Photo Phnom Penh Festival 2026 : cinq photographes cambodgiennes à Hiroshima House
Du 22 octobre au 22 novembre 2026, Hiroshima House of Cambodia, à Phnom Penh, accueille « Home, Where We Feel We Belong », une exposition du festival Photo Phnom Penh. Hul Kanha, Keo Ponita, Mao Sovanchandy, Mean Pisey et Neak Sophal y interrogent, à travers l'eau, la terre, le logement et la mémoire, ce qui donne le sentiment d'être chez soi.


Dans le cadre de la 17ᵉ édition du festival Photo Phnom Penh, Hiroshima House of Cambodia accueille, du 22 octobre au 22 novembre 2026, l'exposition collective « Home, Where We Feel We Belong » (« Chez soi, là où l'on se sent à sa place »). Le commissariat est assuré par Moeng Meta. Elle réunit cinq photographes cambodgiennes : Hul Kanha, Keo Ponita, Mao Sovanchandy, Mean Pisey et Neak Sophal.
Habiter un lieu, se sentir chez soi
À travers leurs pratiques, les cinq artistes invitent à réfléchir à l'importance de ce qui les entoure : les lieux que l'on traverse ou que l'on habite, les objets que l'on possède ou que l'on rencontre, les relations qui deviennent plus visibles lorsque l'environnement change, les souvenirs et les expériences qui donnent un sentiment d'appartenance.
Leurs œuvres mettent en regard différentes manières d'habiter et d'expérimenter un lieu. L'eau, la terre, le logement, les histoires personnelles et la mémoire constituent les points de départ d'une réflexion sur la relation à l'environnement, sur ce qui change et sur ce que l'on cherche à préserver, réparer ou réinventer. L'exposition s'inscrit ainsi dans le thème « Habiter le monde » de cette édition.
Hul Kanha : la place des femmes dans la société khmère
Née en 1999 à Siem Reap, Hul Kanha est une artiste pluridisciplinaire. Ses recherches s'articulent autour de la communauté, des femmes, de l'environnement et de la mémoire, à travers la photographie, la performance, la peinture, le découpage de papier, le collage, le pochoir, les projets participatifs et l'installation. Elle est titulaire d'une licence en anglais de la Paññāsāstra University of Cambodia.
Un de ses axes constants porte sur la place des femmes dans la société khmère : elle y questionne des croyances profondément ancrées, notamment sur le corps et le rôle des femmes, tout en célébrant leurs vies, leurs expériences et leurs héritages. Après une première exposition personnelle à Silapak Trotchaek Pneik, organisée par YK Art House en 2023, elle a été invitée comme intervenante et enseignante artistique à la conférence i4i d'ONU Femmes à Phnom Penh. Elle a enseigné l'art au NOMADIX Arts Festival, à Siem Reap, et reçu en 2020 la bourse artistique Treeline Urban Resort Artist Grant. Ses œuvres ont été présentées au Cambodge et à l'étranger, notamment à la Galerie Lee, à Paris, et à ArtXchange Gallery, à Seattle.
Keo Ponita : entre documentaire et observation du quotidien
Née en 1991, Keo Ponita est une artiste documentaire cambodgienne. Son travail personnel oscille entre pratique documentaire et observation du quotidien, et explore souvent les questions de pouvoir et d'autonomie individuelle.
Son projet « Beauty and the Pigs », développé avec le soutien de Noor Images, a été nommé au Leica Oskar Barnack Award 2024. Elle a reçu en 2025 le 8ᵉ Objectifs Documentary Award, dans la catégorie Open, pour « The Hair Between Us », présenté en 2026 en exposition personnelle à l'Objectifs Centre for Photography and Film. Elle travaille aussi comme photojournaliste indépendante et dans la direction artistique de films indépendants.
Mao Sovanchandy : le patrimoine architectural comme mémoire
Née en 1999 à Battambang, Mao Sovanchandy est architecte, photographe et artiste visuelle. Elle explore les structures et les normes sociales à partir de ses propres réflexions et expériences, autour de l'identité urbaine, de l'environnement, de la culture et de la préservation. Ses pratiques visuelles évoquent souvent l'architecture ancienne et patrimoniale, afin de permettre au public de renouer avec la mémoire et de réfléchir au présent et à l'avenir.
Diplômée en architecture de Paragon International University en 2020, elle a remporté le Dogma Prize Award et participé à une exposition à la Galerie Quynh, à Hô Chi Minh-Ville. Elle a pris part à des ateliers et à des expositions en Australie, en Malaisie, en Thaïlande et au Japon, ainsi qu'à l'Angkor Photo Festival, au Jakarta International Photo Festival et à Photo Phnom Penh.
Mean Pisey : portrait et émotions
Née en 1993 à Phnom Penh, Mean Pisey est diplômée de l'University of Management depuis 2017. Elle expérimente les arts plastiques, l'artisanat et le design, notamment à travers des installations intégrant des éléments conçus pour le lieu. Elle travaille souvent autour du portrait et explore les émotions humaines, dont les siennes.
Elle a suivi en 2020 le programme Contemporary Documentary & Photograph, ainsi qu'une formation en photographie au Studio Images organisée la même année par l'Institut français du Cambodge. Elle a participé à plusieurs expositions collectives : « Reflectance » à Treeline Gallery, à Siem Reap (2022) ; « Natte, Nappe, Mappe » (2021) et « Transit » (2020) à l'Institut français du Cambodge ; « The Simultaneous » à Penhart Phnom Penh (2021). Elle vit et travaille à Phnom Penh. Sa photographie « Home », datée de 2023, figure parmi les œuvres associées à l'exposition.
Neak Sophal : portraits mis en scène et voix marginalisées
Née en 1989 à Takeo, Neak Sophal est diplômée de l'Université royale des Beaux-Arts de Phnom Penh. Elle a développé une pratique fondée sur des portraits composés de manière performative, généralement mis en scène en collaboration avec ses sujets.

Son travail met en lumière les luttes et les voix de personnes susceptibles d'être marginalisées dans la société cambodgienne : femmes, communautés rurales, migrants, communautés vulnérables. Ses sujets peuvent choisir de révéler ou non leur identité. Ses œuvres interrogent fréquemment les structures sociales et mettent en évidence les mémoires cachées et les peurs qui façonnent la vie des individus.
Elle a participé à des ateliers et à des expositions en France, en Suède, aux États-Unis, au Japon et en Australie. Son travail a été montré notamment à l'Angkor Photo Festival, à Spot Art (Singapour), au Hong Kong International Photo Festival, au Bangkok Photo Festival, à Asian Eye Culture (Thaïlande), à « Voice of Tacitness » (Chine), à Our City Festival (Cambodge), à SurVivArt (Allemagne) et à Photo Phnom Penh. Sa photographie « Treasure », datée de 2022, accompagne également l'exposition.
Informations pratiquesFini le22nov.
Jusqu'au 22 nov. à 20:00
Adresse
Library Hiroshima House
Phnom Penh






