Interview - LYNX, un club d'investisseurs pour aider les start-ups

Par Grégory Rateau | Publié le 08/06/2020 à 00:00 | Mis à jour le 08/06/2020 à 06:33
Photo : Luka Zivkovic
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Au moment où les entreprises sont mises à mal par la crise liée au coronavirus, plusieurs investisseurs ont décidé de se réunir au sein d'un projet, LYNX, qui se donne pour mission de soutenir les start-upers. Rencontre avec Luka Zivkovic, Vice-Président Communications et Evènements au sein La French Tech Bucarest et membre fondateur de LYNX.

 

 

Grégory Rateau : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je suis Luka Zivkovic, implanté à Bucarest depuis 4 ans et demi maintenant, après avoir vécu en Allemagne, au Royaume-Uni, et en Estonie.
Etant passionné de café, je suis à l’origine de plusieurs projets tels que la Bucharest Coffee Week et Coffee Map. Amateur de bière artisanale, je me suis récemment associé avec les brasseurs de One Beer Later. Enfin, la « tech » représente, elle aussi, une partie importante de mes journées, travaillant pour TELUS International au département Product Marketing, étant Vice-Président Communications et Evènements au sein La French Tech Bucarest et un des membres fondateurs de LYNX, le club d’investisseurs que nous avons récemment lancé, en lien avec la French Tech Bucarest. Lorsqu’il me reste du temps libre, je voyage et m’intéresse à l’architecture (notamment le brutalisme, le modernisme, le Bauhaus, l’Art déco)

 

Le projet que vous lancez actuellement consiste à réunir à chaque trimestre des hommes d'affaires souhaitant investir dans des start-ups. Combien sont-il prêts à investir, pour quelles raisons s'engagent-ils et sous quelles conditions? Quels bénéfices pour eux?

Les « tickets » que les investisseurs sont prêts à mettre varient entre 10.000 et 100.000 euros selon les envies de chacun. Bien entendu, ils n'ont aucune obligation d’investir lors de chaque réunion trimestrielle, cela se fait selon les projets qui leurs sont présentés.
Plusieurs raisons motivent les investisseurs potentiels à se joindre à nous. Premièrement, ces investisseurs potentiels sont de plus en plus nombreux, et sont, pour la plupart, très actifs dans leurs tâches professionnelles, ce qui ne leur laisse pas forcement beaucoup de temps pour identifier les start-ups existantes dans la région.
Ensuite, vous comprendrez qu’une décision d’investir dans une start-up n’est pas sans risque. Le fait de réunir plusieurs investisseurs autour d’une table offre un capital confiance qui leur permet de prendre des décisions plus sereinement, en discutant avec d’autres investisseurs également présents.

 

Que pensez-vous des répercussions qu'aura cette crise sanitaire sur la vie des start-ups?

Il est évident que certaines start-ups subissent de plein fouet cette crise et devront repenser leur « business model ». Cependant, c’est aussi une opportunité unique de repenser l’économie actuelle et le monde dans lequel nous vivons. Lors des deux derniers mois, nous avons déjà eu l’occasion de voir plusieurs start-ups se créer, ou s’adapter très rapidement, en offrant des services ayant un impact positif sur la société.

 

L'état roumain soutient-t-il assez les start-upers roumains?

Il faut poser ces questions aux start-ups elles-mêmes. Je suppose que la réponse est que ce n’est jamais « assez », mais l’état roumain n’a pas été inactif durant cette période.

 

Quelles perspectives pour les prochains mois selon vous?

Les prochains mois vont probablement être difficiles pour l’économie roumaine. Mais, encore une fois, je pense que cette période est une opportunité unique de repenser nos économies, de proposer des alternatives aux modes de vie pré-COVID et donc de stimuler l’entrepreneuriat en Roumanie.
On l’a vu récemment avec, par exemple, les entreprises roumaines de télémédecine, qui commencent à gagner en visibilité dans les médias, et donc auprès de la population.

 

Existe-t-il une véritable solidarité, une entre-aide au sein de la French Tech? Comment se matérialise-t-elle concrètement?

Bien sûr, nous communiquons de temps en temps avec Paris, afin d’aligner nos initiatives avec ce qui se fait ailleurs. Nous travaillons énormément avec les autres French Tech de la région. Toutes les semaines, nous avons un « call » avec les French Tech de Cracovie, Sofia, Belgrade, et, depuis quelques semaines, avec les toutes nouvelles French Tech de Kiev et Prague. Cela nous permet d’échanger des « best practices », mais également d’organiser des projets en commun. Aussi, nous avons organisé des rencontres et un live avec la French Tech de Lille.

 

Comment passer du start-uper au chef d'entreprise?

Je ne pense pas qu’il y ait de « voie » pour passer de l’un à l’autre. On peut très bien être à la tête d’une entreprise de 5000 employés et être « start-uper » tout comme « être chef d’entreprise » et n’avoir qu’un seul salarié.

 

Quels sont les principaux défis de la French Tech pour cette année qui s'annonce difficile pour tous les secteurs?

Un des défis majeurs est l’absence d’évènements. Nous en avons organisé plusieurs en 2019 et c’est vraiment ce qui nous permet d’offrir des opportunités aux start-ups de rencontrer des investisseurs ou des directeurs de grands groupes afin d’offrir leur expertise. LYNX est un excellent moyen d’accompagner concrètement les start-ups, en leur offrant de réelles opportunités d’obtenir les investissements nécessaires pour se développer. Nous travaillons également sur d’autres projets, afin que les start-ups puissent compter sur nous durant cette période.

 

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
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