Édition internationale

Huit sublimes lauréats pour les Trophées des Français de l'Est américain 2026

Qu’ont en commun une danseuse, une agence immobilière, la santé numérique, le rapprochement franco-américain ou encore l'accompagnement solidaire ? Les Trophées des  Français de l'Est américain bien sûr ! Découvrez les parcours incroyables des lauréats de la quatrième édition des Trophées des Français de l'Est américain qui font rayonner la France outre-Atlantique. Leurs parcours ont été mis à l’honneur ce 1er octobre 2026 au Consulat, en présence de Cedrik Fouriscot, Consul général de France à New York.

Les lauréats des trophées de l'est américain 2026Les lauréats des trophées de l'est américain 2026
©Anne Vandycke
Écrit par Damien Bouhours
Publié le 28 septembre 2026, mis à jour le 3 octobre 2026

 

Joseph et Nathaniel Raberin Holder, lycéens et fondateurs d’Alley-Oop (New York)

Trophée Jeunesse, remis par LyFEL

À New York, Joseph et Nathaniel ont un quotidien de lycéens presque ordinaire. Les cours au Lycée Français de New York, les entraînements de basket et les projets pour l’avenir occupent leurs journées. Mais depuis leur voyage au Sénégal, les deux frères consacrent aussi une partie de leur temps à un projet qui les dépasse. Lors de leur séjour, ils découvrent Village Pilote, une organisation qui accompagne des jeunes en situation de vulnérabilité. Le sport y occupe déjà une place importante. Les éducateurs utilisent notamment les activités sportives pour transmettre des valeurs comme le travail collectif, l’effort et la confiance en soi. Une réalité qui interpelle les deux adolescents, habitués à pratiquer le basketball à New York. « On est tombés un peu amoureux de l’idée de construire un terrain là-bas pour ces enfants qui n’en avaient pas », raconte Joseph. L’idée d’Alley-Oop commence alors à prendre forme. Pour les deux frères, il ne s’agit pas simplement d’envoyer du matériel ou de faire un don ponctuel. Ils veulent participer à la création d’un véritable lieu de pratique. « Notre ambition pour le basket est beaucoup plus grande qu’un simple don », explique Joseph.

 

De New York à Dakar, des jumeaux français font du basket un projet solidaire

 

Pour financer le projet, Joseph et Nathaniel organisent une première levée de fonds à New York en mai 2025. La famille et la communauté française se mobilisent autour de leur initiative. Des objets sont mis aux enchères, dont un maillot signé par Victor Wembanyama, et les dons permettent progressivement au projet de prendre une autre dimension. La collecte publiée en ligne affichait un objectif de 20 000 dollars. Elle a finalement atteint 20 505 dollars grâce à 46 dons. Alley-Oop ne s'arrête d'ailleurs pas à cette collecte. Les deux frères réfléchissent également à la manière de rendre leur initiative durable, notamment avec la création de vêtements et d'accessoires dont une partie des revenus doit contribuer au projet.

« On ne voit pas vraiment ce projet comme un travail à faire », expliquent-ils. Cette organisation leur permet aussi de découvrir une autre facette de leur passion, celle de l’entrepreneuriat. Avec leur marque et les différentes initiatives autour d’Alley-Oop, les jumeaux apprennent à communiquer, gérer un budget, organiser des événements et défendre un projet auquel ils croient.

 

Le voyage effectué au Sénégal en juillet 2026 leur permet de voir concrètement l’avancée du projet. Sur place, les travaux du terrain ont commencé avec la préparation de la dalle. Pour Nathaniel, le souvenir le plus marquant reste cependant la rencontre avec les jeunes de Village Pilote. « C’était très émouvant parce que les enfants étaient très accueillants, très enthousiastes », raconte-t-il. Il se souvient également de leur implication pendant les travaux. À terme, les deux frères imaginent même la création d’une équipe propre à Village Pilote, avec une identité et un maillot : les « Dragons de Village Pilote ».

 

 

 

 

Juliette Fisbein, fondatrice de Women4Women (New York)

Trophée Women Empowerment, remis par Carexpat 

À Brooklyn, Juliette Fisbein a fait de l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales le cœur de son engagement. En 2021, elle fonde Women4Women, une association destinée à soutenir les femmes en situation de vulnérabilité et leurs enfants, notamment lorsqu’elles doivent reconstruire leur vie après une relation abusive. 

