incidence des transformations de la consommation sur les modes de vie.

Portraits et communautés : Neak Sophal, Raphaël Pech, Sovan Philong

Neak Sophal, née à Takeo en 1989, diplômée de la Royal University of Fine Arts de Phnom Penh, réalise des portraits composés en collaboration avec ses sujets. Dans « Hang on », des hommes et des femmes posent dans la rue, le visage dissimulé derrière des objets qui les caractérisent. Dans « Leaf », tournée au village de Wat Po, dans la province de Takeo, les visages d'adolescents et de communautés rurales sont remplacés par des feuilles ou des plantes.

Raphaël Pech, né à Paris en 1978 d'une mère française et d'un père cambodgien, est photographe franco-cambodgien basé à Phnom Penh. Sa série « Riverside Sellers » présente les vendeurs des quais de Phnom Penh, photographiés devant un fond simple dans un studio temporaire, isolés de l'agitation urbaine où ils passent souvent inaperçus.

Sovan Philong, né dans la province de Kandal en 1986, a été photographe au Phnom Penh Post jusqu'en 2011, puis a étudié à l'École Louis-Lumière, à Paris, en 2012-2013. Sa série « Ocean and Human Connecting », issue du projet « Métis : Exploring Humanity's Ties to the Ocean », documente la vie du village de pêcheurs d'Avalatan, près de la frontière thaïlandaise, où maisons, école et pagode sont reliées par un pont de bois d'un kilomètre au-dessus de l'eau.

Le riz comme fil conducteur : Sok Rina

Sok Rina, née à Siem Reap en 1988, est la fille d'un photographe de mariage. Elle a fondé Kravan Photography, une petite galerie qui lui permet de mener des projets artistiques et commerciaux. Sa série « Rice », développée en 2022 dans le cadre du programme Intersections de Photo Phnom Penh, examine la place du riz au Cambodge, lié à l'identité culturelle, à l'économie et au tissu social du pays. Elle a été distinguée par les International Photography Awards en 2021-2022 et par la Japan Professional Photographers Society en 2016 et 2017.

 

 

Informations pratiques
Fini le31déc.

Jusqu'au 31 déc. à 20:00

Adresse

Aeroport international de Phnom Penh
Phnom Penh

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