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Étudier en Roumanie: Rencontre avec Marion, en troisième année vétérinaire à Cluj

Par Sébastien Teissier | Publié le 21/12/2021 à 00:00 | Mis à jour le 30/12/2021 à 16:08
Marion étudiante en deuxième année vétérinaire à Cluj

Pour sa chronique hebdomadaire, Sébastien Teissier, notre correspondant à Iasi, se rendra tous les mois à la rencontre des étudiants francophones de Roumanie. Aujourd'hui il donne la parole à Marion Breuil, une jeune étudiante française en troisième année de vétérinaire à l'USAMV de Cluj, qui nous partage ici son expérience.

 

Sébastien nous explique: "Comment ne pas aimer ce petit chiot tout mignon? Mais comme tout être vivant, malheureusement il tombe malade. Intéressons-nous à celles et ceux qui soignent nos petites bêtes poilues que nous aimons tant. Grâce à Marion nous avons l’opportunité de mieux connaître cette formation, qui est un véritable parcours du combattant pour les futurs vétérinaires..."

chien qui dort dans l'herbe


Sébastien Teissier: Décris-nous ton parcours.

Marion: J’ai toujours voulu devenir vétérinaire. Toute petite je voulais déjà aider les animaux. J’ai toujours voulu travailler avec eux parce que depuis ma plus tendre enfance je les aime profondément. J’ai grandi dans une famille qui a toujours eu des animaux et j'ai vécu à la campagne, avec des vaches, des chevaux etc…En grandissant, j’ai un peu douté par rapport au fait de devenir vétérinaire à cause de la difficulté pour entrer en école vétérinaire en France… Mais mon stage de découverte en entreprise quand j’étais en troisième au collège, que j’avais fait chez un vétérinaire, m’avait encouragée à poursuivre mon rêve. Cependant, au lycée, je n'étais pas une élève brillante, loin de là. J’ai vite réalisé que rentrer dans une prépa BCPST serait impossible. Alors, je me suis tournée vers des solutions intermédiaires: DUT, BTS qui me donneraient accès au concours C et écoles vétérinaires à l’étranger. C’est comme ça que j’ai découvert les écoles de Roumanie. J’ai fait des demandes et je n’avais pas été acceptée, j’ai donc commencé un BTS Gestion et Protection de la Nature pendant 2 semaines. A ce moment-là, l’USAMV a ajouté 15 places par promotion en section française et a relancé des inscriptions pour combler ces nouvelles places. J’ai été acceptée lors de ces sélections (environ une semaine après) et je suis partie pour Cluj-Napoca, quelques jours plus tard! C'est ainsi que j’ai commencé mes études vétérinaires au sein de l’USAMV de Cluj depuis maintenant 2 ans et demi et j’en suis très heureuse.

 

 

Pourquoi avoir choisi la Roumanie ?

Quand j’ai fait des recherches pour devenir vétérinaire, j’ai regardé les écoles vétérinaires à l’étranger. Elles sont payantes certes car elles sont privées mais elles sont littéralement plus accessibles que les écoles françaises. Ces écoles n’exigent pas le passage d’un concours comme en France, juste l’obtention du Baccalauréat. Elles sélectionnent sur les notes du Baccalauréat et sur l’investissement pour la cause animale (implication dans des associations, des stages chez des vétérinaires, …). J’avoue avoir aussi regardé les prix par an. Les écoles vétérinaires de Roumanie faisaient partie des écoles les moins chères, ce qui a, au début, beaucoup influencé mes préférences. J’ai donc contacté des étudiants pour leur poser des questions sur les études (niveau de langue des professeurs, difficulté des études, équipements de la faculté) et sur leur lieu de vie (si la vie étudiante battait son plein, quelle était l’ambiance générale de la ville, etc). J'en ai conclu que Cluj-Napoca avec l’USAMV me correspondaient le mieux. C’est pour ça que lors des vacances de Pâques avant mon passage du Bac, je suis venue visiter la faculté, rencontrer Antonia Cucu (la personne qui prend en charge les élèves de la section française et anglaise et qui fait un travail incroyable) à qui j’ai pu poser plein de questions et rencontrer des étudiants, mais aussi visiter la ville.
La Roumanie est un très beau pays, dans tous les sens du terme. Pour les amoureux de la nature, on y trouve tout type de paysages, des randonnées à foison, des ours (beaucoup), tout type de faune et de flore. Pour ceux qui préfèrent la ville et ses commodités, la Roumanie a aussi de très grandes villes et des petites villes avec leur charme typiquement roumain. De plus, la qualité des cours est importante! Les professeurs sont toujours à l’écoute de nos questions. Il faut aussi garder en mémoire qu’ils exercent dans une langue qui n’est pas la leur et que c’est compliqué pour eux.

chat

 

Expliques-nous comment devient-on vétérinaire en France ?

