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Leïla Bessila, du chant des étoiles à la transmission des sciences avec le Projet Matilda

À Chicago, une chercheuse en astrophysique française partage son temps entre l’étude des étoiles et la transmission des sciences. Cofondatrice de Projet Matilda, Leila Bessila veut « rendre les sciences un peu plus accessibles, un peu moins élitistes, un peu moins scolaires ».

Leïla Bessila, du chant des étoiles à la transmission des sciences avec le Projet MatildaLeïla Bessila, du chant des étoiles à la transmission des sciences avec le Projet Matilda
Écrit par Lola Neto
Publié le 20 septembre 2026, mis à jour le 1 octobre 2026

Je présente souvent l’astérosismologie comme le chant des étoiles

 

À 28 ans, Leïla Bessila a déjà construit un parcours entre mathématiques, physique et astrophysique qui l’a menée de la France aux États-Unis. Installée à Chicago depuis quelques mois, elle poursuit ses recherches à Northwestern University et travaille également avec le Flatiron Institute à New York. Son domaine de recherche porte sur l’astérosismologie, une discipline qui permet d’étudier l’intérieur des étoiles à partir de leurs oscillations. Pour expliquer son métier, la chercheuse préfère une image simple,  « je présente souvent l’astérosismologie comme le chant des étoiles. »

Les étoiles produisent des oscillations que les scientifiques peuvent analyser. « Les étoiles émettent des sons », explique-t-elle. Ces signaux permettent ensuite de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur de ces astres : « Nous arrivons à détecter ces sons et ainsi comprendre ce qui se passe à l’intérieur. » Derrière cette image presque poétique se cache un travail particulièrement technique. Leïla Bessila fait notamment le lien entre les données recueillies par les missions spatiales et les modèles permettant de les interpréter. « Mon job est de faire le lien entre les observations des missions spatiales et ce qu’on peut en déduire concrètement sur ces étoiles », résume-t-elle. Cette recherche devrait notamment bénéficier des données de la mission spatiale PLATO de l’Agence spatiale européenne, dont le lancement est prévu début 2027, « si tout va bien ».

 

Du chant des étoiles aux simulations numériques

Avant de travailler sur les étoiles, Leïla Bessila suit un parcours scientifique exigeant. Après une classe préparatoire scientifique, elle rejoint Mines Paris, puis poursuit sa formation en physique et en mathématiques avant de s’orienter vers la recherche en astrophysique. La recherche devient rapidement une évidence. « J’ai adoré et j’ai trouvé ça très cool », raconte-t-elle lorsqu’elle évoque ses premières expériences dans ce milieu. Son arrivée aux États-Unis lui permet également de développer davantage la dimension numérique de son travail : « J’avais envie de développer les aspects plus numériques. » Une évolution qui contraste avec l’image parfois très théorique que l’on peut avoir du chercheur. « Un peu comme dans les films où on les voit faire des équations sur des tableaux noirs », plaisante-t-elle. Dans son quotidien, les modèles informatiques, le traitement des données et les simulations occupent pourtant une place importante. Mais la recherche n’est qu’une partie de son parcours.

 

Rendre les sciences un peu plus accessibles, un peu moins élitistes, un peu moins scolaires

 

La science aussi dans les salles de classe

Leïla Bessila enseigne depuis plusieurs années. Elle donne d’abord des cours pendant ses études, avant de faire de la transmission une véritable composante de son parcours professionnel : « J’ai toujours adoré l’enseignement. » Cette expérience la conduit progressivement à s’interroger sur l’accès aux sciences et sur la manière dont elles sont présentées aux plus jeunes.

Pendant sa thèse, elle confonde ainsi Projet Matilda avec deux collègues. L’objectif est de rapprocher les sciences des jeunes, en particulier des filles et des élèves issus de milieux moins favorisés. Le projet cherche à « rendre les sciences un peu plus accessibles, un peu moins élitistes, un peu moins scolaires » et à « introduire un peu plus de fun ». En trois ans, Projet Matilda a touché près de 100.000 jeunes et compte aujourd’hui six salariés. L’association organise notamment des ateliers, des conférences et des actions de médiation scientifique. Elle a également créé l’exposition itinérante « Lumière sur les Femmes de Sciences », consacrée à dix scientifiques et à leurs découvertes.

 

Leïla Bessila distinguée aux Trophées

L’engagement de Leïla Bessila dans la recherche et la transmission a déjà été récompensé. En 2025, elle fait partie des 34 jeunes scientifiques distinguées par le Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science ». Le prix récompense à la fois ses travaux scientifiques et son engagement pour la transmission et la place des femmes dans les sciences. En 2026, son parcours est également distingué dans le Palmarès Deeptech du magazine Le Point, qui sélectionne cette année-là, 100 scientifiques et équipes considérés comme prometteurs. Leïla Bessila y figure pour ses travaux autour du « chant des étoiles ».

Aux États-Unis, une nouvelle reconnaissance vient désormais s'ajouter à ce parcours. Arrivée à Chicago début 2026, elle remporte le Trophée Éducation des Trophées des Français de l’Est américain 2026, parrainé par la FASNY. Cette nouvelle récompense met en lumière une dimension particulière de son parcours, au-delà de ses recherches en astrophysique, Leïla Bessila a fait de la transmission scientifique un véritable fil conducteur. Entre les étoiles qu’elle étudie à travers leurs oscillations et les jeunes auxquels elle cherche à transmettre le goût des sciences, son parcours repose finalement sur une même volonté, comprendre, puis partager.

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