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« Bubbles from Babel » une performance poético-théâtrale à Phnom Penh

Par Raphaël FERRY | Publié le 13/12/2021 à 18:30 | Mis à jour le 13/12/2021 à 02:12
Photo : Eléonore Sok
Eric Elhul Fait de la balançoire
La scène Phnompenhoise frétille. Les artistes, les metteurs en scène ont rongé leur frein pendant plus d’un an dans l'attente du retour à la scène. Quelques jours après la première de la Cantatrice Chauve, l’Ikigai Arts center prête ses locaux pour la performance « Bubbles from Babel », mercredi 15 décembre à 19h30.
 
Nous avons rencontré Eric Ellul, l’initiateur de ce projet. Ce franco-cambodgien, professeur de lettres et de théâtre au lycée Descartes, est aussi le fondateur de Common Sole, un collectif de création artistique basé sur l’improvisation théâtrale qui trace un sillon original dans le travail de la scène depuis 2012.
 
 
La performance que nous présentons s’appelle « Bubbles from Babel ». L'Ikigai Arts Center a donné l'impulsion pour préparer un événement mêlant la performance artistique et les arts vivants. Nous avons réuni un groupe avec une expérience préalable de la scène, dont certains « performeurs » de la troupe des Improhoks, familiers de Common Sole, partageant le même désir de se rencontrer et de présenter le fruit de leur travail devant un public. Avec Delphine Gayet, Perrine Hennequin et Marjolaine Serrier, nous coanimons cette activité rassemblant des personnes venues d’horizons divers, tels que l’improvisation théâtrale, le cinéma, la musique, le jeu de rôles, la danse improvisée, la poésie iranienne… un véritable vivier d'énergies fécondes.
 
Ce qui nous réunit c’est le goût de l’expression et les circonstances liées au covid qui ont mis des projets et envies de scène en pause. Nous sommes donc avides de retrouver des formes de continuité et nous ressentons une forme d’urgence. C’est pourquoi, ce projet, placé sous le signe du flux et de l’immédiateté, tombe à point :
c’est un vrai pari pour nous de créer une synergie de groupe en très peu de temps et les outils de l’improvisation sont les plus appropriés pour entrer dans une dynamique collective où on s’amuse comme des fous.
Bubbles from Babel Phnom Penh

 

Une performance poétique et théâtrale

 
« Bubbles from Babel » c’est un jeu avec les langages tels que le français, le khmer, l'anglais, le turc, le farsi, l'espagnol, l'italien… Et aussi le langage du corps, qui est "poétique" (pour reprendre l’expression d'un maître du théâtre physique Jacques Lecoq) lorsqu’on l’éveille aux sensations, au mouvement et à la voix.
 
Nous voulons utiliser un langage scénique accessible à tous, comme dans la Commedia dell’Arte ou le mime, c’est-à-dire un langage non-verbal, pré-verbal, en lien avec des émotions susceptibles de toucher un large public.
 
Notre performance ne sera pas « narrative » mais plutôt composée de moments poétiques, qui seront comme des paysages ou des tableaux vivants qui s’enchaînent de manière continue, au gré de notre imagination, de nos émotions et de nos sensations. Pour composer une performance cohérente, nous travaillons de manière assez abstraite à partir de « partitions » ou structures d’improvisation d’où peuvent émerger des situations, des personnages, des poèmes, ou des histoires inédites. 
 

L’improvisation comme outil de communication

 

Cette discipline, l’improvisation, est bien connue sous sa forme de matchs d’impro, mais moins dans cette forme que l’on travaille, qui met en jeu le langage expressif du corps. C’est une véritable performance de la part des acteurs qui sont comme des funambules, toujours sur le fil, à l’écoute de ce qui émerge dans l’instant présent. Tout l’enjeu de cette pratique, c’est de partager cette sensation d’urgence et de risque, et de faire le pari qu’elle va faire naître chez le spectateur des « bulles » magiques d’émotion et de poésie, nées de rencontres imprévues, voire de chutes cruelles. J’aime cette notion de spectacle qui laisse la liberté au public d’imaginer des histoires, de se laisser saisir par une émotion impromptue et de prolonger les liens empathiques que l'on a tissés sur scène entre nous grâce à l'impro.

 

 

 

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raphaël ferry

Raphaël FERRY

Installé au Cambodge en 2010. Je suis tout de suite tombé amoureux du pays et de sa population. Curieux de tout, aimant découvrir l’humain, ses passions, ses motivations, son art de vivre…
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Raphael Ferry

Rédacteur en chef de l'éditon Cambodge.

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