Le recrutement dans les quatre Écoles Nationales Vétérinaires (ENV) est réalisé par concours, soit juste après le bac, après deux années d'études. La grande majorité des étudiants est titulaire d’un baccalauréat scientifique. Le concours d’entrée est organisé au niveau national par le ministère chargé de l’agriculture, et commun à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur publics placés sous sa tutelle.  
Il existe sept voies d'entrées
Pour l'année 2021, le concours commun offre 806 places réparties dans les quatre écoles nationales vétérinaires (ENV d'Alfort, Lyon, Toulouse et Nantes).
Sept voies de recrutement sont déterminées :
⦁    Le concours post-bac est destiné aux élèves de la série générale inscrits pour la première fois en classe de terminale et est subordonné à l’obtention du baccalauréat lors de l’année d’admission. Il permet l'accès à la première année commune aux quatre ENV.
Les voies suivantes permettent d'accéder à la 2e année des études vétérinaires :
⦁    Le concours A est ouvert aux étudiants issus de classe préparatoire Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre (BCPST) ; il s’agit de la voie nettement majoritaire ;
⦁    Le concours A-TB est destiné aux étudiants issus de classes préparatoires spécifiques, réservées aux titulaires de baccalauréats technologiques « sciences et techniques du laboratoire » et sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) ;
⦁    Le concours B est ouvert aux étudiants issus d’une filière scientifique de L3 ;
⦁    Le concours C est organisé pour les étudiants titulaires de DUT dans le domaine de la biologie, ainsi que de certaines spécialités de BTS ou de BTSA ;
⦁    Le concours D est un concours sur titre ouvert aux titulaires du grade de docteur en médecine, de docteur en pharmacie, de docteur en chirurgie dentaire, ou d’un master avec une dominante biologie. Cette voie ne représente en moyenne qu’un candidat par an et par école, sélectionné dans un premier temps sur dossier en fonction de son profil et de son projet, avant d’être soumis à un entretien.
⦁    Enfin, le concours E est réservé aux étudiants des Écoles Normales Supérieures de Cachan et de Lyon admis en liste principale par la voie A lors de la session de concours précédente.
Pour 2021, l'arrêté ministériel prévoit pour l'EnvA (Alfort): 40 places post-bac, 110 places ouvertes par la voie A, 2 par la voie A-TB, 17 par la voie B, 30 par la voie C, 1 par la voie D et 3 par la voie E.
La diversité des modalités d’entrée permet un recrutement ouvert à des étudiants ayant suivi différents parcours et de différentes catégories professionnelles. La proportion d’étudiants boursiers à l’EnvA est de l’ordre de 30 à 40%.

 


Que feras-tu après l'obtention de ton diplôme ?

Après l’obtention de mon diplôme, j’irai travailler dans une clinique en France. Je ne sais pas exactement dans quelle région ou dans quelle branche du métier (même si pour le moment, le mixte me plaît plus). J’hésite actuellement à faire une spécialisation mais je me déciderai bien assez vite car j’ai encore du temps devant moi pour exercer et définir clairement mes préférences.

marion-breuil-veterinaire

 

Existe-t-il des "déserts vétérinaires" au même titre que les déserts médicaux en France ?

Je ne sais pas si l’on peut appeler ça des “déserts vétérinaires” mais en France, il existe des zones dans lesquelles il faudrait plus de vétérinaires. Ce manque de vétérinaires est principalement dû au fait que les anciens prennent leur retraite et que les jeunes diplômés ne sont pas forcément intéressés par l'exercice d'une profession rurale ou mixte. En effet, les vétérinaires dans le domaine rural sont ceux dont le nombre est le plus à déplorer. De manière générale, il manque des vétérinaires un peu partout en France. Mais dans certaines régions, ce manque se fait beaucoup ressentir : on trouve beaucoup d'offres d'emploi dans ces parties de France. Le manque de main d'œuvre est flagrant et la plupart des éleveurs sont en difficulté quant à l'accès à des soins vétérinaires.


 

Peux-tu donner 3 conseils aux futurs candidats en faculté de vétérinaire en Roumanie ?

  • Donnez-vous les moyens de rentrer dans la faculté! La Roumanie prend de la notoriété et, malheureusement, le niveau requis pour être accepté augmente et la sélection devient plus rude. Ne lésinez ni sur les efforts pour avoir de meilleures notes ni sur votre investissement. Je sais pertinemment qu’on n’y a pas forcément pensé quand on sort du bac mais faites des stages, du bénévolat et obtenez un maximum de recommandations, …
  • Demandez des avis que ce soit celui des étudiants ou celui des professionnels (professeurs, responsables des sections étrangères, …). Il existe des groupes Facebook pour les étudiants francophones en école vétérinaire en Roumanie. Il ne faut surtout pas hésiter à poser toutes vos questions. Il n’ y a pas de question bizarre. Il faut prendre en considération que vos études vont durer 6 ans. 6 ans, c’est très court quand on se sent bien et à sa place mais 6 ans, c’est aussi extrêmement long quand on n'est pas bien. Commencer ses études avec un maximum d’informations, c’est un grand pas pour s’intégrer et se sentir à l’aise à son arrivée en Roumanie.
  • Visitez les facultés qui vous intéressent et la ville autour. Encore une fois, vous allez y vivre 6 ans, c’est important de se sentir bien chez soi!
  • Je sais que c’est un bonus mais si vous pouviez apprendre un peu la langue roumaine, ça serait pour vous une belle opportunité. Ce n’est pas essentiel, et de toute façon, vous l’apprendrez en partie au cours de vos études. Mais sachez que si vous voulez visiter la Roumanie, vous rencontrerez des locaux qui ne parlent pas forcément anglais ou français (oui, beaucoup de Roumains comprennent très bien le français même s’ils ont du mal à le parler. La plupart l’ont appris à l’école! C’était même obligatoire sous Ceausescu.). Dans ces situations, le roumain vous sera pratique et dans la vie de tous les jours, c’est plus simple de le parler.

chien a la montagne

 

Il ne reste plus que quelques jours avant Noël, nous vous souhaitons donc de joyeuses fêtes de fin d'année et un excellent départ pour l’année 2022!

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Grégory Rateau

Rédacteur en chef de l'éditon Bucarest.

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