Édition internationale

Être au pair en 2026 : est-ce encore possible, où partir et combien ça coûte vraiment ?

Le séjour au pair existe-t-il toujours en 2026, et dans quels pays est-il encore possible ? Entre les règles migratoires, les statuts juridiques différents et le coût de la vie, les conditions varient complètement d'une destination à l'autre. À partir d'une analyse internationale et grâce à Au Pair Connect nous allons décrypter l'évolution du modèle, les destinations à considérer et le budget à prévoir, pour les jeunes, comme pour les familles d'accueil.

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À l'heure où les candidats comparent les destinations, une question s'impose : le modèle au pair est-il en train de disparaître, ou est-il simplement en train de changer ?
Écrit par Ewan Petris
Publié le 30 octobre 2026, mis à jour le 1 novembre 2026

Partir quelques mois à l'étranger, apprendre une langue au quotidien et découvrir un autre mode de vie : le séjour au pair reste une formule bien particulière en matière de mobilité internationale. Mais derrière cette image “d'année de césure parfaite” se cache une réalité plus complexe. Les conditions d'accès diffèrent d'un pays à l'autre, les règles du travail ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre et les sommes versées aux jeunes ne permettent pas, à elles seules, de mesurer le coût d'un séjour. À l'heure où les candidats comparent les destinations, une question s'impose : le modèle au pair est-il en train de disparaître, ou est-il simplement en train de changer ?

 

Pour y répondre, Au Pair Connect, branche spécialisée dans le secteur au pair, s'appuie sur une comparaison de 19 pays et sur l'évolution des recherches en ligne. Ces éléments dessinent plusieurs tendances, dont une qui nous intéresse vivement : le séjour au pair reste possible dans de nombreuses destinations, mais il est devenu indispensable de comprendre le cadre juridique et le budget avant de partir.

 

Le séjour au pair a-t-il encore un avenir en 2026 ?

 

Oui, le séjour au pair reste une possibilité de mobilité internationale en 2026. En revanche, il n'existe pas un modèle juridique unique applicable partout dans le monde. Certains pays comme la France, l’Espagne ou l'Italie, reconnaissent un dispositif au pair spécifique, associé à un objectif culturel et linguistique ; d'autres (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…) appliquent les règles ordinaires du droit du travail à la garde d'enfants et aux services rendus au domicile d'une famille. 

 

Selon l'analyse du groupe, l'évolution du secteur doit donc être comprise “comme une transformation des destinations et des conditions de départ, plutôt que comme une disparition générale du séjour au pair.”

 

Pourquoi le modèle au pair a-t-il changé depuis les années 2000 ?

 

Le séjour au pair a longtemps été associé à une courte année de césure, souvent après le baccalauréat, au cours de laquelle un jeune vivait dans une famille étrangère en échange d'une participation aux tâches familiales et à la garde des enfants. Les démarches reposaient sur les agences, les petites annonces et surtout… le bouche-à-oreille. Le développement des plateformes numériques a ensuite facilité la mise en relation entre candidats et familles d'accueil, ainsi que la comparaison des destinations.

 

Mais en 2026, le projet se prépare de plus en plus en amont : vérification du visa, estimation des dépenses, comparaison des conditions de vie et recherche d'une famille. Le séjour au pair s'inscrit ainsi dans une mobilité plus planifiée, au même titre que d'autres expériences à l'étranger (PVT, V.I.E.)

 

La baisse des recherches Google signifie-t-elle que les jeunes veulent moins partir ?

 

Pas nécessairement. Les données Google Trends compilées dans l'analyse d'Au Pair Connect font état d'un recul historique de l'intérêt relatif pour la requête générique “au pair”, accompagné de progressions, sur certaines recherches associant le séjour à une destination précise. Le document cite notamment les évolutions suivantes sur une période annoncée de douze mois :

 

  • « au pair Germany » : +140 % ;
  • « au pair España » : +60 % ;
  • « au pair Canada » : +40 %.

 

Attention, une telle hausse peut signaler un regain d'intérêt pour une destination, mais ne suffit pas à démontrer une augmentation des départs. L'enjeu est donc de distinguer la popularité d'une recherche de la réalité des mobilités. 

 

Le profil des jeunes au pair a-t-il changé ?

 

L'analyse d'Au Pair Connect décrit un passage progressif d'un modèle traditionnel, très associé aux jeunes femmes et aux séjours linguistiques après le lycée, “vers des projets davantage préparés”. Les candidats peuvent désormais comparer plusieurs pays, se renseigner sur les conditions administratives et anticiper le coût du transport, de l'assurance et des dépenses personnelles.