L’idée est née d’une rencontre pendant la pandémie. Une amie lui présente Fathema, une jeune mère originaire du Bangladesh, qui élève un garçon de sept ans. Les deux femmes se rapprochent dans un parc. Juliette découvre alors les difficultés auxquelles Fathema est confrontée, trouver un logement, assurer les besoins de son enfant et effectuer seule les démarches nécessaires à une nouvelle vie. « Je trouvais ça horrible que ce soit à elle de tout reconstruire », raconte-t-elle. Cette rencontre lui fait prendre conscience de la complexité du parcours qui attend les femmes après une séparation marquée par les violences.

 

Juliette Fisbein, l’avocate française qui accompagne les femmes de Brooklyn vers une nouvelle vie

 

Women4Women accompagne les femmes à travers deux programmes, All In et Referrals. L’association les aide à identifier leurs besoins et les met en relation avec des professionnels ou des structures susceptibles de leur apporter une réponse. Le logement, l’emploi, la formation, la santé physique et mentale, la garde d’enfants ou encore la gestion financière font partie des domaines dans lesquels les bénéficiaires peuvent être accompagnées. L’association accompagne également les femmes dans leur retour à l’emploi, la reprise d’études ou la reconstruction de leur équilibre personnel. Ses bénéficiaires sont appelées les Thrivers , un terme qui souligne leur capacité à aller au-delà de la survie et à reprendre leur vie en main.

 

Juliette Fisbein insiste sur le caractère collectif de cette mission. Women4Women s’appuie sur une équipe de bénévoles et sur un réseau de professionnels qu’elle a développé au fil des années à Brooklyn. Travailleurs sociaux, psychologues, professionnels du droit ou encore acteurs locaux peuvent intervenir selon les besoins. Des entreprises ont également proposé leur aide. Ces soutiens permettent aux bénéficiaires de retrouver des services auxquels elles n’ont pas toujours accès, mais aussi de renouer avec des activités qui contribuent à leur bien-être. Elle souhaite poursuivre les actions de prévention et les collaborations avec des cabinets d’avocats et d’autres organisations, notamment dans le cadre d’initiatives consacrées aux victimes de violences conjugales.

L’association souhaite désormais renforcer ses moyens humains et financiers. Elle dispose notamment d’une travailleuse sociale et d’une superviseure clinique. Juliette Fisbein espère également développer les dons mensuels afin de pouvoir accompagner davantage de familles. Son objectif est de soutenir jusqu’à 30 familles par an. « Ce n’est pas l’association qui sauve ces femmes. Elles le font avec leur volonté propre, avec leur force », affirme-t-elle.

 

 

Renaud de Tilly, fondateur de De Tilly Real Estate (New York) 

Trophée Rayonnement français, remis par MSGL by Jade Fiducial 

Le 2 mars 2016, Renaud de Tilly arrive à New York avec sa famille. Il connaît déjà l’immobilier et le monde du luxe en France, mais le marché new-yorkais lui est encore étranger. Pendant les premiers mois, il se forme, obtient sa licence et commence à travailler dans une agence immobilière internationale. Il découvre alors un marché où les journées peuvent s’enchaîner au rythme des visites. Il se constitue progressivement un réseau et prend rapidement des responsabilités. Un peu plus d’un an après son arrivée, il devient directeur du bureau new-yorkais de l’agence. Pendant près de trois ans, il encadre une équipe d’agents et développe l’activité.

 

Puis sa situation personnelle change complètement. Son divorce entraîne également la perte de son visa. Sans autorisation de travail, il doit quitter son poste de directeur. Il doit aussi trouver un nouveau logement et faire face à l’éloignement de ses quatre enfants. « A ce moment-là, j’étais vraiment au plus bas de ma vie », raconte-t-il aujourd’hui. Pour rester aux États-Unis, il choisit alors une voie entrepreneuriale. En février 2018, il crée De Tilly Real Estate et prépare son dossier pour obtenir un visa E-2 d’investisseur. Il lui faut réunir des fonds, engager des salariés et démontrer que son projet peut fonctionner dans la durée. Novembre 2018, le visa est finalement accordé. Quelques jours plus tard, il retrouve ses enfants et une entreprise à faire grandir.

