Édition internationale

Jean Morel republie Teuk, un récit sur le Cambodge des années 1990-2000

Nous avons rencontré Jean Morel pour comprendre pourquoi il a voulu raconter cette histoire, ce qui se trouve derrière la première édition, parue en 2014, et les raisons de la réédition sous un nouveau titre.

teukteuk
livre teuk
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 3 novembre 2026

« L’envie d’écrire a marqué ma vie professionnelle, depuis mes études d’Histoire jusqu’à la découverte des « boat people » en Asie. Mais je n’avais jamais eu le temps de raconter mes aventures. Et puis ma plume était perdue, car mon style était devenu administratif. J’ai donc fait un essai d’écriture. »

Cette première tentative n’a pas entièrement convaincu l’auteur. Ses livres ont été vendus à la librairie de l’ancien aéroport de Phnom Penh, mais certains lecteurs ont jugé des passages un peu lourds. Jean Morel a alors voulu transformer la lecture en promenade dans la ville et dans cette période.

« Ce livre est un témoignage d’une période où les Cambodgiens sortaient de la guerre et du néant de l’éducation et de la vie urbaine… Et avant tout une promenade sur les quais du Mékong. »

Cambodge : l’histoire de Jean Morel et de Teuk

La vie d’un enseignant expatrié au Cambodge il y a trente ans témoigne des difficultés rencontrées au quotidien, alors que le pays sortait de la guerre. Son récit éclaire aussi bien les conditions de vie des Khmers, longtemps privés d’éducation et livrés à eux-mêmes, que celles des nouveaux arrivants.

Jean Morel, le professeur au cœur de cette histoire, est un Français originaire du Nord, passé par Paris et les cabinets ministériels. Expert en commerce, en économie, en droit et en administration, il connaît aussi la géographie de l’Asie. Après la signature des accords de Paris, en novembre 1991, la France le choisit pour une mission d’assistance à l’économie cambodgienne.

Il rejoint alors le gouvernement de l’État du Cambodge comme conseiller économique, avant le retour de la paix et la tenue des élections. Sa mission consiste à accompagner le passage d’une économie planifiée communiste à une économie de marché, fondée sur un Code de commerce, la liberté des prix et celle d’entreprendre.

Jean Morel s’est profondément attaché au Cambodge. Il estime que, s’il avait parlé khmer, il aurait pu devenir ministre du Gouvernement royal dans les années 2000. En 2026, il serait le seul Occidental étranger nommé par le roi au sein du gouvernement actuel et autorisé à porter l’uniforme.

Installé à Siem Reap, il s’est tourné vers l’écriture et poursuit ses activités avec sa petite maison de presse, les Éditions du Mékong. Il publie des ouvrages consacrés aussi bien à « l’Art de la Table » qu’à son premier roman, Il rêvait d’une autre rive.

Phnom Penh : une nouvelle édition remaniée autour de Teuk

La nouvelle version compte 30 chapitres, contre 15 dans l’édition précédente. Jean Morel a retravaillé le texte pendant un an, en cherchant à faciliter la lecture et à entraîner le lecteur dans ses aventures, ainsi que dans celle d’un garçon nommé Teuk, dont la vie difficile va basculer.

Une nouvelle introduction présente les deux personnages principaux et met en avant Teuk, porteur d’eau qui aime les arbres plus que les gens. Le récit suit son parcours dans le Phnom Penh des années 1990-2000. L’auteur évoque une aventure dramatique, susceptible d’émouvoir certains lecteurs.

La plupart des personnages sont inspirés de personnes réelles. Selon Jean Morel, le vécu 

affleure à chaque page d’un ouvrage qui décrit davantage les difficultés de la vie à cette époque qu’il ne relève du roman au sens strict.

L’auteur a également réécrit la fin, allégé certains passages et laissé ouverte la possibilité d’une suite. Celle-ci est déjà publiée : le deuxième tome, plus romanesque, s’intitule Partir.

Où trouver Teuk à Phnom Penh ?

Le livre est diffusé à Phnom Penh par la librairie Carnets d’Asie, à l’Institut français et à Monument Book. Son prix est de 10 dollars.

Une séance de dédicace est prévue le samedi 14 novembre au Pavillon du Sommet de la Francophonie, sur le stand de Carnets d’Asie. Le même jour, de 18 h à 19 h, Jean Morel et Recreation Cambodia invitent des artistes francophones au Bistro 246, dans le cadre du Sommet.

« Je ne cherche pas à vendre un livre, mais à témoigner de cette époque pas très lointaine – trente ans quand même – et à encourager les visiteurs arrivant au Cambodge à s’approcher de la culture locale avant de commencer à parler et à agir. »

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