 

Où partir au pair en 2026 : quelles destinations privilégier ?

 

Il n'existe pas de destination idéale. Le choix dépend de l'âge, de la nationalité, du niveau de langue, de la durée envisagée, du budget et des règles applicables au séjour.

 

Pour les jeunes Français, la libre circulation au sein de l'Union européenne simplifie certains aspects du déplacement, mais elle ne dispense pas de vérifier les conditions propres au dispositif au pair, les obligations déclaratives et la couverture sociale. Hors de l'Union européenne, le droit de séjour et de travail devient un élément déterminant. 

 

L'Allemagne est-elle une destination à considérer en priorité ?

 

L'Allemagne figure parmi les destinations mises en avant par Au Pair Connect. À ce titre, le pays dispose d'un cadre identifié pour les séjours au pair, notamment documenté par la Bundesagentur für Arbeit. 

 

L'Italie et la Suisse sont-elles des destinations sous-estimées ?

 

L’étude identifie également l'Italie et la Suisse comme deux destinations qui mériteraient davantage d'attention dans les guides destinés aux candidats francophones. L'Italie peut intéresser les jeunes qui souhaitent progresser en italien et découvrir un mode de vie différent. Les conditions du séjour au pair doivent toutefois être distinguées des arrangements informels de garde d'enfants : les critères d'âge, l'accord avec la famille, les obligations administratives et la couverture sociale sont à vérifier avant le départ.

La Suisse présente une autre difficulté : les règles et les conditions d'emploi peuvent dépendre du canton et de la situation du candidat.

 

Peut-on encore partir au pair pour apprendre l'anglais ?

 

Plusieurs destinations anglophones restent à examiner, mais elles ne reposent pas nécessairement sur le même modèle.

 

Irlande

Pour un jeune Français, l'Irlande permet de séjourner sans visa au titre de la libre circulation. Cela ne signifie pas pour autant que le travail au pair échappe au droit du travail irlandais. Les conditions d'emploi et de rémunération doivent être vérifiées auprès des autorités compétentes.

 

États-Unis

Le programme d'échange au pair est soumis à des conditions spécifiques, notamment au cadre du visa J-1 et au recours à un sponsor agréé. Il ne faut pas le confondre avec un simple accord privé entre une famille et un jeune étranger.

 

Canada et Australie

Certains jeunes envisagent ces pays dans le cadre d'un programme vacances-travail (PVT). Un PVT autorisant un emploi ne constitue toutefois pas automatiquement un statut au pair spécifique : les obligations applicables dépendent du visa, du contrat et de la situation réelle de travail.

 

La distinction est importante : une expérience de garde d'enfants dans une famille peut ressembler à un séjour au pair sans relever juridiquement du même dispositif. 

 

Pourquoi le Royaume-Uni est-il devenu plus difficile d'accès ?

 

Le Royaume-Uni constitue l’exemple parfait des conséquences que peut avoir un changement de politique migratoire sur les mobilités internationales. Depuis la fin de la libre circulation pour les nouveaux candidats européens, un jeune Français ne peut plus compter sur son seul passeport européen pour venir travailler au pair au Royaume-Uni et le pays ne propose pas de visa spécifiquement destiné aux séjours au pair.

 

Les possibilités dépendent désormais du droit de séjour et de travail dont dispose le candidat. Le gouvernement britannique indique notamment qu'une famille peut employer une personne au pair qui dispose de certains statuts de résidence ou d'un visa Youth Mobility Scheme. En revanche, un visa de visiteur (ETA) ne permet pas d'occuper cet emploi. 

 

Combien gagne un jeune au pair selon le pays ?

 

Selon le pays, la rémunération est encore différente : il peut s'agir d'argent de poche dans le cadre d'un dispositif culturel, d'une indemnité prévue par les règles nationales ou d'un salaire relevant du droit du travail. Il faut aussi tenir compte du logement, des repas, des horaires, des congés et des dépenses quotidiennes.

 

La Suisse et le Danemark figurent parmi les destinations où les montants sont les plus élevés. En Suisse, il peut atteindre 900 CHF par mois. Au Danemark, Au Pair Connect évoque 5 250 couronnes danoises. En Belgique, le minimum indiqué par les autorités est de 450 € par mois. Ces montants restent à vérifier selon les règles en vigueur dans chaque pays et si le logement et les repas sont généralement inclus, les conditions et les dépenses à prévoir varient d’une destination à l’autre.