 

Renaud de Tilly, la résilience française à New York pour une réussite à l'Américaine

 

Renaud de Tilly choisit rapidement de travailler avec une clientèle française et francophone. Son expérience lui permet aussi d’identifier une difficulté récurrente chez les expatriés,  les démarches immobilières américaines ne correspondent pas toujours aux habitudes françaises. L'agence s'est donc développée autour de cet accompagnement, de la constitution des dossiers jusqu'à la négociation. Mais Renaud de Tilly ne veut pas réduire son activité à un service destiné aux Français. Sa connaissance des deux marchés est devenue l’un de ses arguments principaux. Au fil des années, les recommandations ont pris une place importante dans son développement. Aujourd’hui, l’agence travaille aussi bien avec des particuliers et des familles qu’avec des investisseurs ou des family offices.

Renaud de Tilly a également développé une activité à Paris avec Marius Coulon, qui faisait auparavant partie de son équipe à New York. L'objectif est notamment d'accompagner des clients américains souhaitant acheter ou investir dans la capitale française. L'agence parisienne fonctionne ainsi dans le prolongement du travail réalisé à New York, avec une clientèle qui circule entre les deux pays. Miami complète aujourd’hui ce réseau grâce à un partenariat avec un courtier local. Pour Renaud de Tilly, ces différentes implantations répondent à une réalité de plus en plus fréquente, certains clients ne se limitent pas à un seul marché et peuvent avoir un projet à New York, à Paris ou en Floride. Celui qui se définit comme un « Lifestyle Expert » regarde toujours vers l’avenir. Son objectif pour les prochains mois est notamment de renforcer son équipe à New York et de recruter des agents américains expérimentés. Après avoir développé une clientèle largement francophone, il souhaite désormais élargir davantage son activité au marché local.

 

Leïla Bessila, astrophysicienne et cofondatrice du Projet Matilda (Chicago)

Trophée Education, remis par la FASNY

À 28 ans, Leïla Bessila a déjà construit un parcours entre mathématiques, physique et astrophysique qui l’a menée de la France aux États-Unis. Installée à Chicago depuis quelques mois, elle poursuit ses recherches à Northwestern University et travaille également avec le Flatiron Institute à New York. Son domaine de recherche porte sur l’astérosismologie, une discipline qui permet d’étudier l’intérieur des étoiles à partir de leurs oscillations.

Pour expliquer son métier, la chercheuse préfère une image simple,  « Je présente souvent l’astérosismologie comme le chant des étoiles. » Les étoiles produisent des oscillations que les scientifiques peuvent analyser. Ces signaux permettent ensuite de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur de ces astres. « On arrive à détecter ces sons qui nous permettent de comprendre beaucoup de choses qui se passent à l’intérieur. » Derrière cette image presque poétique se cache un travail particulièrement technique. Leïla Bessila fait notamment le lien entre les données recueillies par les missions spatiales et les modèles permettant de les interpréter. « Mon job est de faire le lien entre les observations des missions spatiales et ce qu’on peut en déduire concrètement sur les étoiles », résume-t-elle. Cette recherche devrait notamment bénéficier des données de la mission spatiale PLATO de l’Agence spatiale européenne, dont le lancement est prévu début 2027.

 

Leïla Bessila, du chant des étoiles à la transmission des sciences avec le Projet Matilda

 

Leïla Bessila enseigne depuis plusieurs années. Elle donne d’abord des cours pendant ses études, avant de faire de la transmission une véritable composante de son parcours professionnel : « J’ai toujours adoré l’enseignement. » Cette expérience la conduit progressivement à s’interroger sur l’accès aux sciences et sur la manière dont elles sont présentées aux plus jeunes. Pendant sa thèse, elle confonde ainsi Projet Matilda avec deux collègues. L’objectif est de rapprocher les sciences des jeunes, en particulier des filles et des élèves issus de milieux moins favorisés. Le projet cherche à « rendre les sciences un peu plus accessibles, un peu moins élitistes, un peu moins scolaires et introduire un peu plus de fun ». En trois ans, Projet Matilda a touché près de 100.000 jeunes et compte aujourd’hui six salariés. L’association organise notamment des ateliers, des conférences et des actions de médiation scientifique. Elle a également créé l’exposition itinérante « Lumière sur les Femmes de Sciences », consacrée à dix scientifiques et à leurs découvertes.

Au-delà de ses recherches en astrophysique, Leïla Bessila a fait de la transmission scientifique un véritable fil conducteur. Entre les étoiles qu’elle étudie à travers leurs oscillations et les jeunes auxquels elle cherche à transmettre le goût des sciences, son parcours repose finalement sur une même volonté, comprendre, puis partager.

