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GILETS JAUNES - Ce qu'on en pense à l'étranger

Gilets-Jaunes étrangerGilets-Jaunes étranger
Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 11 décembre 2018, mis à jour le 18 juin 2019

Partout dans le monde, les médias ont relayé la colère des Gilets Jaunes français. Avec empathie dans la plupart des cas, d'autant que le problème de la répartition des richesses préoccupe bien au-delà de nos frontières. Avec morgue voire un esprit de revanche envers le président Macron aussi parfois. Les éditions du petitjournal.com décryptent pour vous cet évènement vu de l'étranger. 


Les « gilets jaunes » arrivent en Italie 

En Italie, la presse fait l'analogie entre ce mouvement et celui des « fourches » (forconi) qui avait vu le jour, également sur les réseaux sociaux. Les protestataires bloquaient les routes pour dénoncer les taxes, l’austérité, le coût de la vie, le chômage ou encore la « caste des élites ». Un mouvement de masse qui n’était ni lié aux syndicats, ni aux partis politiques mais qui s’était effondré au bout d’une semaine de mobilisation seulement, faute de leaders suffisamment organisés. En savoir plus sur notre édition de Milan. L'occasion également de comprendre en quoi les Gilets Jaunes diffèrent du Mouvement 5 Etoiles, né et grandi autour d’un personnage charismatique, Beppe Grillo, aujourd’hui en retrait.


Les Allemands sortent-ils leurs gilets jaunes en soutien à la France ?

Quelques manifestants allemands hostile au pacte sur les migrations ont arboré un gilet jaune à Berlin. Toutefois, pour le sociologue Dieter Rucht, interviewé par Der Tagesspiegel, il est peu probable que cette contestation se propage sur le territoire allemand. En savoir plus sur notre édition de Hambourg.

Pour quelques Allemands interrogés, “La France est un pays où les gens manifestent facilement et pas toujours pour les bonnes raisons”. Voir sur ce sujet notre article de notre édition de Francfort : Vu d’Allemagne – Les gilets jaunes, entre chaos et incompréhension

Pour le quotidien espagnol El Mundo, Emmanuel Macron lors de son allucution étáit "solennel, direct, humble." "Il a joué ce qui reste de son mandat en 13 minutes. Et il l'a fait avec des excuses, des mesures, c'est-à-dire de l'argent et du dialogue."

GILETS JAUNES – Analyse de la presse polonaise

« La France attend la réaction du Président affaibli, même si il n’a pas grand-chose à proposer ». Pour le journaliste du journal polonais Rzeczpospolita, les technocrates du gouvernement, le président lui-même et son entourage, sont déconnectés de la réalité mais il voit la nécessité de continuation des réformes et de la modernisation de la France. En savoir plus sur notre édition de Varsovie.

Lire aussi, l'analyse d’Emmanuel Rivière, directeur de Kantar Public France, leader mondial en matière d'études de l’opinion publique.

 

GILETS JAUNES - Qu’en pense-t-on au Chili ? 

“Va te faire foutre Macron”. Tagué sur l’arc de Triomphe lors du second week-end d’émeutes qui a secoué les Champs-Elysées, ce graffiti, comme cette vague de protestation, le gouvernement français l’aurait bien mérité. “Macron a fait la sourde oreille et (les manifestations) ne vont que s’empirer à l’avenir.” “Voilà ce qu’il se passe quand les gouvernements tournent le dos à leur peuple” peut-on lire ci et là. Lire l'ensemble des réactions au Chili sur notre édition de Santiago.

 

Paris demande à Trump de ne pas se mêler de politique intérieure française

Donald Trump a parlé samedi dernier d'un "jour très triste" à Paris après une nouvelle manifestation des gilets jaunes - des Français modestes mobilisés contre la politique d'Emmanuel Macron - émaillée de violences, et a appelé à mettre fin à l'accord sur le climat signé à Paris fin 2015. "Manifestations et émeutes partout en France", a-t-il tweeté. Les manifestants "scandent 'Nous voulons Trump'. J'adore la France", a-t-il également écrit.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Bihan, a contesté que de tels propos en faveur de Donald Trump aient été tenus et a demandé au Président américain de ne pas se mêler de politique intérieure française. 

Le ministre français des Affaires étrangères a aussi égratigné l'homme fort du gouvernement italien, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, qui critique régulièrement Emmanuel Macron. "J'entends bien les rodomontades de M. Salvini (..) Je lui laisse ses propos et ses déclarations péremptoires", a dit Jean-Yves Le Drian. "Il est (aussi) en ce moment devant des difficultés, des manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes sur le projet (ferroviaire) Lyon-Turin. A chacun ses difficultés, respectons chacun", a-t-il ajouté.

Un langage diplomatique que n'a pas utilisé le député LREM des Français de l'étranger (Suisse), Joachim Son-Forget, qui semble avoir carrément pété les plombs ! "Donald le gâteux est atteint d'incontinence cérébrale... comme un “gâteux” souffre d’incontinence d'urine voire de matières fécales et “gâte” ses draps. DON’T INSULT MY COUNTRY DOTARD.", a-t-il twitté. A lire ici : Quand le député des Français de Suisse se lâche sur Trump (ou dérape?)

Sur Bloomberg, on ironise après la déclaration solennelle à la Nation du président Macron lundi soir, en titrant "Macron met son gilet jaune" . "Cela aurait été une tâche digne de Zeus de répondre à chaque demande du mouvement de protestation nébuleux mais violent qui a pris le gouvernement par surprise." explique l'éditorialiste. "Une hausse du salaire minimum et un bonus de Noël vont peut-être apaiser la violence de certains gilets jaunes, mais cela ne fera pas du bien à la réputation de Macron, en tant que réformateur et bon Européen." 

Sur la BBC, l'analyste Hugh Schofield fait ce constat : "Quatre semaines après avoir posté leurs premières vidéos sur Facebook, les Gilets Jaunes ont forcé le gouvernement à réorienter totalement sa politiques sociale et économique. Et ce, sans même faire une liste de revendications formelle".

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