 

Pour un candidat, la bonne question n'est donc pas seulement “quel pays paie le plus ?”, mais plutôt : “quel pays propose les conditions les plus adaptées à mon projet, à mon budget et à mon statut” ?

 

Combien coûte réellement un séjour au pair en 2026 ?

 

Quel budget prévoir avant le départ ? Avant de s'engager, le candidat doit établir un budget qui distingue les dépenses initiales des dépenses récurrentes : 

 

Poste de dépense

Ce qu'il faut prévoir

Transport

Billet aller, retour ou modification éventuelle du trajet

Visa et formalités

Frais de dossier, documents et démarches applicables selon le pays

Assurance

Couverture santé, accident et rapatriement selon le statut

Langue

Cours de langue éventuellement obligatoires ou recommandés

Dépenses personnelles

Téléphone, loisirs, transports locaux et achats courants

Réserve de sécurité

Somme disponible en cas de départ anticipé ou de changement de famille

 

Au Pair Connect indique que certaines assurances dédiées peuvent représenter 25 à 50 € par mois hors des dispositifs de couverture habituels. Il est également prudent de conserver une réserve financière permettant de faire face à un imprévu, notamment si le séjour doit s'interrompre ou si un autre logement doit être trouvé.

 

Combien coûte un jeune au pair à une famille d'accueil ?

 

Pour les familles expatriées, le budget ne se limite pas à l'argent versé au jeune. Il faut aussi considérer les cotisations sociales, les repas, le logement, l'assurance et les éventuels frais de mise en relation.

 

En France, il faut distinguer le statut de stagiaire aide familial étranger de celui d'employé au pair : les règles et les bases de calcul ne sont pas identiques. L'Urssaf publie des barèmes spécifiques pour 2026. Depuis le 1er juin 2026, la base forfaitaire mensuelle de cotisations indiquée pour le stagiaire aide familial étranger est de 689,36 €, tandis que l'indemnité minimale annoncée varie entre 326,25 € et 391,50 € selon les conditions applicables. Les barèmes précédant le 1er juin étaient différents. 

 

Le modèle va-t-il devenir plus réglementé ?

 

Une première hypothèse dans le séjour au pair du futur, est celle d'une formalisation accrue des séjours. Les candidats pourraient être amenés à vérifier plus systématiquement l'identité de leur famille d'accueil, les conditions de travail, la couverture d'assurance et les exigences administratives.

 

Une deuxième évolution possible concerne la flexibilité des séjours. Les candidats pourraient rechercher davantage de formats adaptés à leurs études ou à leurs projets professionnels, tandis que les familles chercheraient des arrangements compatibles avec leurs besoins et les règles locales. Enfin, la distinction entre échange culturel au pair et emploi domestique pourrait devenir encore plus importante. Lorsque le droit national ne prévoit pas de statut spécifique, la relation peut relever du droit commun du travail, avec des obligations différentes de celles d'un programme culturel encadré.

 

Pour les candidats qui souhaitent partir en 2026, la démarche la plus utile reste : choisir plusieurs destinations, vérifier les conditions officielles, comparer le budget complet et s'assurer que l'accord proposé correspond bien au statut applicable.

 

Ce tableau récapitule les principaux repères du dossier. Les montants qui proviennent de l'analyse d'Au Pair Connect sont distingués des données issues de sources officielles.

 

Pays / thème

Repère pour 2026

Ce qu'il faut vérifier

Allemagne

Dispositif au pair encadré

Âge, langue, visa et conditions de séjour

Italie

Destination à examiner

Conditions administratives et accord avec la famille

Suisse

600 à 900 CHF/mois annoncés dans l'analyse sectorielle

Règles cantonales, statut et montant applicable

Belgique

Minimum de 450 €/mois indiqué par le service fédéral pour le dispositif décrit

Conditions régionales et profil du candidat

Danemark

5 250 DKK/mois annoncés dans le document de travail

Montant réglementaire applicable en 2026

Irlande

Destination anglophone accessible aux citoyens de l'UE au titre de la libre circulation

Statut de travail, rémunération et obligations sociales

Royaume-Uni

Pas de visa spécifiquement destiné aux séjours au pair

Droit de séjour et de travail du candidat

États-Unis

Programme au pair soumis à des conditions spécifiques

Visa J-1, sponsor et règles du programme

Canada / Australie

Destinations possibles selon le statut migratoire

Conditions du PVT ou d'un autre visa autorisant l'emploi

France

Barèmes Urssaf 2026 distincts selon le statut

Indemnité, cotisations et avantages en nature

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