 

Rose Barbantan, danseuse (New York)

Prix du public, remis par la Banque Transatlantique 

À 25 ans, Rose Barbantan a déjà passé une grande partie de sa vie loin de la France. Elle part à 14 ans au Portugal, où elle suit une formation particulièrement exigeante. L’enseignement y est très axé sur la technique, la précision et la maîtrise du corps. Quelques années plus tard, elle poursuit son parcours à New York. Elle intègre le Certificate Program de l’Alvin Ailey School, une formation professionnelle de trois ans dont elle est diplômée en 2022. Le ballet et la danse moderne y occupent une place centrale. Mais son expérience américaine lui apporte bien plus qu’une nouvelle méthode de travail. Elle lui apprend aussi à aborder la danse autrement.  À New York, elle découvre davantage de liberté dans l’interprétation. « J’ai aussi appris à me vendre », explique-t-elle. Dans un milieu où les auditions et les collaborations rythment les carrières, savoir défendre son travail devient presque aussi important que la technique.

Depuis sa sortie de l’Alvin Ailey School, Rose travaille comme danseuse professionnelle freelance. Elle collabore avec plusieurs compagnies et chorégraphes, parmi lesquels Jamel Gaines Creative Outlet, SHIFT Dance Company, Accent Dance NYC et CRance Company de Caterina Rago. « Mon planning se gère en fonction de leurs besoins, leurs répétitions et leurs spectacles », résume-t-elle. Ce fonctionnement demande de la souplesse, mais aussi une capacité à passer rapidement d’un projet à l’autre.

 

Rose Barbantan, danser pour trouver sa place à New York

Rose a récemment participé au Battery Dance Festival, dans le sud de Manhattan. Elle y a dansé avec l’une de ses compagnies, avant de terminer le spectacle par un solo, face à la Statue de la Liberté. Cette représentation avait une signification particulière. À son arrivée aux États-Unis, huit ans plus tôt, elle avait assisté à ce festival et s’était fait la promesse de s’y produire. « C’est un peu comme si la boucle était bouclée », raconte-t-elle.

Même si New York est devenue son principal point d’ancrage professionnel, Rose continue de revenir en France pour participer à des créations. Depuis deux ans, elle travaille notamment avec le chorégraphe Richard Bonnosaltek. Elle s’est produite au Théâtre antique d’Arles en 2024, puis à nouveau en juillet 2026 dans la création Amours. Ces projets français prolongent ainsi son parcours américain sans l’interrompre. Ils lui permettent de travailler avec d’autres artistes, de retrouver sa famille et de maintenir un lien concret avec son pays d’origine.

 

En parallèle de ses activités sur scène, Rose enseigne le ballet et la danse moderne dans des écoles publiques de New York, dans le cadre d’un partenariat avec une compagnie. Elle donne également des cours dans une école privée à New Rochelle. Enseigner ne consiste pas seulement à corriger une position ou à faire répéter un mouvement. Elle souhaite transmettre une énergie et une confiance qu’elle aurait aimé retrouver dans ses propres années de formation. « J’espère leur transmettre un peu de cette envie en tant que jeune artiste », explique-t-elle. Son prochain rendez-vous est déjà fixé, une tournée en France avec l’une de ses compagnies, du 1er au 8 novembre 2026, avec une étape à Paris. Pour le reste, elle préfère ne pas trop anticiper. « J’espère pouvoir toujours autant danser et me régaler à New York », confie-t-elle.

 

Alexia Sibony, Fondatrice et CEO de Loyalbee.ai (Boston/Miami) 

Trophée Social et Humanitaire, remis par la Caisse des Français de l'étranger
 

Depuis plus de 15 ans, Alexia Sibony construit un parcours international à la croisée de la santé, de la technologie et de l’accompagnement des patients, entre la France, Monaco, la Suisse, l’Irlande et les États-Unis.

Après avoir débuté comme kinésithérapeute et auditrice qualité, elle s’engage très tôt dans la transformation des parcours de soins. En 2015, elle cofonde et préside le Congrès Connected Health Monaco, qui réunit pendant cinq ans plus de 500 participants et 100 sponsors autour des enjeux de la santé numérique. Installée à Boston en 2016, elle rejoint plusieurs entreprises internationales de la healthtech (Orbita, MindMaze, BewellConnect) et participe au développement de solutions de santé connectée, d’intelligence artificielle et de rééducation numérique.

 

Alexia Sibony, de la kinésithérapie à l’IA pour prolonger le soin

Son engagement s’étend également à l’accompagnement de l’écosystème entrepreneurial et au rayonnement français aux États-Unis. En 2018, elle cofonde La French Tech Boston, qui rassemble plus de 100 entrepreneurs tech et organise un événement mensuel pendant deux ans. Elle devient ensuite Conseillère du Commerce extérieur de la France en 2020 et vice-présidente du bureau des CCE pour Boston et la Nouvelle-Angleterre en 2022. Elle est également mentor du MIT Sandbox Innovation Program, où elle accompagne plus de 10 startups.

En 2025, elle fonde Loyalbee.ai, une startup de santé digitale qui répond à un problème très concret : entre deux consultations, les patients sont souvent seuls face à leurs symptômes, leurs exercices, leurs traitements ou leurs questions. « Loyalbee.ai est aussi un projet né d’un vécu personnel : un proche atteint de la maladie de Parkinson. Malgré mes compétences cliniques et mon expérience tech, je n’ai pas réussi à l’aider à s’engager durablement dans son parcours de soin. Ce constat douloureux alimente chaque ligne de code de notre plateforme, pour que demain, plus aucun patient ne reste seul face à sa rééducation. », explique-t-elle. 

La plateforme utilise l’intelligence artificielle pour maintenir un lien personnalisé entre les professionnels de santé et leurs patients, accompagner le suivi des recommandations et faciliter la continuité des soins, sans remplacer le professionnel de santé. L’objectif est d’améliorer l’adhésion aux soins tout en permettant aux soignants de rester connectés à leurs patients sans alourdir leur charge de travail. « Loyalbee.ai est le fruit de plus de 15 ans d’expérience terrain, d’itérations avec des professionnels et patients en Europe et aux États-Unis, et d’une vision claire : humaniser la technologie pour renforcer le lien thérapeutique. », souligne-t-elle. La startup vise 2 000 patients accompagnés dès 2026.

 


 

Patrick du Tertre, Fondateur et président de The French Will Never Forget (New York)

Trophée Lifting Up Legacy, remis par Delta Airlines

Né dans le Limousin, Patrick du Tertre a grandi dans une famille profondément marquée par la guerre et par le rôle déterminant joué par les États-Unis dans la libération de la France. Son attachement à l’Amérique s’est construit dès l’enfance : les objets « made in USA » découverts après-guerre, l’aide apportée par le plan Marshall, l’arrivée du vaccin contre la polio, mais aussi le jazz, le blues, les westerns et Hollywood ont progressivement nourri une fascination qui allait devenir un véritable engagement.

En 2003, alors que les relations franco-américaines traversaient l’une de leurs périodes les plus difficiles, Patrick du Tertre a décidé d’agir. La décision de la France de ne pas participer à la guerre en Irak avait déclenché aux États-Unis une importante vague de « French bashing ». Une couverture du New York Post affichait alors une croix blanche d’un cimetière américain en Normandie accompagnée du message : « The French Forget ».

 

Patrick du Tertre et The French Will Never Forget, 20 ans pour rappeler que la France n’oublie pas

Pour Patrick du Tertre, cette affirmation était profondément injuste : « Je savais que rien n’était plus faux, et que ce n’était pas parce que nous jugions cette guerre comme répréhensible à plusieurs égards que nous avions oublié l’aide déterminante de l’Amérique par deux fois au siècle dernier. »

Avec trois amis, Jean-Pierre Heim, Paul Bensabat et Christian Millet, il fonde alors The French Will Never Forget, une association dont la mission est de promouvoir l’amitié franco-américaine et de rappeler la reconnaissance de la France envers les États-Unis.

Depuis plus de vingt ans, l’association organise des commémorations, événements et initiatives destinés à entretenir cette mémoire commune. Parmi les temps forts figurent notamment les célébrations autour du Débarquement et les commémorations du 11 septembre, qui ont permis de créer des moments de rassemblement entre Français et Américains, des deux côtés de l’Atlantique.

Cette action a également bénéficié d’une importante visibilité médiatique, avec des dizaines de millions de retombées dans la presse, les médias audiovisuels et l’affichage urbain.

Patrick du Tertre mesure l'impact de cet engagement à travers une évolution particulièrement symbolique : en 2003, au plus fort du « French bashing », seuls 34 % des Américains avaient une opinion favorable de la France selon Gallup, qui la classait alors au 54e rang des pays considérés comme amis des États-Unis. Vingt ans plus tard, en 2023, la France occupait la troisième place, avec 84 % d’opinions favorables. « Je sais qu’une bonne partie de ces 50 points gagnés en 20 ans est une résultante directe des actions de The French Will Never Forget. C’est ma plus grande fierté. », explique-t-il. 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.